Catégorie : Actualités internationales

L’USM, membre fondateur de l’Union internationale des magistrats (UIM, 92 pays membres) et de l’Association européenne des magistrats (AEM, 44 pays) participe au congrès annuel de chacune de ces instances internationales.

  • Menaces sur l’indépendance de la justice en Italie

    Menaces sur l’indépendance de la justice en Italie

    La rapporteure spéciale à l’ONU alerte.

    Le 23 octobre 2025, la Rapporteure spéciale sur l’indépendance des magistrats et des avocats à l’ONU a écrit au Gouvernement italien à propos d’un projet de réforme constitutionnelle présenté le 29 mai 2024, modifiant les articles 102, 104 et 105 de la Constitution italienne, qui définissent l’organisation du pouvoir judiciaire.

    Derrière la déclaration d’intention du gouvernement italien d’améliorer l’impartialité, d’éviter les conflits d’intérêts et de renforcer la confiance du public, la Rapporteure spéciale exprime ses préoccupations au regard des normes internationales relatives à l’indépendance de la justice.

    Lisez ici le courrier dans son intégralité.

    Retrouvez aussi ici la tribune de Ludovic Friat, président de l’USM, relayant les propos du procureur général Rémy Heitz à l’occasion de l’audience solennelle de la Cour de cassation, qui appelait de ses vœux, de manière pressante, la réforme constitutionnelle du statut du parquet dans le contexte de la multiplication des régimes dits « illibéraux ».

    Dans cette lettre du 23 octobre 2025, la rapporteure spéciale examine différents aspects du projet de réforme constitutionnelle italien.

    1. Séparation des carrières au siège et au parquet

    Le projet sépare définitivement les carrières des juges et des procureurs, empêchant les passages d’une carrière à l’autre.

    Il crée deux Conseils supérieurs distincts.

    La Rapporteure met en garde contre le risque que cette séparation :

    • affaiblissement de l’indépendance du ministère public,
    • risque de pressions externes accrues sur les juges et les procureurs.

    Elle insiste sur la nécessité de préserver une composition du CSM garantissant l’indépendance, notamment une majorité de magistrats élus par leurs pairs, conformément aux standards européens.

    2. Nouveau système de sélection par tirage au sort

    Le projet introduit un tirage au sort pour une partie des membres des nouveaux Conseils.

    SI le processus manque encore de détails, pour la Rapporteure, ce mécanisme :

    • réduit la légitimité démocratique des Conseils,
    • affaiblit le rôle des pairs dans la sélection,
    • ne garantit pas la compétence, l’intégrité et l’indépendance requises.

    3. Création d’une Haute Cour disciplinaire

    Le projet retire aux Conseils supérieurs leur compétence disciplinaire et crée une Haute Cour disciplinaire de 15 membres.

    Les appels seraient examinés par cette même Cour, plutôt que par la Cour de Cassation.

    Elle juge ce point très préoccupant, car :

    • l’absence d’un organe d’appel indépendant viole les standards internationaux,
    • cela pourrait porter atteinte à l’indépendance judiciaire.

    4. Rappel des normes internationales

    La lettre rappelle :

    • Le droit à un procès équitable et à un tribunal indépendant et impartial.
    • Les principes fondamentaux sur l’indépendance des juges et le rôle des procureurs.
    • L’importance de :
      • procédures de nomination non politiques,
      • d’une sélection fondée sur le mérite, l’intégrité et la compétence,
      • garanties de réexamen indépendant des sanctions disciplinaires.

    5. Questions adressées au gouvernement italien

    La Rapporteure demande au gouvernement italien :

    • Tout commentaire ou information supplémentaire sur la réforme.
    • Comment les amendements garantissent la conformité avec les obligations internationales de l’Italie.
    • Quelles mesures ont été prises pour revoir la réforme à la lumière de ses observations.

      En conclusion, elle invite le gouvernement italien à revoir attentivement le projet afin de renforcer, et non affaiblir, l’indépendance de la justice.
      Elle réaffirme sa disponibilité pour un dialogue technique.

    1. L’USM à Erevan

      L’USM à Erevan

      L’USM, représentée par Alexandra Vaillant et Natacha Aubeneau, a participé au congrès annuel de l’Association européenne des magistrats (AEM) qui se tenait à Erevan en Arménie, en mai 2025.

      L’AEM, plus grande association de magistrats en Europe, comptant 44 pays membres, a pour vocation de promouvoir en Europe les buts de l’Union internationale des magistrats (UIM/IAJ), dont l’USM est membre fondateur : « Sauvegarder l’indépendance du pouvoir judiciaire, condition essentielle de la fonction juridictionnelle et garantie des droits et libertés humains ».

      L’AEM rappelle que l’indépendance judiciaire n’est pas un privilège des juges, mais la garantie pour chaque citoyen d’un procès équitable et d’un État de droit effectif. De nombreuses résolutions ont été adoptées pour la défense de l’indépendance de la justice partout où elle est menacée, quelles qu’en soient les formes. La garantie d’une véritable indépendance matérielle, notamment à travers la préservation de l’indépendance financière par les rémunérations, a été rappelée dans une résolution sur l’indépendance matérielle des magistrats à lire ici.

      Un soutien aux juges américains a également été apporté par l’association européenne des magistrats. Retrouvez ici notre article à ce sujet ainsi que la motion adoptée en interne par l’USM.

      Lisez ici l’article d’Alexandra Vaillant sur les temps forts de ce congrès.

    2. L’USM à Cape Town

      L’USM à Cape Town

      L’Union Internationale des Magistrats (UIM) ou International Association of Judges (IAJ) tenait son 66e congrès en octobre 2024 au Cap, en Afrique du sud.

      L’UIM a pour mission de « sauvegarder l’indépendance du pouvoir judiciaire, condition essentielle de la fonction juridictionnelle et garantie des droits et libertés humains ». Elle bénéficie du statut d’observateur auprès de l’ONU et du Conseil de l’Europe. Elle apporte son soutien aux associations membres qui sollicitent son assistance lorsque la justice ou les magistrats de leur pays sont en difficulté. L’UIM se déplace régulièrement dans les pays concernés par une problématique
      relative à l’indépendance judiciaire pour rencontrer les magistrats locaux, les membres des Conseils de justice ainsi que des représentants des pouvoirs législatif et exécutif. Elle donne également des avis sur les projets de loi susceptibles d’affecter les systèmes judiciaires de ses membres.

      Ce congrès réunissait des délégations d’associations de magistrats des 92 pays membres de l’UIM. Une seule association ou un seul syndicat de magistrats peut représenter son pays. L’USM, en qualité de membre fondateur de l’UIM et de l’AEM (groupe européen de cette association mondiale), y représente la France.

      Christophe REGNARD participait à ce congrès en sa qualité de président d’honneur de l’UIM-IAJ, et l’USM y était en outre représentée par Alexandra VAILLANT, Aurélien MARTINI, Natacha AUBENEAU et Catherine VANDIER, membres du bureau national de l’USM.

      Comme rappelé en introduction de ce congrès par la ministre de la justice sud-africaine, la défense de l’État de droit passe aussi par l’éducation ainsi que par le renfort de la coopération entre les magistrats du monde entier, pour un dialogue judiciaire vivant et combatif.

      Pendant tout le congrès, l’USM a participé aux échanges avec les délégations venues du monde entier et a rappelé l’importance de ses actions pour l’indépendance de la justice, l’état de droit et la démocratie, en France comme à l’étranger.

      Des résolutions ont été votées et des prix remis lors de ce congrès pour dénoncer les menaces qui pèsent sur le pouvoir judiciaire dans de trop nombreux pays et féliciter les héros du combat pour l’indépendance de la justice. Car dans certains pays, des magistrats sont directement menacés, démis de leurs fonctions, envoyés dans des camps militaires voire incarcérés ou tués. La rapporteure spéciale des Nations Unies pour l’indépendance des juges et des avocats est venue rappeler sa mission et le rôle central des experts dans la défense de l’institution judiciaire (comptes-rendus directs au Conseil et à l’Assemblée de l’ONU, visite des pays où sont dénoncées des violations récurrentes des droits de l’homme…) avant de conclure que les magistrats ne devraient jamais avoir à devenir des héros.

      Retrouvez les résolutions votées par le groupe européen pour l’Arménie, la Suède, la Bulgarie ou encore la résolution de l’UIM au soutien des magistrats tunisiens qui affrontent une crise profonde de la justice tunisienne depuis la dissolution en février 2022 du Conseil supérieur de la magistrature, suivie de la révocation arbitraire et collective, par un décret présidentiel, de 57 magistrats en juin 2022.

      Lisez l’article d’Alexandra Vaillant publié dans le NPJ n°449.

    3. L’USM à Varsovie

      L’USM à Varsovie

      Un vent d’espoir souffle sur la Pologne !

      L’USM, représentée par Alexandra Vaillant et Natacha Aubeneau, a participé au congrès annuel de l’Association européenne des magistrats (AEM) qui se tenait à Varsovie, du 25 au 27 avril 2024, organisé par Iustitia, l’association des juges polonais.

      C’était un événement particulièrement émouvant, porteur d’espoir, qui a commencé par des conférences en hommage à la marche des 1000 robes du 11 janvier 2020 et à l’évolution de la situation en Pologne. En effet, lorsque l’AEM a décidé, il y a plus d’un an, d’organiser son congrès annuel en Pologne, l’état de droit y était alors gravement menacé. Les élections d’octobre 2023 ont permis de voir renaître une lueur démocratique. Le nouveau ministre de la justice, Adam Bodnar, militant des droits de l’homme, ancien ombudsman démis de ses fonctions en 2021 par le gouvernement précédent, est venu en personne expliqué comment il s’attelle à restaurer l’indépendance de la justice et des juges. Preuve de cette évolution, le 29 mai 2024, la Commission européenne a décidé de clore la procédure prévue à l’article 7, paragraphe 1, du traité sur l’Union européenne (TUE), à l’égard de la Pologne, en retirant sa proposition motivée qui avait déclenché cette procédure en 2017. Elle considère qu’il n’y a plus de risque clair de violation grave de l’état de droit en Pologne au sens de cette disposition. La Pologne a lancé une série de mesures législatives et non législatives pour répondre aux préoccupations concernant l’indépendance du système judiciaire, a reconnu la primauté du droit communautaire et s’est engagée à mettre en œuvre tous les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne et de la Cour européenne des droits de l’homme relatifs à l’état de droit et l’indépendance du pouvoir judiciaire.

      La « Marche des 1000 robes » s’est déroulée le 11 janvier 2020 à Varsovie sous la devise : « Droit à l’indépendance. Droit à l’Europe ». Des magistrats de toute l’Europe se sont rassemblés à Varsovie pour rejoindre les magistrats et citoyens polonais afin de manifester avec eux pour la défense de l’indépendance de la justice. C’était la plus grande manifestation de juges en Europe : 30 000 personnes, dont des centaines de magistrats de 22 pays européens, dont la France représentée par l’USM, ont marché pendant deux heures dans les rues de Varsovie, de la Cour suprême au Parlement polonais, en passant par le palais présidentiel, où ils ont revendiqué le respect de l’indépendance de la justice, pilier de la démocratie et de l’état de droit.

      En hommage à cette marche, l’UIM a proposé aux Nations Unies de faire du 11 janvier une journée pour l’indépendance de la justice dans le monde. Parce qu’aucun État ne peut protéger ses citoyens sans un système judiciaire efficace et indépendant, la France, par la voix de l’USM, a soutenu cette motion qui n’a pour l’instant pas abouti. Retrouvez notre article en soutien à cette initiative ici.

      Le reste du congrès a été l’occasion d’adopter des résolutions au soutien des pays où l’indépendance du pouvoir judiciaire est menacée :

      Un projet de réforme constitutionnelle vise à scinder l’actuel Haut Conseil (équivalent du CSM) en deux instances distinctes, l’une pour le siège et l’autre pour le parquet, dont la moitié des membres de chaque instance seraient désignés par le gouvernement. Condamnant une sérieuse attaque ainsi portée à l’indépendance de la justice en Italie, une remise en cause de l’équilibre des pouvoirs et une violation des normes européennes, mais aussi une tentative d’affaiblissement des procureurs et une atteinte au principe des poursuites obligatoires qui risquent de nuire à l’efficacité du système de justice pénale, l’AEM s’inquiète des effets qu’une telle réforme auraient quant à l’influence de la sphère politique sur la sphère judiciaire et demande aux autorités italiennes de reconsidérer ce projet pour ne pas s’éloigner des standards européens destinés à garantir l’état de droit.  

      2 sujets sont évoqués dans la résolution :

      – Le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature espagnol est parasité depuis 2018 par des dissensions politiques au sein du Parlement qui ont non seulement empêché la nomination de nouveaux membres du CSM – de sorte qu’y siègent des membres dont le mandat a depuis longtemps expiré – mais qui ont aussi fait obstacle, depuis 2021, à la nomination des plus hauts magistrats du pays, notamment des juges de la Cour suprêmes et des présidents de juridictions. Rappelant que, selon les standards européens, les membres magistrats d’un CSM doivent être désignés par leurs pairs, l’AEM demande aux autorités espagnoles de restaurer le fonctionnement plein et entier du « Conseil général du pouvoir judiciaire » (CSM).

      – En outre, sous la pression des indépendantistes catalans – dans les suites de la tentative de sécession avortée de la Catalogne en 2017 – une loi d’amnistie en faveur des indépendantistes catalans (finalement définitivement adoptée le 30 mai 2024) ouvre la possibilité de mener des enquêtes sur les condamnations pénales prononcées contre les acteurs de cette tentative de sécession, incluant la possibilité de convoquer des magistrats devant des commissions d’enquêtes parlementaires pour répondre aux allégations selon lesquelles leurs décisions auraient été prises pour des raisons politiques. Rappelant que les juges n’ont pas de comptes à rendre aux autres branches du pouvoir à raison de leurs décisions judiciaires sauf à porter gravement atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’AEM demande aux autorités espagnoles de retirer ce projet de loi et de faire cesser les campagnes ainsi menées à l’encontre des juges.   

      La rémunération des magistrats est gelée depuis 2021 alors que celle de presque tous les agents des autres pouvoirs de l’État ont bénéficié d’augmentations conséquentes de leurs salaires pour suivre le taux d’inflation, notamment une augmentation de 13,9% en mars 2024. Rappelant que le niveau de rémunération des juges est une garantie d’indépendance du pouvoir judiciaire posée par les standards européens et internationaux ainsi que par la jurisprudence de la CEDH, l’AEM réclame l’augmentation immédiate des salaires des juges hongrois et sollicite pour l’avenir des augmentations au moins équivalentes à celles des décideurs d’autres branches du gouvernement.

      Comme en Hongrie, l’AEM dénonce des rémunérations si basses qu’elles portent atteinte à l’indépendance de la justice et à la séparation des pouvoirs. Tout comme la Cour constitutionnelle de Slovénie a rappelé ces principes, l’AEM exhorte les autorités slovènes à respecter ces standards européens et à donner aux magistrats les ressources nécessaires à garantir l’état de droit.

      Soutien à Murat Arslan :

      Enfin, un vibrant hommage a été rendu à notre collègue turc, Murat Arslan, détenu depuis 8 ans en Turquie pour avoir voulu défendre l’indépendance de la justice. Murat Arslan a été rapporteur de la Cour constitutionnelle turque et président de l’Association pour l’Union des juges et procureurs turcs (YARSAV), aujourd’hui dissoute. Fervent partisan de l’indépendance du pouvoir judiciaire, il a remporté l’édition 2017 du Prix des droits de l’homme Václav Havel (distinction créée en 2013 et décernée chaque année par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe), qui récompense une action exceptionnelle de la société civile en faveur des droits de l’homme. Alors qu’il est en détention depuis 2016, condamné à 10 ans de prison, l’AEM soutient sa demande de libération conditionnelle, jusqu’alors refusée.

      Une nouvelle audience aura lieu en juillet. Une page du site de l’UIM lui est dédiée ici. L’USM a écrit au ministre turc de la justice au soutien de la libération de Murat Arslan : à lire ici.

    4. L’USM à Taïwan

      L’USM à Taïwan

      L’Union Internationale des Magistrats (UIM) ou International Association of Judges (IAJ) tenait son 65ème congrès du 16 au 21 septembre 2023 à Taïwan.

      Ce congrès réunissait des délégations d’associations de magistrats des 92 pays membres de l’UIM. Une seule association ou un seul syndicat de magistrats peut représenter son pays. L’USM, en qualité de membre fondateur de l’UIM et de l’AEM (groupe européen de cette association mondiale), y représente la France.

      Christophe REGNARD participait à ce congrès en sa qualité de président d’honneur de l’UIM-IAJ, et l’USM y était en outre représentée par Cécile MAMELIN, Alexandra VAILLANT, Aurélien MARTINI, Natacha AUBENEAU et Catherine VANDIER, membres du bureau national de l’USM.

      Lors de ce congrès ont été élus le nouveau président de l’AEM (Association européenne des magistrats) et le nouveau président de l’UIM.

      Pendant tout le congrès, l’USM a participé aux échanges avec les délégations venues du monde entier et a rappelé l’importance de ses actions pour l’indépendance de la justice, l’état de droit et la démocratie, en France, comme à l’étranger.

      Lisez l’article d’Aurélien Martini publié dans le NPJ n°445

    5. L’USM à Athènes

      L’USM à Athènes

      L’USM a participé au congrès annuel de l’Association européenne des magistrats (AEM), qui se tenait à Athènes du 1er au 3 juin. L’AEM, plus grande association de juges en Europe comptant 44 pays membres, a pour vocation de promouvoir en Europe les buts de l’Union internationale des magistrats (IAJ-UIM), dont l’USM est membre fondateur : « Sauvegarder l’indépendance du pouvoir judiciaire, condition essentielle de la fonction juridictionnelle et garantie des droits et libertés humains ». A ce titre, elle entend développer une coopération européenne plus étroite dans tous les domaines se rapportant aux pouvoirs judiciaires des états.

      Lors de l’ouverture du congrès, Duro Sessa, magistrat croate et président de l’AEM, a insisté sur l’impérieuse nécessité de défendre une Justice attaquée de toutes parts. Il a évoqué la liberté d’expression des magistrats et la sérénité des débats permettant à un juge de prendre une décision sans subir de pressions, sans peur de représailles. Dans un contexte international particulièrement préoccupant, il a appelé à la solidarité entre magistrats européens et rendu hommage à la force du collectif pour porter la voix d’une Justice indépendante.

      Alors que la Justice française fait l’objet d’attaques récurrentes de la part de femmes et d’hommes politiques, sans aucune réaction des acteurs institutionnels censés la défendre, l’USM a noté avec intérêt la présence du maire d’Athènes, du secrétaire général à la Justice et aux droits de l’homme ainsi que du secrétaire d’Etat à la Justice grecque lors de l’ouverture du Congrès. Le maire d’Athènes a défini la Justice comme une alliée pour la défense de la démocratie pendant que le secrétaire général à la Justice rappelait qu’il ne pouvait y avoir de démocratie sans indépendance de la Justice.

      Lors des travaux de l’AEM, plusieurs pays membres ont évoqué les différentes attaques et difficultés auxquelles ils étaient confrontés : baisse drastique des rémunérations en Croatie et en Lituanie, réduction des retraites en Pologne, atteintes à l’inamovibilité des juges en Arménie, processus électoral des membres du conseil supérieur de la Justice sujet à caution en Bulgarie, situation globale toujours préoccupante en Hongrie et absence de dialogue social.

      La délégation ukrainienne, présente malgré la guerre, a projeté une vidéo des bombardements des tribunaux dans le pays et a sollicité une nouvelle aide financière pour le personnel judiciaire comme l’année précédente (l’USM a versé une contribution l’année dernière, contribution qui sera renouvelée cette année).

      S’agissant de la France, l’USM a proposé une motion, votée à l’unanimité, reproduite ci-après, pour alerter sur les risques d’atteintes à l’indépendance de l’autorité judiciaire contenus dans le projet de loi organique débattu devant le Parlement.

      Lisez l’article de Cécile Mamelin et Alexandra Vaillant publié dans le NPJ n°444.

    6. L’USM à Tel Aviv

      L’USM à Tel Aviv

      L’USM représentait la France au congrès de l’Union internationale des magistrats en Israël du 18 au 22 septembre 2022.

      Rappel : L’USM est membre fondateur de l’Union Internationale des Magistrats (UIM), créée en 1953, qui réunit 94 associations nationales de magistrats sur les 5 continents. L’UIM a pour mission principale de « sauvegarder l’indépendance du pouvoir judiciaire, condition essentielle de la fonction juridictionnelle et garantie des droits et libertés humains ». L’UIM bénéficie du statut d’observateur auprès de l’ONU et du Conseil de l’Europe. Elle entretient des liens privilégiés avec le rapporteur spécial des Nations Unies pour l’indépendance des juges et des avocats. Elle apporte son soutien aux associations membres qui sollicitent son assistance lorsque la justice ou les magistrats de leur pays sont en difficulté. L’UIM comporte 4 groupes régionaux, dont l’Association Européenne des Magistrats (AEM), qui comporte 44 membres.

      Après deux années sans congrès en présentiel pour cause de pandémie, le dernier ayant eu lieu au Kazakhstan en 2019, les membres de l’UIM ont pu se retrouver lors du congrès organisé cette année à Tel Aviv, par l’association Israélienne des juges (ILAJ, Israeli Association of Judges).

      Ce congrès a réuni environ 300 participants de 71 pays. Chacun des présidents des groupes régionaux (Europe, Afrique, Asie et Amérique du Nord, groupe ibéro-américain) a présenté une synthèse de ses activités annuelles.

      L’UIM comprend 4 commissions d’étude qui travaillent sur :

      • 1ère commission : organisation judiciaire, statut des magistrats, protection des libertés individuelles
      • 2ème commission : droit civil et procédure civile
      • 3ème commission : droit pénal et procédure pénale
      • 4ème commission : droit public et social

      En 2022, l’USM a participé activement aux travaux de 3 des quatre commissions d’étude, sur les thèmes suivants : 1/ Procédures disciplinaires et indépendance judiciaire ; 2/ Les procès virtuels civils ; 4/ Lieux de travail et indépendance judiciaire. Vous pouvez retrouver tous les rapports annuels des commissions d’étude sur le site de l’IAJ-UIM.

      Au sein de l’AEM, Céline Parisot, présidente de l’USM, dirige le groupe de travail « Ways to Brussels » qui a pour objet d’assurer le suivi des initiatives législatives des institutions de l’Union européenne qui pourraient avoir un impact sur les systèmes judiciaires des Etats membres.

      L’objet de ces congrès est également de débattre de la situation de la justice et des magistrats à travers le monde. Dans le cadre des travaux de la 1ère commission d’études, a été évoquée la situation de conflit d’intérêt de notre ministre de la justice.

      Des témoignages poignants ont été exposés sur la situation particulière de nos collègues :

      • En Tunisie, où le CSM a été dissous et remplacé par un conseil provisoire à la solde du pouvoir, qui a mis en œuvre des procédures disciplinaires, et parfois pénales, à l’encontre de magistrats ayant déplu au pouvoir en place ; Christophe Régnard, président honoraire de l’UIM (et de l’USM) a mené une mission pour l’UIM sur place et a lui aussi fait l’objet de menaces pour ce motif.
      • En Ukraine, où la guerre a fait des victimes parmi les magistrats et personnels judiciaires, où la justice est parfois à l’arrêt complet du fait des bombardements ;
      • Au Guatemala, où les magistrats anti-corruption subissent pressions et menaces ;
      • En Afghanistan, où les Talibans ont aboli le système judiciaire et l’Etat de droit, démettant de leurs fonctions les quelques 2250 magistrats de la République Islamique d’Afghanistan, où un peu plus de la moitié des magistrats ont réussi à fuir leur pays, les autres vivant cachés, menacés, sans revenus, où une vingtaine de juges ont été assassinés depuis 2020 et une trentaine ont subi des tortures. Si aucune association de magistrats afghans n’est membre de l’UIM, des pays représentés à l’UIM ont néanmoins accueilli des juges afghans. L’une d’entre eux, réfugiée au Canada, était présente au congrès et a fait une déclaration sur la situation de ses collègues.

      Une déclaration a été adoptée par le groupe africain en soutien au président de l’association des magistrats de Guinée, injustement suspendu de ses fonctions de procureur spécial et remplacé par un chef de parquet par intérim en raison de ses prises de position en qualité de président de cette association.

      L’UIM a remis un prix de l’indépendance de la justice à 3 juges qui mènent le combat pour l’indépendance de la justice au prix de leur liberté. Vous pouvez écouter les discours prononcés à cette occasion lors du congrès en cliquant sur le nom de chacun :

      • Murat Arslan, emprisonné depuis 6 ans en Turquie ;
      • Erika Aifan, magistrate Guatémaltèque, qui vit en exil ;
      • Krystian Makiewicz, président de Iustitia, l’association polonaise des juges membre de l’UIM, qui se bat pour défendre l’indépendance de la justice en Pologne, seul des trois récompensés à être présent à Tel Aviv pour recevoir son prix en mains propres.

      Le conseil central a adopté des résolutions sur la situation des pays suivants :

      • En Tunisie pour défendre l’indépendance de la justice et l’Etat de droit, la liberté d’expression et d’association de nos collègues tunisiens ;
      • Au Guatemala, où 24 magistrats ont dû s’exiler pour échapper aux menaces et intimidations subies, notamment via les médias et réseaux sociaux, du fait de leur engagement professionnel dans la lutte contre la corruption
      • Au Yémen où, sur fond de guerre civile depuis 2015, un ancien membre de la Cour suprême a récemment été enlevé et torturé, des juges ont été tués ou blessés dans les palais de justice, dans la rue ou même à leur domicile, et la majorité des magistrats travaillent sans recevoir de salaire.

      Enfin, une matinée a été consacrée à une conférence sur le thème : « Law, technology and social goods ».

    7. L’USM à Porto

      L’USM à Porto

    8. Congrès de l’UIM 2021

      Congrès de l’UIM 2021

      Les 11 et 12 septembre 2021, s’est tenu depuis Rome la 63ème réunion annuelle de l’assemblée générale de l’Union internationale des magistrats. Pour l’USM, Céline PARISOT, Cécile MAMELIN et Natacha AUBENEAU ont suivi ce congrès virtuel depuis Paris.

    9. Un fonds de soutien aux magistrats menacés

      Un fonds de soutien aux magistrats menacés

      Depuis 2016, plus de 4 500 juges et procureurs turcs ont perdu leur emploi et au moins 2 450 d’entre eux ont été arrêtés.

      Lisez l'article du président de l'AEM.