Catégorie : Nos communiqués de presse

Certaines actualités susceptibles d’intéresser les médias font l’objet de communiqués de presse, regroupés ici.

  • Menacer la justice, un péril pour la démocratie

    Menacer la justice, un péril pour la démocratie

    L’Union syndicale des magistrats a publié le 26 septembre le communiqué de presse ci-dessous, relatif aux attaques contre l’institution judiciaire et les magistrats à la suite de la décision rendue par le tribunal correctionnel de Paris, incluant la condamnation de Monsieur Nicolas Sarkozy du chef d’association de malfaiteurs en vue de préparer un ou plusieurs délits.

    L’Union syndicale des magistrats s’est mobilisée pour répondre aux sollicitations des médias aux fins suivantes :

    • apporter un éclairaige technique et juridique, et ainsi expliquer divers points de droit (éléments consitutifs du délits d’association de malfaiteurs, mandat de dépôt à effet différé, exécution provisoire …) ;
    • et défendre l’institution judiciaire une nouvelle fois très violemment attaquée.

    L’Union syndicale des magistrats est plus que jamais déterminée et engagée pour défendre l’institution judiciaire, pilier de l’Etat de droit, injustement attaquée en des temps troublés et dangereux pour la justice et l’avenir de notre démocratie.

  • Menaces inédites contre la justice et les magistrats

    Menaces inédites contre la justice et les magistrats

    Le tsunami médiatique qui déferle le prononcé de la décision du 31 mars était en germe après les réactions violentes provoquées par les réquisitions dans ce procès, mais demeure inédit dans son ampleur.

    L’Union syndicale des magistrats répond depuis hier à de nombreuses sollicitations des médias à la suite de la décision rendue dans l’affaire dite des assistants parlementaires du Rassemblement National (et notamment sur RTL, France Info, BFM le 31/03, BFM le 01/04, Sud radio) et a diffusé le communiqué de presse ci-dessous.

    L’USM défend sans relâche l’institution et l’Etat de droit, qui existe bien en France contrairement aux affirmations de représentants populistes internationaux. La décision critiquée est intervenue au terme d’un débat contradictoire, dans le respect des lois démocratiquement débattues et votées par notre parlement.

    L’USM se tient aux côtés des collègues menacés.

    Nous faisons œuvre de pédagogie pour tenter d’apporter la contradiction et la mesure dans ce débat où la justice devient LA coupable aux yeux de certains politiques qui favorisent ainsi indirectement la transgression et les menaces contre les magistrats.

    Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), dont la parole est rare, s’est également exprimé au soutien des magistrats mis en cause dans le cadre du procès du FN/RN, ainsi qu’au soutien de l’indépendance de la justice: Communiqué du Conseil du 31 mars 2025 | Conseil Supérieur de la Magistrature

  • PLF 2025: le budget de la justice sauvegardé

    PLF 2025: le budget de la justice sauvegardé

    Didier Migaud, ministre de la Justice, a annoncé jeudi 31 octobre le résultat très attendu de l’arbitrage budgétaire concernant notre ministère, lequel devait initialement « perdre » 487 millions d’euros par rapport à la trajectoire de la loi d’orientation et de programmation 2023-2027 (LOPJ), pourtant votée à une très large majorité en novembre 2023.

    « Récupérer » 250 millions d’euros de crédits est une très bonne nouvelle dans le contexte budgétaire contraint actuel. Mais c’est également une absolue nécessité pour pallier « 30 années d’abandon budgétaire ».

    Cet arbitrage va notamment permettre le respect du schéma d’emploi de magistrats, greffiers et attachés de justice, renforts très attendus en juridiction d’ici 2026, outre la modernisation des grilles indiciaires et des avancées statutaires des personnels judiciaires.

    L’USM soutient activement la démarche d’une justice de qualité, disposant de moyens adaptés pour assumer son rôle constitutionnel et répondre aux attentes de nos concitoyens.

    L’USM exige depuis plusieurs années que la magistrature judiciaire soit reconnue au niveau des magistratures administratives et financières, notamment sur le plan salarial.

    Vous pouvez lire notre communiqué de presse du 1er novembre 2024 ci-après :

  • La justice n’a pas de prix mais elle a un coût

    La justice n’a pas de prix mais elle a un coût

    Après un congrès toulousain particulièrement réussi en présence du garde des Sceaux (voir nos articles ici et ici) et alors que la discussion budgétaire s’amorce, l’USM a voulu interpeller les médias pour rappeler que les moyens de la justice française ne sont pas à la hauteur de ses enjeux.

    Si la trajectoire de la loi de programmation est une première étape, encore faut-il qu’elle ne soit pas remise en cause. C’est le sens de ce communiqué de presse.

  • L’USM soutient la mobilisation de la PJJ

    L’USM soutient la mobilisation de la PJJ

    Quels moyens pour le suivi des mineurs ?

    Nous vous avions alertés dès le 29 août dernier : les personnels de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) sont confrontés depuis le 31 juillet à une crise sans précédent à la suite des annonces de la directrice de la PJJ de ne pas renouveler 500 postes d’agents contractuels. Conséquence mathématique logique mais inhumaine de cette décision : les délais de prise en charge des mesures ordonnées par la justice, déjà au-delà du raisonnable, augmenteront, laissant sans suivi des milliers de mineurs et dégradant encore plus les conditions de travail des agents du ministère.

    Malgré une mobilisation syndicale estivale et le déblocage d’une enveloppe de 3 millions d’euros par le garde des Sceaux pour assurer le renouvellement d’une partie de ces contrats, l’administration maintiendra son cap, laissant la PJJ dans le flou le plus total.

    En attendant, la situation sur le terrain reste catastrophique. L’USM a récemment été entendue devant une commission parlementaire (qui n’a pu terminer ses travaux du fait de la dissolution de l’Assemblée nationale) pour dénoncer l’abandon des politiques de protection de l’enfance : relisez notre article « Protection de l’enfance, enfin une priorité ?« . La protection de l’enfance est confrontée à des difficultés devenues structurelles : manque de personnels, jugements non exécutés, effondrement de la pédopsychiatrie… 

    La protection de l’enfance constitue pourtant un enjeu majeur de toute démocratie et la qualité de celle-ci reflète l’importance accordée aux plus vulnérables. Comme en matière de soins, une prise en charge précoce est gage d’une meilleure réussite !

    C’est pourquoi l’USM apporte son soutien total aux agents de la PJJ et s’associe pleinement à leurs revendications.

    Comme annoncé le 17 septembre, nous soutenons le mouvement de la PJJ et invitons les collègues qui le souhaitent à se joindre aux rassemblements qui auront lieu devant les juridictions sur l’ensemble du territoire, notamment sur le parvis du tribunal judiciaire de Paris aux Batignolles ce jeudi 19 septembre à partir de 12h. Venez nombreux !

    Vous pouvez lire ci-dessous le communiqué commun UNSa Justice et USM :

  • Cabinet du Premier ministre : quelle place pour la justice ?

    Cabinet du Premier ministre : quelle place pour la justice ?

    L’USM s’inquiète de la disparition du conseiller justice du Premier ministre et dénonce avec force ce qui doit, en l’état, être analysé comme une OPA administrative de la place Beauvau sur la place Vendôme, au préjudice de l’indépendance de la justice, pilier de notre état de droit.

    La presse (voir les articles dans le Monde – Les magistrats inquiets d’une perte d’influence du ministère de la justice – et le Figaro – Les magistrats s’inquiètent de leur perte d’influence à Matignon – réservés aux abonnés) a relayé nos inquiétudes.

  • Valeurs et apolitisme de l’USM

    Valeurs et apolitisme de l’USM

    La nécessaire conciliation entre devoir de réserve et liberté d’expression ou la spécificité du syndicalisme dans la magistrature selon l’USM.

    Ce dimanche 9 juin au soir, nous avons tous pris connaissance du résultat des élections européennes puis de la décision du président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer les électeurs fin juin-début juillet. Nous entrons dans une période d’incertitude.

    Fidèles à nos valeurs, dont l’apolitisme, nous n’entendons pas intervenir ès qualité dans le débat politique actuel pourtant majeur. Ainsi, nous n’appelons pas nos adhérents à des actions dans les palais de Justice. Chacun reste cependant libre, à titre individuel, de s’exprimer mais doit mesurer si cela est compatible avec les devoirs de son état, notamment en termes d’impartialité objective, s’agissant par exemple du contrôle à venir des opérations de vote.

    Pour autant, l’USM restera particulièrement vigilante, dans ses échanges avec la chancellerie, sur le respect de ses valeurs républicaines telles que la séparation des pouvoirs, la défense des libertés publiques, parmi lesquelles la liberté syndicale, l’indépendance de l’autorité judiciaire et l’impartialité de la justice rendue au service de tous, sans distinction.

    Sans présumer du résultat des élections et de la composition du prochain gouvernement, l’USM agira pour ses valeurs et se positionnera en soutien du CSM qui, dans son rôle de conseil de justice, incarne l’indépendance judiciaire.

    Nous poursuivons notre activité dans le contexte actuel de pré-campagne et de réserve électorale. Ainsi, le 11 juin, nous avons rencontré Jean-François Ricard, sur la thématique de la lutte contre le crime organisé, puis le CSM à propos de la charte déontologique des magistrats, rencontre qui a été l’occasion pour nous de revendiquer que les droits des magistrats soient inscrits en miroir de leurs devoirs pour se prémunir de toute instrumentalisation disciplinaire.

    Relisez ici notre newsletter de juin 2023 sur la liberté d’expression des magistrats.

    Et un article de Cécile Mamelin, vice-présidente de l’USM, sur le syndicalisme dans la justice, publié le 30 mai 2024 dans Actu juridique.

  • Crim’Org : la JIRS de Nancy demande des moyens

    Crim’Org : la JIRS de Nancy demande des moyens

    Après les témoignages des magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) marseillaise devant la commission d’enquête sénatoriale sur l’impact du narcotrafic en France en mars 2024 ( lire notre communiqué ici et lire sur le site du Sénat le rapport déposé le 14 mai 2024) , la parution d’une tribune dans le journal le Monde le 8 avril dernier signée par 59 magistrats exerçant dans différentes JIRS (lire notre communiqué ici), c’est au tour des magistrats de la JIRS de Nancy de lancer un cri d’alarme sur les conditions très difficiles et le manque de moyens dont souffre leur JIRS pour lutter efficacement contre la montée en puissance du crime organisé.

    Réunis en intersyndicale, les magistrats du siège de NANCY ont adopté une motion à l’unanimité le 8 avril pour demander en urgence la création de 3 postes pour juger les dossiers de la JIRS pénale et de 1 poste pour la JIRS civile (il y actuellement 1 seul poste affecté aux jugements des dossiers JIRS pénale). Vous trouverez ici la motion qui a été adoptée par l’assemblée générale extraordinaire de la juridiction nancéienne le 8 avril dernier ainsi que le communiqué de presse de l’USM ci-dessous appelant à soutenir cette action et ces revendications légitimes.

    Les collègues de Nancy ont organisé ce 16 mai une journée en intersyndicale : une table ronde dans la salle des pas perdus avec affiches et banderoles avec les collègues, les avocats et les politiques en présence des journalistes et un point médias. Ils ont organisé une manifestation à laquelle étaient invités les parlementaires et autres élus du ressort (13 départements) ainsi que les avocats. Un débat a eu lieu auquel ont participé, outre la totalité des magistrats du siège, des parquetiers, les chefs de juridiction, les directeurs de greffe, des greffiers, des avocats dont le bâtonnier, le SAF et l’UJA, deux attachés parlementaires, un représentant du CD 54 et de la mairie de NANCY et un sénateur Olivier Jacquin, en présence de la presse locale, de France bleue et de France 3. Le temps d’échange a été apprécié de tous.

    L’actualité a été malheureusement favorable à la réussite de ce mouvement (lire notre article : « La justice endeuillée par une effroyable attaque ») qui a ainsi reçu une très bonne couverture médiatique (le Parisien, L’est Républicain, la matinale de France Bleue en direct, le direct du journal de midi de France 3 et je vais ce soir faire le direct du 19H de France 3).

    L’USM affiche, aux côtés des collègues nancéiens, sa propre détermination à réclamer pour tous des moyens à la hauteur des enjeux pour le maintien de la paix sociale, gravement mise à mal par ce type de délinquance.

    Lisez notre communiqué de presse :

  • La justice endeuillée par une effroyable attaque

    La justice endeuillée par une effroyable attaque

    Communiqué de presse de l’USM en réaction à l’attaque d’un convoi pénitentiaire dans l’Eure le 14 mai qui a fait 2 morts et 2 agents en situation d’urgence vitale. Ce drame atteint toute la famille judiciaire.

  • La justice des mineurs, l’impossible répit

    La justice des mineurs, l’impossible répit

    Après plusieurs faits divers dramatiques survenus ces derniers jours, la question de la violence des mineurs réapparait dans le paysage politique et médiatique.

    L’Union syndicale des magistrats n’apprécie les dernières annonces gouvernementales sur la justice des mineurs ni à l’aune d’un a priori laxiste ou naïf, ni sous l’angle d’un a priori répressif. C’est un chemin toujours difficile de rappeler les principes fondamentaux de notre République dans une société de la communication où l’immédiateté et l’hyper réactivité sont élevées au rang de vertus cardinales.

    Alors que le ministère de la Justice se félicitait encore il y a peu du succès du code de la justice pénale des mineurs (CJPM), entré en vigueur le 30 septembre 2021 à moyens quasi constants et qui a succédé à l’ordonnance du 2 février 1945, les dernières annonces du Premier ministre laissent envisager une nouvelle réforme législative. Le triste adage « un fait divers, une loi » se porte donc au mieux alors que le rapport Sauvé, issu des Etats généraux de la justice, avait rappelé l’impérieuse nécessité d’une pause législative pour permettre à l’institution judiciaire de se redresser (relire notre communiqué de presse de janvier 2023 : L’asphyxie enfin reconnue).

    Le Premier ministre a souhaité lancer « une grande consultation » des corps intermédiaires sur la justice des mineurs à réaliser dans un délai court de huit semaines, avec un premier point d’étape d’ici à quatre semaines (avancée des travaux et premières mesures annoncées). Au-delà de savoir s’il est réellement pertinent de se lancer dans un tel chantier légistique en huit semaines, que faudrait-il donc déjà changer dans un CJPM qui n’a que deux ans ? La plupart des professionnels salue le raccourcissement des délais opéré par ce nouveau code. La césure mise en œuvre est en effet pertinente dès lors qu’elle ouvre un temps de mise à l’épreuve éducative effectif. A cet égard, des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse ont indiqué que le manque de moyens ne leur permettait pas toujours d’utiliser pleinement ce temps d’épreuve. Car en matière de justice des mineurs comme pour d’autres sujets la question des moyens est centrale, n’en déplaisent à ses détracteurs.

    Parallèlement au discours du Premier ministre, n’oublions pas de rappeler les difficultés devenues structurelles auxquelles est confrontée la protection de l’enfance : manque de personnels, jugements non exécutés, effondrement de la pédopsychiatrie … Or, l’inexécution ou l’exécution défaillante des décisions de justice met à mal tout le dispositif de protection de l’enfance et est susceptible d’entraîner des conséquences sur un passage à l’acte ultérieur de certains mineurs. C’est pourquoi l’USM sollicite de longue date davantage de structures d’accueil, des structures d’accueil diversifiées (adaptées notamment à des enfants présentant des troubles de la personnalité) et des structures permettant des visites encadrées à la mesure des besoins. De manière générale, nous demandons un dispositif permettant à l’aide sociale à l’enfance d’exécuter les décisions des juges des enfants, aux enfants placés de bénéficier d’une prise en charge conforme à leurs besoins dans le délai fixé par le jugement. Le raisonnement est identique pour les mesures en milieu ouvert : quelle efficacité pour une mesure éducative prise en charge des mois, voire plus d’un an, après son prononcé ?

    Sur les besoins humains et la charge de travail, l’USM considère qu’une charge de travail normale d’un juge des enfants (pour travailler convenablement) est d’environ 350 dossiers d’assistance éducative avec une activité pénale de l’ordre de 20 à 25% de la charge du cabinet. Or, un grand nombre de juges des enfants a en charge 600, voire 700 ou 800 mesures, ce qui rend impossible le fonctionnement d’une justice des mineurs de qualité. Il existe également un très grand nombre de postes vacants dans les greffes des tribunaux pour enfants, et la plupart des juges des enfants sont contraints de tenir les audiences d’assistance éducative sans greffier.

    La justice des mineurs est un enjeu essentiel de toute démocratie et la qualité de celle-ci reflète l’importance accordée aux plus vulnérables. Au regard de nos principes constitutionnels, conventionnels et juridiques fermement établis, elle ne peut se réduire au tout répressif. L’importance accordée à la protection de l’enfance, à l’éducation, au suivi médico-social constitue la plus efficace des préventions de la délinquance des mineurs. L’enjeu est tel qu’il exige des moyens à la hauteur des besoins, ce qui n’est aujourd’hui absolument pas le cas.

    Au lieu de se lancer dans une énième réforme en mode dégradé ou inadapté, donnons-nous les moyens d’appliquer les réformes déjà intervenues et donnons les moyens aux éducateurs, juges des enfants, greffiers, parquetiers, enquêteurs et associations d’appliquer totalement et complétement le CJPM.

    Le bureau de l’USM a répondu à la presse ces dernières heures. Lisez par exemple ici un article du Monde « Justice des mineurs, l’option répressive de Gabriel Attal », qui cite Ludovic Friat : «  Je suis vent debout, lance Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats (majoritaire). C’est de la com. Le code de la justice pénale des mineurs a à peine trois ans et on le modifie alors que c’est un outil intéressant. Il faut se garder du laxisme mais aussi du tout répressif. C’est un recul conséquent des droits. »

     

  • Soutien aux collègues marseillais

    Soutien aux collègues marseillais

    La commission d’enquête du Sénat sur l’impact du narcotrafic en France et les mesures à prendre pour y remédier, créée en novembre 2023, s’est déplacée à Marseille les 7 et 8 mars 2024. Lisez ici le communiqué de presse de la commission d’enquête.

    La presse a relayé les vives réactions du ministre de la justice à l’encontre des déclarations de nos collègues marseillais, qui ont dénoncé une guerre asymétrique entre l’Etat et les trafiquants.

    La vérité ne devrait jamais déranger. Les collègues marseillais qui ont déposé sous serment devant la commission d’enquête parlementaire ne pouvaient altérer ou minorer la réalité de leur constat. Nous saluons leur courage et leur dévouement.

    Vous trouverez ci-dessous notre communiqué de presse.

  • Mayotte : toujours sous tension

    Mayotte : toujours sous tension

    L’USM vous a tenus informés de la situation problématique de Mayotte (lire notre article du 14.09.2023). Les sections syndicales locales font aujourd’hui un communiqué de presse pour dénoncer la situation.

    L’envoi de brigades mobiles a été ressenti par les fonctionnaires et magistrats en poste à Mamoudzou comme une amélioration de leur situation.

    Malheureusement, la crise de l’eau et aujourd’hui la hausse des violences sur l’île rendent la situation inquiétante pour ne pas dire intenable. Récemment, deux collègues ont été violemment agressées alors qu’elles circulaient sur la voie publique (sans lien établi avec leur profession), démontrant ainsi les difficultés à vivre sereinement sur l’île.

    La presse s’est fait l’écho de cette agression dans des termes choquants pour nos collègues puisqu’il est insinué que les magistrats, qui ne seraient pas assez sévères avec les délinquants, sont responsables de la situation. Le droit de réponse exercé par les chefs de cour a été apprécié par les collègues. Il n’est toutefois pas de nature à apporter des solutions concrètes.

    Depuis fin octobre, la violence a atteint un seuil alarmant : il n’est plus possible pour les habitants de prendre la route sans risquer une atteinte à leur intégrité physique et psychique.

    Les causes de cette explosion de la violence sont complexes et ne semblent pas en lien avec le seul manque d’eau. Les forces de l’ordre, en infériorité numérique, se trouvent très démunies face aux bandes.

    Face à cette insécurité omniprésente, une partie de la population mahoraise réagit en imposant des blocages routiers sur plusieurs axes de Mayotte. Les travailleurs du sud de l’île ne peuvent plus se rendre à Mamoudzou et l’aéroport est inaccessible, la barge permettant de se rendre sur Petite-Terre étant à l’arrêt. On ne sait combien de temps ce mouvement va durer mais la préfecture et certaines mairies sont également bloquées.

    Dans ces conditions, Mayotte se vide petit à petit de ses fonctionnaires (notamment les professeurs) et les juridictions judiciaires n’échappent pas à ce phénomène.

    Un fort sous-effectif dans les mois à venir est à craindre. Le renouvellement seulement par moitié des brigades mobiles à compter de février et l’absence de candidats imposent aux collègues en poste d’assumer des charges supplémentaires. La justice sur l’île ne pourra plus fonctionner d’ici quelques mois avec les départs annoncés.

    Dans ce contexte, la direction des services judiciaires (DSJ) envisage des affectations en sortie d’école au tribunal judiciaire de Mamoudzou. Or, l’affectation de sortants d’école ne peut être vue comme une solution pérenne. Contraindre les collègues qui ne le souhaitent pas à exercer à Mayotte est périlleux pour eux comme pour l’institution. Afin d’éviter cet écueil, l’USM sollicite que la liste des postes offerts aux auditeurs de justice de la promotion 2022 comporte un volant de postes. L’USM avait déjà formulé dès 2022 des propositions concrètes pour une véritable politique d’attractivité en faveur de Mayotte et de la Guyane, elle continue de porter ces mesures (lire notre courrier de janvier 2022 adressé au ministre des Outre-mer, au DSJ, à la secrétaire générale du ministère de la justice et aux chefs de la Cour de cassation en qualité de présidents du conseil d’administration de l’ENM).

    Si la sécurité à Mayotte ne dépend pas de notre seul ministère, ce dernier peut néanmoins améliorer la situation des personnels judiciaires en poste sur l’île.

    C’est pourquoi l’USM a demandé à la DSJ la mise en place de plusieurs mesures :

    • l’affectation avec possibilité d’obtenir une mutation au bout de deux ans avec priorisation d’affectation à l’issue de ce délai (deux ans étant « la limite du supportable » selon les collègues interrogés) ; lors de notre dernière rencontre bilatérale, la DSJ nous a indiqué que les magistrats affectés à Mayotte pouvaient obtenir leur mutation au bout de deux ans (sans priorité d’affection) et au bout de trois ans avec priorité d’affectation ; or, beaucoup de collègues nous font état de leur grande difficulté à obtenir une mutation à l’issue d’un délai de deux ans ;
    • le maintien en l’état des brigades mobiles avec des effectifs de fonctionnaires et magistrats suffisants ;
    • une aide à l’obtention d’un logement similaire à celle des douanes ; les douanes ont un partenariat avec le bailleur social de l’ile (SIM, société immobilière de Mayotte) qui leur permet d’avoir des logements réservés ; le système mis en place par notre ministère (recours à un prestataire pour trouver des logements) est inefficace faute de logements locatifs disponibles ;
    • un indemnitaire revalorisé.

    Vous trouverez ici le lien vers le communiqué de presse intersyndical des unions régionales Union syndicale des magistrats et Syndicat de la magistrature de Saint Denis de la Réunion.