Étiquette : Temps de travail

  • La Tribune de novembre 2021… en action !

    La Tribune de novembre 2021… en action !

    Comme la « blouse blanche » des soignants, la « robe noire » des magistrats ne protège pas des conséquences de « 30 ans d’abandon » de nos institutions.

    L’évocation poignante de la mémoire de notre collègue dans la Tribune du Monde du 23 novembre 2021 (à relire ici ainsi que le communiqué de presse de l’USM ici) était sans équivoque concernant le rythme de travail que l’institution attendait d’elle : « Comme beaucoup, elle a travaillé durant presque tous ses week-ends et ses vacances, mais cela n’a pas suffi ». Chacun d’entre nous, engagé syndicalement ou non, s’y est reconnu et la tribune a été emportée par une vague de plus de 7 000 signataires, dont 5 500 magistrats.

    La question centrale du temps de travail des magistrats est pourtant toujours taboue pour la chancellerie.

    Collectivement, la problématique du temps de travail est portée avec constance par l’USM. Individuellement, elle dégrade, au quotidien, la qualité de vie de nombreux magistrats confrontés à la nécessité de travailler bien au-delà du raisonnable, au préjudice de leur vie de famille ou de leur santé, en s’abstenant de prendre tous leurs jours de congés ou de repos et les empêchant de suivre toutes leurs actions obligatoires de formation.

    La situation est devenue un véritable sujet de mécontentement, mais aussi une cause de souffrance au travail. Les actuels groupes de travail sur l’évaluation de la charge de travail des magistrats ont objectivé ce que nous savons tous : chaque magistrat travaille bien au-delà de son 100% d’ETP (équivalent temps plein).

    La comparaison avec les chiffres de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) est têtue.

     

     

    Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

    C’est assez simple à comprendre : la plupart des magistrats français, depuis des générations, ont intériorisé, voire valorisé, l’idée que notre profession relevait de la vocation, ce qui flattait notre égo, notre image, et nous permettait de tenir. Sans remettre en cause l’idée que notre profession a une place à part et nécessaire dans une société démocratique, pour les nouvelles générations de collègues, il s’agit d’un « très beau métier » mais parmi bien d’autres, tout aussi utiles et importants socialement.

    Il a fallu aussi s’adapter au passage aux 35 heures. Il a été décidé que les magistrats étaient des « cadres au forfait », travaillant sans limite particulière de temps, mais bénéficiant, à titre de compensation forfaitaire, de congés supplémentaires (20 jours dits de RTT). De manière curieuse, notre statut est totalement muet sur ce point et c’est un décret du 25 août 2000 (relatif à toute la fonction publique de l’Etat), complété pour la magistrature par un arrêté du 27 juin 2006, qui pose les bases d’une situation devenue beaucoup trop inconfortable : le magistrat serait un cadre supérieur totalement autonome, s’organisant et travaillant sans limite de temps pour remplir sa tâche !

    L’USM ne cesse pourtant de rappeler tant à la direction des services judiciaires qu’aux conférences des chefs de juridictions (TJ et CA) que les magistrats souhaitent désormais préserver leur vie de famille, prendre leurs vacances et se reposer le week-end (sauf contraintes de permanences qu’ils ne refusent pas), se voir attribuer des journées de repos compensatoire en cas de travail le week-end ou la nuit, bénéficier effectivement d’un droit quotidien au repos de 11 heures (si l’audience se termine à minuit, le magistrat ne retourne pas au tribunal avant 11 heures le lendemain matin) et d’un temps de repos hebdomadaire suffisant.

    Certes, des recrutements importants sont en cours mais leur concrétisation prendra du temps et sont d’ores et déjà accompagnés de l’impératif politique de « diviser par deux » tous les délais de justice mais, également, par l’hypothèque du « coup de rabot » budgétaire actuel, ou à venir.

    Ces attentes trouvent leur complète légitimité dans une directive européenne de 2003 qu’il suffirait d’appliquer aux magistrats pour que les choses s’arrangent … Mais pour pérenniser une politique cynique de gestion de la pénurie, la chancellerie n’a jamais agi, laissant les chefs des cours et tribunaux dans l’attente de consignes qui ne viennent jamais.

    Cette maltraitance institutionnelle, propre au secteur public, pourrait perdurer longtemps. Comme la « blouse blanche » des soignants, la « robe noire » des magistrats ne nous protège pas des conséquences de « 30 ans d’abandon » de nos institutions.

    La « Tribune des 3 000 » s’est fait l’écho puissant des difficultés rencontrées par l’ensemble de notre profession. Les responsables de l’USM et ses adhérents ont massivement signé la Tribune des 3 000, participant ainsi à son succès. L’USM agit aussi avec les armes du droit pour que, à terme, les choses bougent enfin.

    Ainsi, l’USM a proposé et partagé avec d’autres organisations syndicales ou associations professionnelles l’idée d’une plainte auprès de la commission Européenne. Cette plainte a été déposée le 9 février 2022 et est actuellement à l’instruction.

    L’USM a décidé de poursuivre l’action en engageant une action novatrice : nos avocats ont demandé au Premier ministre, par courrier du 28 février, d’abroger les dispositions réglementaires en vigueur concernant notre temps de travail et de prendre enfin de nouvelles dispositions, en adéquation avec les dispositions européennes. En l’absence de réponse, ou en cas de réponse négative, l’USM introduira une action contentieuse.

    Soyez-en sûrs, même si ce n’est pas toujours immédiatement visible, l’USM agit avec détermination. Elle l’a fait pour nos salaires et rémunérations, nous commençons à en voir les fruits. Il en ira de même pour le temps de travail, afin que nos métiers et nos idéaux de vie puissent se conjuguer et retrouver tout leur sens.

    Lisez le courrier adressé par les avocats de l’USM au Premier Ministre :

  • Temps de travail

    Temps de travail

    Le bureau de l’USM a de nouveau saisi la DSJ sur l’encadrement des astreintes et le temps de travail des magistrats.

    Les audiences tardives et la surcharge de travail sont une réalité dans la Justice depuis trop longtemps, sans aucune réaction ni réflexion sérieuse de notre ministère, qui en tant qu’employeur doit veiller aux risques psycho-sociaux en toutes circonstances. L’épuisement au travail existe et se propage pour de nombreux collègues qui en ont déjà témoigné avec beaucoup de dignité mais aussi de douleur !

    L’USM se bat depuis des années pour de meilleures organisations et indemnisations des astreintes (corrélées avec des récupérations) ainsi que pour un respect des temps de travail et de repos des magistrats.

    Est-il normal d’enchainer une semaine de travail, un week-end de permanence et de poursuivre de nouveau sur une semaine de travail sans récupération ?

    Est-il normal de terminer des audiences à des heures tardives (parfois au milieu de la nuit) et de reprendre le matin suivant sans avoir bénéficié d’un temps de repos suffisant ?

    Est-il normal de travailler le soir et/ou pendant ses congés et week-end pour apurer les stocks ?

    La réponse est évidemment non.

    Les magistrats ne sont pas soumis au régime général des 35 heures et n’ont donc pas en dehors des nécessités de service, d’obligation particulière d’assiduité ou de pointage. Pour autant, leur temps de travail n’est pas extensible à l’infini et ils doivent bénéficier de garanties quant à un temps de travail maximum à ne pas dépasser.

    Il s’agit d’un combat que nous n’abandonnerons jamais dans la perspective d’une Justice de qualité pour tous.

    Lire notre courrier.

  • L’USM à Bruxelles

    L’USM à Bruxelles

    Le bureau de l’USM a été entendu le 25 septembre par l’unité droit du travail de la direction générale de l’emploi, affaires sociales et inclusion de la Commission européenne au sujet de notre plainte sur le non-respect par la France du droit de l’Union concernant le temps de travail des magistrats judiciaires (directive 2003/88/CE).

    Nous étions reçus avec les représentantes du syndicat de la magistrature (SM), de l’association française des magistrats instructeurs (AFMI) et de l’association des magistrats de la jeunesse et de la famille (AMJF) qui avaient, courant 2022, porté cette plainte contre la France avec l’USM et avec les collègues qui s’en étaient saisis dans la suite du mouvement de la « tribune des 3000 ».

    La commission souhaitait nous entendre à la suite des observations de l’Etat français -lesquelles ne nous ont pas été transmises- et notamment concernant notre qualité de « travailleurs autonomes », au sens de l’article 17 paragraphe 1 de la directive, permettant des dérogations aux principes sur la durée maximale hebdomadaire du travail, au travail de nuit ainsi qu’aux pauses et repos journalier et hebdomadaire.

    Nous avons pu apporter à la commission une vision « réaliste » de nos conditions de travail, de notre fonctionnement en juridiction et des spécificités de notre métier : notre indépendance dans la sphère de l’acte juridictionnel, garantie de l’Etat de droit, n’est pas synonyme de pleine autonomie dans la sphère organisationnelle, l’organisation du travail nous étant très largement imposée par notre employeur ou par des délais légaux contraints.

    Nous avons également rappelé que les magistrats sont divers et soumis à des régimes ou obligations variés selon que l’on soit au parquet ou au siège, au civil ou au pénal, juge spécialisé ou juge généraliste outre l’accroissement de nos contraintes tels que les services de bibliothèque, de permanence ou d’astreinte.

    Nous avons remis un certain nombre de pièces – dont le « Livre blanc sur la souffrance au travail » ou « le guide vos droits » – et nous adresserons prochainement une note écrite à la Commission européenne.

    L’instruction du dossier se poursuit et il est probable que l’issue de ce contentieux n’intervienne pas avant les prochaines élections européennes de juin 2024.

  • Mouvement des greffiers

    Mouvement des greffiers

    Le bureau de l’USM était présent ce midi, au Tribunal Judiciaire de Paris, aux côtés des greffiers et fonctionnaires qui participaient à la mobilisation de l’UNSa-SJ au soutien de revendications salariales et statutaires.

    Une réunion de négociation a eu lieu, hier après-midi, entre la Direction des Services Judiciaires et les organisations syndicales de fonctionnaires. Des propositions concrètes ont été faites par l’administration. Elles doivent désormais être analysées et discutées par les organisations syndicales avec leurs adhérents et collègues.

    Nous tenions à exprimer clairement notre solidarité avec les greffiers et les personnels judiciaires, s’agissant d’une juste reconnaissance professionnelle.

    Sans eux notre institution ne fonctionnerait pas.

    Comme nous, ils subissent les conséquences d’un sous-dimensionnement ancien et massif de moyens, notamment en termes d’effectifs, faisant que l’institution ne fonctionne que grâce au dévouement de ses personnels.