Étiquette : Charge de travail

  • Charge de travail : étude de temps confiée à Capgemini, pour quoi faire ?

    Charge de travail : étude de temps confiée à Capgemini, pour quoi faire ?

    Au terme des travaux du groupe sur la charge de travail des magistrats, dont la réunion conclusive a eu lieu le 11 juillet 2024 (lire notre article dénonçant le différé de leur mise en oeuvre), la DSJ avait indiqué que les référentiels ne pouvaient à ce stade faire l’objet d’une mise en œuvre immédiate, l’outil devant être affiné et perfectionné pour prendre en compte un certain nombre de paramètres. Une étude de temps a alors été commandée par la DSJ. L’USM déplore une fois de plus une commande dilatoire et inutile.

    Cette étude de temps, financée par la Commission européenne et mise en œuvre par un prestataire extérieur (Capgemini), nous avait été présentée comme nécessaire pour intégrer certaines données non prises en compte par les référentiels, comme l’équipe autour du magistrat.

    L’USM avait rappelé dès cette annonce que le groupe sur la charge de travail avait pourtant abouti à une évaluation consensuelle de la charge de travail et s’était opposée à une remise en cause de ce travail élaboré avec un grand professionnalisme par l’ensemble des intervenants (chancellerie, associations et organisations syndicales, collègues volontaires au sein des ateliers).

    La phase de collecte des données devait débuter en février dans des juridictions pilotes choisies par la chancellerie. Néanmoins, à la suite des premiers retours des collègues concernés, pointant d’importantes difficultés de méthode, cette phase a pris du retard. La direction des services judiciaires, que nous avions alors alertée, a revu la méthodologie.

    Toutefois, cette nouvelle méthodologie n’est toujours pas satisfaisante. En effet, l’outil élaboré n’est pas adapté à nos méthodes de travail, ne comprend pas les missions les plus importantes par fonction et ne reflète donc pas la réalité de nos activités en juridiction. En outre, et contrairement à ce qui nous avait été indiqué, il est demandé aux collègues de remplir l’outil « en mode dégradé », c’est-à-dire en considération des temps réels de traitement des dossiers dans les conditions de travail extrêmement dégradées qui sont actuellement celles des magistrats, à l’inverse de la méthode retenue lors de l’élaboration des référentiels, qui s’efforçait d’évaluer le temps nécessaire à un traitement qualitatif des dossiers ( référentiels accessibles sur l’intranet de la DSJ dans une communication du 07/08/24).

    Enfin, cette tache de remplissage des différents items en ligne vient ajouter une charge de travail supplémentaire conséquente pour les collègues des juridictions choisies, alors que le travail a été fait par le groupe de travail dédié au cours de réunions quasi hebdomadaires pendant deux ans, et en s’appuyant sur l’avis de collègues praticiens des différents contentieux étudiés réunis en ateliers.

    Au regard de ces retours inquiétants des magistrats des juridictions choisies pour mener cette étude de temps, l’USM a décidé, en accord avec son conseil national qui s’est tenu le 28 mars 2025, de conseiller à ses adhérents de renoncer à participer à cette étude de temps, à la fois chronophage et vouée à l’échec. Si néanmoins les collègues concernés tenaient à y participer, l’USM les invite à renseigner l’outil en mode non dégradé afin de ne pas obérer les conclusions des référentiels sur la charge de travail dont il convient de rappeler la conclusion : pour rendre une justice de qualité, il faudrait 2 à 3 fois plus de magistrats, ce qui nous rapprocherait enfin des chiffres de la CEPEJ.

  • Charge de travail des magistrats : la DSJ acte les référentiels mais en repousse la mise en œuvre

    Charge de travail des magistrats : la DSJ acte les référentiels mais en repousse la mise en œuvre

    Le bureau de l’USM a participé ce 11 juillet à la réunion conclusive du groupe de travail dédié à l’évaluation de la charge de travail des magistrats, réunion que nous sollicitions depuis plusieurs mois (voir notre courrier du 28 mars 2024 à la direction des services judiciaires ici). Nous avions également écrit le 12 avril dernier à la Cour des comptes, qui demande à notre ministère la création d’un outil depuis plusieurs années, pour informer la juridiction financière de l’évolution des travaux. Lors de la réunion de ce jour, la DSJ a remercié les membres du groupe pour leur implication et présenté ses futures orientations.

    Après avoir salué la qualité des travaux et l’adoption des référentiels selon un large consensus, l’USM a sollicité à nouveau la diffusion de ces référentiels à l’ensemble des collègues. Le DSJ a indiqué qu’un article serait publié prochainement sur l’intranet du ministère, accompagné des référentiels, afin de valider cette étape importante dans l’élaboration d’un outil de l’évaluation de notre charge de travail.

    Il a cependant précisé que les référentiels ne pouvaient à ce stade faire l’objet d’une mise en œuvre immédiate, l’outil devant être affiné et perfectionné pour prendre en compte :

    • l’apport de la future équipe autour du magistrat ;
    • l’apport des MTT et des MHFJ ;
    • une étude de temps, qui sera réalisée dans les six prochains mois grâce à un financement européen (chronométrage de certaines tâches et récolte des données via un prestataire privé) ;
    • la nécessaire amélioration de l’outil statistique et la limitation des remontées manuelles encore trop importantes.

    Ces travaux se poursuivront sous la surveillance d’un observatoire, dont la composition est pour l’heure inconnue.

    Nous prenons acte à ce stade de ces annonces minimales. Si nous mesurons la nécessité d’affiner l’outil, nous avons néanmoins rappelé l’attente forte et légitime des collègues d’en disposer le plus rapidement possible. Nous avons également demandé à faire partie du prochain observatoire, ayant suivi les travaux du groupe depuis sa création et été force de proposition à chaque étape de son existence. Nous restons ainsi extrêmement vigilants quant à la poursuite des travaux tant la finalisation de l’outil est indispensable pour pérenniser les renforts d’effectifs à long terme, sortir d’un mode dégradé de fonctionnement et mettre en œuvre une justice de qualité au service de nos concitoyens. Nous ne manquerons pas à nouveau d’interpeller la Cour des comptes sur les prochaines orientations retenues par la DSJ. Nous continuerons enfin à réclamer la diffusion d’une CLE projective permettant d’acter les besoins démontrés par les travaux du groupe.

    Pour aller plus loin →

    → Historique du groupe sur la charge de travail des magistrats et rôle moteur de l’USM

    Le groupe sur l’évaluation des charges de travail des magistrats, initié en 2011, un temps abandonné et repris en 2021, sous l’impulsion de la Cour des comptes et des Etats généraux de la Justice, a réuni la DSJ, les organisations syndicales représentatives, les conférences et les associations professionnelles. L’Inspection générale de la justice a apporté son appui à ces travaux.

    En 2014, un rapport d’étape et une première proposition de référentiels d’activité ont été adoptés par le groupe de travail mais n’ont pas été publiés. Face à cette inertie, l’USM a publié l’ensemble des documents sur son propre site internet et a réclamé la reprise des travaux.

    L’USM a toujours encouragé ces travaux et joué un rôle moteur au sein du groupe de travail. Elle est également la seule organisation syndicale à avoir participé à l’intégralité des travaux. Elle a formulé, à chaque réunion et pour chaque fonction, des propositions qui ont servi de base de réflexion à tous les participants, quand les autres organisations syndicales ont été suiveurs, voire réticentes à formuler des propositions. Le Syndicat de la magistrature s’était notamment inquiété de l’établissement « d’un référentiel avec des barèmes, qui standardise l’acte de juger » (Alternatives économiques du 1er mars 2023). L’USM estime au contraire que l’absence d’outil pour évaluer la charge de travail a contribué à imposer depuis des années une surcharge indue, source de souffrance et d’épuisement professionnel.

    → Méthode de travail et bilans intermédiaires

    Relire ici notre article sur le bilan de décembre 2022 des travaux du groupe sur l’évaluation de la charge de travail

    Relire ici notre article sur le bilan du groupe après deux ans de reprise des travaux

    → Que nous disent les référentiels ?

    Les projections qui résultent des travaux du groupe viennent objectiver la pénurie d’effectifs de magistrats que nous dénonçons depuis tant d’années objectivant notre surcharge de travail. Pour la plupart des fonctions, les besoins de magistrats sont de x2 à x3 pour sortir d’un mode dégradé de fonctionnement et rendre une justice de qualité.

    Alors que la répartition par cour d’appel des renforts d’ici 2027 a été dévoilée au printemps, et sachant que nous sommes encore très loin des chiffres de la CEPEJ (doublement des effectifs a minima), il est donc urgent de finaliser l’outil d’évaluation de notre charge de travail. C’est en effet à ce seul prix que nous pourrons poursuivre une politique de recrutement ambitieuse et améliorer le fonctionnement quotidien de nos juridictions.

  • Effectifs supplémentaires : 10% attendus, 250% nécessaires ?

    Effectifs supplémentaires : 10% attendus, 250% nécessaires ?

    Le compte n’y est pas… Pour rappel, doivent être recrutés, d’ici à 2027, 1 500 magistrats, 1 800 greffiers et 1 100 attachés de justice. Sur la répartition des effectifs ainsi promis d’ici 2027 (relisez notre synthèse et notre newsletter n°2023-2 sur ce thème), un tableau et des cartes viennent d’être diffusés par la DSJ dans le prolongement des annonces faites le 18 octobre 2023.

    Les effectifs de départ pris en compte sont ceux au 1er janvier 2023 de sorte que sur les 1500 renforts annoncés en magistrats, plus de 500 viendront d’abord combler les postes laissés vacants en 2023. C’est une indiscutable nécessité mais au final, c’est seulement 947 créations de postes de magistrats supplémentaires qui viendront renforcer les rangs d’ici 2027, et seulement 817 créations de postes de greffiers à leurs côtés.

    Ainsi, l’augmentation des effectifs de magistrats sera d’environ 10% de l’effectif total d’ici 2027 là où les moyennes de la CEPEJ (commission européenne pour l’efficacité de la justice) comme les besoins estimés par le groupe de travail sur la charge de travail des magistrats tendent vers un doublement voire un triplement de l’effectif total…

     

    Les conclusions de ce groupe de travail tardent à être diffusées : charge de travail des magistrats, un tabou ? Malgré les besoins criants reconnus, malgré les demandes insistantes de la Cour des comptes et de Bercy pour se doter d’un outil d’évaluation de la charge de travail des magistrats, malgré un travail d’ampleur mené depuis plus de 2 ans sous l’égide de la DSJ, travail complexe, technique mais finalement consensuel, les chiffres ne sont pas dévoilés. L’addition économique et politique est-elle trop chère ? L’USM a écrit ce jour au premier président de la Cour des comptes pour l’informer de l’avancée des travaux du groupe de travail et l’inviter à en prendre connaissance : lire notre courrier.

    Si l’on ne peut que se réjouir des renforts annoncés, force est d’admettre que 10% d’effectifs en plus ne suffiront certainement pas à réduire les stocks et les délais, à améliorer la qualité ni la célérité de la justice, dont l’état de délabrement a été mis en lumière par le rapport Sauvé sur les Etats généraux de la justice, après plus de 30 ans d’abandon (lire notre communiqué de presse de janvier 2023 : L’asphyxie enfin reconnue). Cet effort montre le cap, il ne peut être le port d’arrivée.

    L’USM veillera à ce que les renforts annoncés soient pérennes dans les années à venir et qu’une véritable réflexion commune soit menée sur les moyens d’améliorer durablement la qualité et la célérité de la justice au service de tous.

    Télécharger ici :

     

  • Audiences nocturnes : une fatalité ?

    Audiences nocturnes : une fatalité ?

    Non : l’USM saisit l’inspection du travail !

    Lors des vacations de l’été 2023, le tribunal judiciaire de Paris a connu plusieurs épisodes d’audiences de comparution immédiate nocturnes, nombre d’entre elles s’étant achevées au lever du jour. De nombreux avocats s’en étaient à juste titre émus sur les réseaux sociaux et avaient publié une tribune. Des mentions avaient été portées sur le registre de santé et de sécurité au travail.

    Pour y remédier, les organisations syndicales ont porté, dans le cadre des compétences de la formation spécialisée en matière de santé, sécurité et conditions de travail (dite F3SCT, ex CHSCT) du CSA de Paris, une demande de mesure d’expertise, refusée par l’administration au motif qu’il n’y avait eu aucun accident de service ou de trajet et que, dès le mois de septembre, des groupes de travail avaient été réunis pour réfléchir à cette problématique.

     Les vacations de Noël et d’hiver ont toutefois démontré que la question n’était pas réglée.

    L’augmentation annoncée du nombre d’audiences de comparution immédiate, dans la perspective du plan « zéro délinquance » mis en œuvre dans la perspective des jeux olympiques, ne peut que nous inquiéter sur la capacité de notre ministère à faire respecter les principes élémentaires du droit du travail dans la fonction publique alors que ces audiences nocturnes nous épuisent et ne nous permettent pas de rendre la justice dans des conditions dignes.

    La F3SCT du tribunal judiciaire de Paris a utilisé l’une de ses compétences exclusives, et, par un vote unanime des organisations syndicales qui la composent (USM, UNSA, SM et CGT), a voté le 17 octobre 2023 une mesure d’expertise à confier à l’un des experts agréés par le ministère du travail. Par ordonnance du 02 novembre 2023, l’administration a cependant refusé la mise en œuvre de cette mesure d’expertise.

    Fin février 2024, la F3SCT a dès lors voté, pour la première fois de l’histoire de l’institution judiciaire, la saisine de l’inspection du travail, saisine qui n’est possible qu’en ce cas de figure exceptionnel. L’action portée n’a pas pour but de remettre en cause le principe des audiences de comparution immédiate mais d’exiger le respect des principes élémentaires du droit du travail que nous sommes chargés de faire respecter par ailleurs dans le monde du travail devant nos juridictions. Nous considérons en effet que les conditions de travail subies au cours de l’été 2023 par les personnels de la juridiction parisienne ne respectent pas le droit du travail et que le regard de l’administration chargée de faire respecter les principes du droit du travail est indispensable pour éviter le renouvellement de tels abus.

     Parce que rendre une justice de qualité est plus que jamais un impératif, l’USM agit !

  • Charge de travail des magistrats, un tabou ?

    Charge de travail des magistrats, un tabou ?

    L’USM participe aux travaux sur l’évaluation de la charge de travail depuis la création du groupe de travail en 2011, travaux interrompus en 2014 (parce que les premiers chiffres ne plaisaient pas ou faisaient peur ?) puis repris en 2021 : lisez ici notre dernier article sur le bilan de 2 ans de travaux du groupe de travail.

    Lors du bilan que nous avions dressé à l’issue de la première année de reprise de ces travaux, en décembre 2022, ayant abouti à un premier projet de référentiel pour la première instance, nous écrivions : « Ce référentiel, s’il fait naître un immense espoir, peut être source de désillusions, d’amertume ou de découragement s’il n’est qu’une perspective à long terme et si nous ne nous en saisissons pas collectivement maintenant. » (Lire notre message complet de déc. 2022 ici).

    Abandonné en 2014 (à l’époque l’USM avait publié sur son site les référentiels élaborés), le groupe a été relancé en 2020, sous l’impulsion notamment de la Cour des comptes. L’USM y a joué un rôle actif, car comment objectiver le besoin en postes supplémentaires de magistrats, donc la surcharge de travail que l’on ne cesse de dénoncer depuis des années, sans aucun outil d’évaluation ?

    Pour chaque fonction, au terme d’une réflexion approfondie et d’échanges en amont, les travaux ont été clôturés par une réunion de vote afin d’arrêter le référentiel, sur la première instance d’abord, sur l’appel ensuite, dans un consensus quasi total entre les membres du groupe de travail.  A ce jour, et alors que les travaux sont terminés, la DSJ n’a toujours pas diffusé les tables d’évaluation de chaque fonction, alors que dès l’origine elle s’y était engagée.

    Devant l’absence de réponse de la DSJ à nos multiples relances, nous lui avons donc demandé officiellement par courrier de tenir ses engagements, de provoquer cette réunion conclusive et de procéder à la diffusion de ces premiers référentiels, certes perfectibles mais indispensables pour l’avenir de notre institution et pour aboutir à une justice de qualité au service de nos concitoyens. Alors que la répartition par cour d’appel des renforts d’ici 2027 vient d’être dévoilée, et sachant que nous sommes encore très loin des chiffres CEPEJ (doublement des effectifs a minima), il est urgent de disposer d’un tel outil. C’est en effet à ce seul prix que nous obtiendrons le maintien d’un renfort d’effectifs sur le long terme.

    Lisez notre courrier de ce 28 mars 2024 à la DSJ.

  • Groupe de travail sur la charge de travail

    Groupe de travail sur la charge de travail

    Les travaux du groupe sur l’évaluation de la charge de travail des magistrats se sont poursuivis tout au long de l’année 2023, notamment par l’examen des situations particulières en première instance (JIRS, assises, fonctions soutien …) ainsi que par l’examen de la charge de travail en cour d’appel. L’USM a continué à participer activement à l’ensemble de ces travaux (se retrouvant souvent seule organisation syndicale présente face aux autres participants) qui sont fondamentaux pour déterminer de manière objective notre charge de travail et disposer d’un outil solide dans le cadre des négociations interministérielles.

    Pour rappel, ce groupe de travail, initié en 2011, un temps abandonné et repris en 2021, réunit la direction des services judiciaires, les quatre conférences (présidents, procureurs, premiers présidents, procureurs généraux), les 3 organisations syndicales représentatives (USM, SM, UM-FO) et les associations professionnelles. L’inspection générale de la justice a apporté son appui à ces travaux en première partie (fonctions de première instance).

    S’agissant de l’examen de la charge de travail en appel, la méthodologie suivie est similaire à celle utilisée pour la première instance : ateliers avec la participation de collègues en poste dans les fonctions examinées, réunions hebdomadaires, étude des tables de pondération par fonction, travaux s’inspirant de ceux de la première instance lorsque cela est pertinent.

    Nous tenons à cet égard à remercier nos adhérents qui ont pris sur leur de temps de travail pour participer aux ateliers.

    L’USM a toujours encouragé ces travaux et a joué un rôle moteur au sein du groupe. En 2014, un rapport d’étape et des premiers référentiels d’activité ont été adoptés par le groupe de travail mais n’ont pas été publiés. Face à cette inertie, l’USM a publié l’ensemble des documents sur son propre site internet et a réclamé la reprise des travaux. Après cette reprise en 2021, l’USM a continué à jouer un rôle actif et à formuler des propositions, afin d’objectiver la surcharge de travail que nous dénonçons depuis des années et d’obtenir le maintien d’un renfort d’effectifs à long terme.

    Comme déjà rappelé, les premières projections résultant des travaux pour la première instance viennent objectiver la pénurie d’effectifs : pour la plupart des fonctions, les besoins en magistrats sont de x2 à x3. Les travaux concernant l’appel devraient conduire à des constats similaires.

    La méthode adoptée et les échanges entre les membres ont permis d’aboutir à un outil (en cours de finalisation) de qualité, adopté sur la base d’un très large consensus. Ce projet est porteur de perspectives encourageantes et doit être vu comme un moyen de sortir des temps contraints où l’on « chronomètre tout, où l’on juge vite et mal » et donner de l’élan à un corps dont l’état de désespérance n’est plus tabou. Il est ainsi important que les travaux du groupe soient bientôt finalisés pour traduire ses conclusions en termes de recrutement et en lien avec l’équipe autour du magistrat. C’est ce que nous avons rappelé récemment lors de nos dernières rencontres bilatérales avec le ministère, et notamment lors de notre entretien avec le garde des Sceaux en décembre dernier.

  • Délais d’instruction

    Délais d’instruction

    Vous trouverez ici le lien vers un article de Libération sur les délais d’instruction (dans le contexte plus large des dossiers Depardieu), dans lequel notre secrétaire nationale Fabienne Averty est interviewée.

    Bonne lecture !

  • Charge de travail

    Charge de travail

    La séance conclusive de la première phase de travaux d’élaboration d’un référentiel national sur la charge de travail des magistrats a eu lieu le 20 décembre 2022. L’USM a été particulièrement proactive au sein de ce groupe de travail. Nous tenons à remercier tous les adhérents qui nous ont aidés à former des propositions d’évaluation des différentes tâches.

    Cette première version du référentiel permet d’objectiver le manque criant de magistrats que l’USM ne cesse de dénoncer depuis des années !

    L’USM a tenu à rendre compte à l’ensemble des magistrats du contenu et de la méthode de travail au sein de ce groupe :

    Chers collègues,

    Le 20 décembre dernier s’est tenue une réunion conclusive du groupe de travail sur la charge de travail des magistrats. Ce travail de construction d’un référentiel sur la charge de travail des magistrats attendu depuis longtemps a été réalisé dans un esprit de consensus entre les organisations syndicales de magistrats, les associations professionnelles, les conférences des chefs de TJ et de CA, la DSJ, et avec l’appui technique de l’IGJ. Ce référentiel est fondé sur un principe de justice de qualité et non sur le mode actuel dégradé de fonctionnement de nos juridictions.

    Ce référentiel, qui ne porte pour le moment que sur la première instance, fait naître un formidable espoir. Il démontre en se fondant sur une démarche objective et partagée qu’il faudrait en France 2 à 3 fois plus de magistrats pour travailler normalement et rendre une justice de qualité.

    Pour le dire autrement, nous travaillons aujourd’hui 2 à 3 fois trop ou 2 à 3 fois trop rapidement (et donc mal), voire les deux à la fois.

    Quelles conséquences tirer de ce premier référentiel national ?

    A long terme d’abord, ce référentiel fait naître l’espoir de voir se poursuivre les recrutements massifs tant de magistrats que de personnels judiciaires, dont des greffiers. Mais ces renforts en effectifs ne porteront réellement leurs fruits que dans plusieurs années voire dizaines d’années. Que faire d’ici là ?

    A court terme ensuite, ce travail confirme la charge très excessive de travail des magistrats. Celle-ci est objectivée, étayée et portée de façon collective et unanime. L’USM, qui a largement participé à ces travaux, considère que dans l’attente de recrutements qui auront un impact sur les juridictions, il convient d’agir tout de suite. La souffrance au travail doit être combattue.

    Nous avons donc demandé que la prochaine circulaire de localisation des emplois prenne en compte ces travaux pour envisager les postes à pourvoir, soit dans la CLE sous sa forme actuelle, soit dans une CLE prospective complétant la CLE annuelle, cette dernière se limitant à répartir les postes budgétairement créés. Cela pourrait par exemple faire passer les effectifs de magistrats d’une juridiction en comptant 40 à 100 en effectifs localisés. Evidemment, ceux-ci ne seront pas pourvus immédiatement mais ils seront le signal, l’illustration flagrante des manques. Ils seront aussi une perspective et un engagement à suivre pour les futurs décideurs.

    La question de recrutements exceptionnels, de « passerelles » élargies ou d’une redéfinition du rôle et du statut des MTT pourrait également se poser. L’USM sait être pragmatique. Ainsi, elle propose une simplification des modes de recrutement ainsi qu’une unification des formations, mais notre syndicat ne cédera jamais sur l’exigence d’un niveau de recrutement élevé, d’une formation suffisante et d’un stage probatoire.

    Au contraire de la dernière circulaire de politique pénale où tout est prioritaire, il appartient à ceux qui sont aux responsabilités de dire que la justice française ne peut plus remplir l’intégralité de ses missions et d’en tirer toutes les conséquences. Nous souhaitons donc que le garde des Sceaux réunisse en urgence les organisations syndicales, les associations professionnelles et les conférences pour décider de priorisations dans les contentieux. Nous ne pouvons pas tout traiter et si nous le faisons tout de même, nous le faisons de façon dégradée en ne rendant service ni au justiciable qui mérite une décision de qualité, ni à la Justice qui ne peut être expédiée, ni au magistrat qui engage éventuellement sa responsabilité personnelle et met en jeu sa santé.

    Enfin, il n’est désormais plus admissible d’envisager une réforme, quel qu’en soit le bien fondé, à effectifs et moyens constants.

    Ce référentiel s’il fait naître un immense espoir peut être source de désillusions, d’amertume ou de découragement s’il n’est qu’une perspective à long terme et si nous ne nous en saisissons pas collectivement maintenant. C’est pourquoi vous pouvez compter sur l’USM pour œuvrer à ce qu’il se traduise concrètement et rapidement dans la vie des magistrats.

    Le bureau de l’USM.

    Lire aussi notre communiqué de presse ici.

  • Congrès USM 2022 Aix-en-Provence – Y croire encore !

    Congrès USM 2022 Aix-en-Provence – Y croire encore !

    Le congrès annuel est l’occasion pour l’USM de se retrouver, entre adhérents, pour échanger sur la situation de la justice, les projets de l’USM, les débats actuels.

    Un programme détaillé est à retrouver sur l’espace adhérent.

    Deux tables rondes sont organisées : sur l’évaluation de la charge de travail et sur les procédures disciplinaires.

    Lisez ici le NPJ spécial congrès

    Rapport moral, Ludovic Friat – secrétaire général de l’USM

    Discours de Céline Parisot, Présidente de l’USM

    Motion adoptée