Étiquette : Audiences tardives

  • Audiences nocturnes : une fatalité ?

    Audiences nocturnes : une fatalité ?

    Non : l’USM saisit l’inspection du travail !

    Lors des vacations de l’été 2023, le tribunal judiciaire de Paris a connu plusieurs épisodes d’audiences de comparution immédiate nocturnes, nombre d’entre elles s’étant achevées au lever du jour. De nombreux avocats s’en étaient à juste titre émus sur les réseaux sociaux et avaient publié une tribune. Des mentions avaient été portées sur le registre de santé et de sécurité au travail.

    Pour y remédier, les organisations syndicales ont porté, dans le cadre des compétences de la formation spécialisée en matière de santé, sécurité et conditions de travail (dite F3SCT, ex CHSCT) du CSA de Paris, une demande de mesure d’expertise, refusée par l’administration au motif qu’il n’y avait eu aucun accident de service ou de trajet et que, dès le mois de septembre, des groupes de travail avaient été réunis pour réfléchir à cette problématique.

     Les vacations de Noël et d’hiver ont toutefois démontré que la question n’était pas réglée.

    L’augmentation annoncée du nombre d’audiences de comparution immédiate, dans la perspective du plan « zéro délinquance » mis en œuvre dans la perspective des jeux olympiques, ne peut que nous inquiéter sur la capacité de notre ministère à faire respecter les principes élémentaires du droit du travail dans la fonction publique alors que ces audiences nocturnes nous épuisent et ne nous permettent pas de rendre la justice dans des conditions dignes.

    La F3SCT du tribunal judiciaire de Paris a utilisé l’une de ses compétences exclusives, et, par un vote unanime des organisations syndicales qui la composent (USM, UNSA, SM et CGT), a voté le 17 octobre 2023 une mesure d’expertise à confier à l’un des experts agréés par le ministère du travail. Par ordonnance du 02 novembre 2023, l’administration a cependant refusé la mise en œuvre de cette mesure d’expertise.

    Fin février 2024, la F3SCT a dès lors voté, pour la première fois de l’histoire de l’institution judiciaire, la saisine de l’inspection du travail, saisine qui n’est possible qu’en ce cas de figure exceptionnel. L’action portée n’a pas pour but de remettre en cause le principe des audiences de comparution immédiate mais d’exiger le respect des principes élémentaires du droit du travail que nous sommes chargés de faire respecter par ailleurs dans le monde du travail devant nos juridictions. Nous considérons en effet que les conditions de travail subies au cours de l’été 2023 par les personnels de la juridiction parisienne ne respectent pas le droit du travail et que le regard de l’administration chargée de faire respecter les principes du droit du travail est indispensable pour éviter le renouvellement de tels abus.

     Parce que rendre une justice de qualité est plus que jamais un impératif, l’USM agit !

  • Temps de travail

    Temps de travail

    Le bureau de l’USM a de nouveau saisi la DSJ sur l’encadrement des astreintes et le temps de travail des magistrats.

    Les audiences tardives et la surcharge de travail sont une réalité dans la Justice depuis trop longtemps, sans aucune réaction ni réflexion sérieuse de notre ministère, qui en tant qu’employeur doit veiller aux risques psycho-sociaux en toutes circonstances. L’épuisement au travail existe et se propage pour de nombreux collègues qui en ont déjà témoigné avec beaucoup de dignité mais aussi de douleur !

    L’USM se bat depuis des années pour de meilleures organisations et indemnisations des astreintes (corrélées avec des récupérations) ainsi que pour un respect des temps de travail et de repos des magistrats.

    Est-il normal d’enchainer une semaine de travail, un week-end de permanence et de poursuivre de nouveau sur une semaine de travail sans récupération ?

    Est-il normal de terminer des audiences à des heures tardives (parfois au milieu de la nuit) et de reprendre le matin suivant sans avoir bénéficié d’un temps de repos suffisant ?

    Est-il normal de travailler le soir et/ou pendant ses congés et week-end pour apurer les stocks ?

    La réponse est évidemment non.

    Les magistrats ne sont pas soumis au régime général des 35 heures et n’ont donc pas en dehors des nécessités de service, d’obligation particulière d’assiduité ou de pointage. Pour autant, leur temps de travail n’est pas extensible à l’infini et ils doivent bénéficier de garanties quant à un temps de travail maximum à ne pas dépasser.

    Il s’agit d’un combat que nous n’abandonnerons jamais dans la perspective d’une Justice de qualité pour tous.

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