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  • Tribune USM publiée au Monde

    Tribune USM publiée au Monde

    Le narcotrafic doit être combattu sans relâche parce qu’il se nourrit de notre démocratie libérale

    L’USM est moteur en matière de réflexion et de propositions concernant la lutte contre le crime organisé et le narcotrafic aux fins de donner aux magistrats et aux enquêteurs les moyens de lutter efficacement contre ce péril démocratique majeur.

    Nous avions, en mars 2025, largement communiqué avec notre partenaire UNSa-Police pour solliciter les outils juridiques les plus adaptés.

    Cliquer ici pour lire l’article du site USM.

    Cette semaine nous faisons paraitre une tribune, sous la plume d’Audrey Bailleul, notre déléguée de section à la cour d’appel de Paris et ancienne de la JIRS de Lille, et de Ludovic Friat, président de l’USM, pour rappeler les enjeux de ce combat (services spécialisés renforcés, lutte contre la corruption à tous niveaux, moyens juridiques adaptés et efficaces, un droit clair et cohérent).

    Cliquer là pour accéder à l’article du Monde.

    L’USM estime que ce terrain judiciaire ne peut être abandonné, comme l’a trop longtemps été notre institution pendant 30 ans, sauf à accepter de renoncer collectivement à une part de notre souveraineté et à courir le risque de faire éclore l’idée que cette lutte pourrait être menée sans règle, renonçant alors à notre Etat de droit.

    Voici le texte de notre tribune :

    « Du règlement de comptes au « narchomicide », puis au « meurtre d’intimidation », la sémantique du trafic de stupéfiants révèle une prise de conscience salutaire de la gravité de son emprise sur notre territoire et nos esprits. Mais cette surenchère dans le vocabulaire est-elle également le signe que la France a perdu le combat contre le crime organisé ? S’il s’agit, comme en son temps contre le terrorisme, de mener une guerre, force est alors de constater que nous avons mis du temps pour sonner la mobilisation générale.

    En avril 2024, près de 500 magistrats signaient une tribune [dans Le Monde] alertant sur le « manque abyssal de moyens humains » dans la lutte contre la criminalité organisée. Au mois de mai 2024, à la faveur d’un rapport sénatorial, le monde politique faisait enfin unanimement le constat d’une montée en puissance de la criminalité dite « du haut du spectre » et de l’urgence d’y répliquer par le renforcement, la coordination et la structuration de nos moyens de lutte. Il aura pourtant fallu plus d’un an pour que soit enfin promulguée au Parlement, le 13 juin, la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Un an pendant lequel la France est devenue le pays européen le plus touché par les arrivées massives de cocaïne selon l’Office antistupéfiants, qui note une augmentation de 45 % des saisies de cocaïne au premier semestre 2025 par rapport à l’année 2024, laquelle avait déjà connu une explosion de 130 % par rapport à 2023.

    Pendant cette année d’attentisme, la Belgique et les Pays-Bas, pays où nous assistions sidérés à l’explosion des exécutions et des menaces proférées à l’encontre de personnalités publiques, semblent quant à eux être parvenus à maîtriser l’afflux de drogue aux ports de Rotterdam, d’Amsterdam ou d’Anvers, lequel s’est naturellement déversé dans les ports français.

    Si les mesures emblématiques de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic constituent une avancée, telles la création d’un Parquet national anticriminalité organisée, abritant notamment une cellule de coordination opérationnelle à compétence nationale, ou la mise en place d’établissements pénitentiaires permettant de rompre le lien entre le crime organisé et ses donneurs d’ordre incarcérés, il semble évident aujourd’hui qu’elle ne peut à elle seule atteindre l’objectif fixé. Car tel l’Hydre de Lerne, le trafic international de stupéfiants se régénère sans cesse, et chaque coup porté à ses affaires génère en réaction de nouvelles violences. Dès lors, la question n’est pas : frappons-nous assez fort, mais plutôt frappons-nous bien ?

    Car l’ennemi n’est pas extérieur, il se nourrit de nos faiblesses, mais aussi de nos forces, pour les retourner contre nous, et c’est ce qui le rend si dangereux pour notre démocratie. Le libre-échange est son terreau ; les immenses flux de conteneurs qui sillonnent les océans lui permettent d’accroître en nombre et en quantité les exportations de stupéfiants vers l’Europe tout en minimisant le risque de saisies ou de poursuites. Nos droits fondamentaux sont aussi pour lui un refuge, à commencer par le droit de propriété, qui fait qu’encore aujourd’hui, malgré la loi dite « Warsmann » du 4 juin 2024, les confiscations des biens des délinquants exigent une analyse extrêmement poussée afin de garantir que les biens concernés sont bien la propriété du condamné et que leur confiscation ne porte pas une « atteinte excessive », ni à leur patrimoine ni à leurs droits fondamentaux – lorsqu’il s’agit, par exemple, de confisquer le domicile familial.

    Faut-il pour autant renoncer aux uns pour atteindre les autres ? Reprenant les codes du terrorisme, les narcotrafiquants s’attaquent désormais directement à notre Etat de droit, en défiant nos libertés par l’exercice de violences arbitraires. Parce qu’il se nourrit de notre démocratie libérale, dont il menace de s’approprier jusqu’aux institutions, le narcotrafic doit être combattu sans relâche, grâce à des outils adaptés permettant une réponse ferme et déterminée, mais conforme à nos principes.

    Préserver notre Etat de droit face à ce fléau, c’est d’abord lutter contre la corruption. Avec une puissance financière évaluée au minimum à 5 milliards d’euros, les trafiquants osent tout, sur la base de techniques d’approche ciblées et de menaces polymorphes. Mais que vaudrait cette menace si elle ne trouvait pas à s’exercer au sein de quartiers oubliés, de services publics délabrés et de tribunaux saturés ? La force du trafic, c’est d’abord et avant tout la faiblesse structurelle des moyens consacrés à la lutte.

    Alors que des investigations complexes et parfois dangereuses deviennent impératives, les enquêteurs font cruellement défaut depuis la réforme de la police judiciaire de décembre 2023. Et que vaut la spécialisation affichée d’une poignée de magistrats lorsque ceux-ci sont sans cesse appelés à prêter main-forte aux affaires urgentes de la comparution immédiate ou aux cours criminelles départementales en manque cruel d’effectifs ?

    Au-delà de son nécessaire renforcement, l’arme du droit doit être plus maniable et adaptée. Qui sait qu’aujourd’hui pour traiter une demande relative à la détention provisoire, les magistrats doivent se conformer, selon le cadre de leur saisine, à de multiples délais se comptant parfois en jours, parfois en mois, certains de ces délais impératifs, dont le non-respect entraîne la remise en liberté immédiate du prévenu, ayant encore été récemment modifiés ? Ceci n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres. La simplification de la procédure pénale est un impératif et une urgence. Les magistrats instructeurs et les chambres de l’instruction sont aujourd’hui noyés sous le contentieux de la liberté, et incapables de s’atteler au fond des dossiers.

    Si guerre contre le crime organisé il y a, c’est avec un droit compréhensible, efficace et prévisible que nous serons suffisamment armés pour le combattre ».

  • Affaire Sarkozy, l’USM répond aux attaques

    Affaire Sarkozy, l’USM répond aux attaques

    « Tout le monde sait que les magistrats sont de gauche ! » : mépris de classe ? Racisme anti-juges ?

    Aux politiques disant que dans le dossier Sarkozy, s’agissant d’un ancien président de la République, on aurait pu s’arranger, l’USM répondait : « L’objet de la justice, son office, ce n’est pas d’arranger les choses, c’est de trancher un litige conformément à la règle de droit ». Les évidences doivent inlassablement être rappelées. Retrouvez l’intervention d’Aurélien Martini sur BFMTV.

    Invitée sur le plateau d’Apolline de Malherbe sur BFM à propos de la mise en liberté sous contrôle judiciaire de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, l’USM a dû une nouvelle fois, par la voix de son président, rappeler des fondamentaux.

    L’USM, fidèle à ses valeurs d’apolitisme et aux obligations statutaires des magistrats, ne commente pas une décision de justice motivée en droit et en fait, laquelle n’a pas fait l’objet de commentaires ou d’une demande de modification des parties.

    L’USM refuse d’entrer dans la « bataille de chiffonniers médiatique » dans laquelle certains voudraient l’attraire, visant à désigner les magistrats comme des ennemis politiques, mais dénonce le « mépris de classe politique » ou le « racisme judiciaire » de certains.

    L’USM explique que nos concitoyens sont tout à fait aptes à comprendre le débat et la procédure judiciaire et que non « on n’y comprend pas rien ! » pour peu qu’on leur délivre une parole pédagogique plutôt qu’un positionnement affectif ou politique.

    L’USM indique que le caractère exceptionnel de la situation de ce détenu, justifiant des précautions extraordinaires en détention, justifie sans doute tout autant un contrôle judiciaire spécifique.

    L’USM affirme que le temps judiciaire, celui du procès d’appel, doit désormais s’imposer au temps du procès médiatico-politique et offrir dans l’intérêt de chacun des débats contradictoires et sereins.

    L’USM appelle les médias à suivre au quotidien les débats publics du procès d’appel pour que tout un chacun puisse se faire une opinion éclairée des faits poursuivis et non une impression à partir d’un narratif éloigné du dossier et des débats.

    Retrouvez :

  • Vous ne pouvez pas dire que la justice est laxiste

    Vous ne pouvez pas dire que la justice est laxiste

    Invitée à débattre sur France 5 à propos de la condamnation de l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy, l’USM a dû répondre une nouvelle fois aux critiques sur la justice laxiste et politisée et expliquer les concepts d’association de malfaiteurs et d’exécution provisoire.
    Tant que l’USM, apolitique et apartisane sera majoritaire, nul ne pourra dire que la justice française est politisée. Par ailleurs, tous les indicateurs de sévérité de la justice sont à la hausse, la France incarcère dans la moyenne européenne. Si la justice française est laxiste, alors ce sont toutes les justices européennes qui le sont. Enfin, notre pays a besoin d’une justice capable de répondre efficacement à la délinquance ; à cet égard, il est important de conserver l’infraction d’association de malfaiteurs et de permettre aux juges d’avoir la possibilité de recourir à l’exécution provisoire, ce qu’ils font d’ailleurs dans une décision pénale sur deux, le recours à ce mode d’exécution étant normal, habituel et nécessaire.

    Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l’USM, répond au député RN Laurent Jacobelli dans l’émission C ce soir du 29 septembre 2025 sur France 5 :

    « Tant que la justice sera humaine, elle se trompera, mais il existe des voies de recours pour ça. »

    « Le problème, c’est la surpopulation carcérale. Les juges incarcèrent plus, donc les prisons sont pleines. »

    « Vous ne pouvez pas dire que la justice est laxiste ; vous pouvez le dire, vous pouvez dire des choses fausses. »

    « Ah, vous êtes pour l’exécution provisoire alors ? Pour une justice à 2 vitesses ? »

    « Certains vous diront, il faut supprimer l’association de malfaiteurs, je ne fais pas partie de ceux-là ; certains vous diront, il faut supprimer l’exécution provisoire, je ne fais pas partie de ceux-là ; pour une raison simple : je ne veux pas désarmer, à l’heure où nous parlons, la justice de mon pays. »

    Retrouvez cet échange sur Instagram en cliquant ici.

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  • Justice, le nouveau culte de la performance

    Justice, le nouveau culte de la performance

    Article de Natacha Aubeneau, trésorière nationale de l’USM, publié sur actu-juridique.fr le 09/10/2025.

    « Renforcer la performance de la justice, dans une logique de gestion budgétaire innovante » 

    Sur la page d’accueil du site intranet du ministère de la justice comme sur les réseaux sociaux de ses principaux acteurs, on nous vante désormais la « culture de la performance ». Le 7 juillet 2025, en présence de Gérald Darmanin, ministre d’Etat, garde des Sceaux, et d’Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, une réunion animée par Pascal Prache, directeur des services judiciaires, « a été l’occasion de partager des initiatives concrètes visant à renforcer la performance de la justice, dans une logique de gestion budgétaire innovante ».

    Ainsi, « diffuser la culture de la performance serait un enjeu majeur à tous les étages de nos juridictions ». Est-ce à dire que la Justice se complaisait jusqu’à présent dans la « culture de l’oisiveté » ?

    Quand on recherche une définition de cette expression, la culture de la performance désigne un ensemble de valeurs, de comportements et de pratiques au sein d’une organisation (entreprise, administration, institution, etc.) qui visent à maximiser l’efficacité, la productivité et les résultats. Elle met l’accent sur l’atteinte d’objectifs mesurables, souvent en lien avec des indicateurs de performance.

    Mais la justice est-elle soluble dans ces nouveaux diktats communicationnels performatifs ?

    Faire fi de l’état de délabrement de la justice ?

    Alors que les Etats généraux de la justice ont mis en exergue l’état de délabrement de la justice après 30 ans d’abandon, la logique de performance et d’économie budgétaire viendrait-elle tenter de faire oublier ce constat ? Bien évidemment, en termes d’image, délabrement et abandon résonnent négativement. Pour ne pas sonner le glas d’une institution en grande souffrance, sans doute faut-il trouver des termes plus combatifs pour remettre au travail les troupes dont le moral est à peu près aussi bas que le budget consacré par la France à sa justice !

    Cette nouvelle culture de la performance nous enseigne qu’il faut éviter les gaspillages et mieux répartir les moyens. Mais quand il s’agit de répartir la pénurie, toute proposition d’économie ou de réorganisation fait frémir à tous les étages de nos juridictions…

    Comme la justice n’a pas les moyens de faire face à l’afflux des procédures en toutes matières, on crée des procédures d’urgence pour contourner la longueur des délais de traitement, puis on publie des circulaires qui viennent définir des priorités… Mais il y en a tellement que tout redevient prioritaire, que tout devient urgent. Alors le système s’emballe à nouveau, s’engorge, s’asphyxie.

    L’amélioration de la performance d’une institution délabrée devrait passer par la définition de priorités certes, mais aussi en contrepartie par la désignation claire de ce qui devrait pouvoir être différé voire abandonné, dès lors que tout ne peut pas être traité avec le même soin sans moyens supplémentaires. Il s’agit là d’un choix qui devrait relever du pouvoir décisionnel, politique, et non laissé aux juridictions selon l’état de leurs effectifs, occasionnant chez les magistrats un sentiment de mal-être et de perte du sens de leurs missions.

    Quels outils de reconnaissance et d’encouragement ?

    La culture de la performance devrait à tout le moins avoir pour corollaire la reconnaissance du travail, de l’engagement, de la conscience professionnelle de ceux qui rendent la justice au quotidien, qui se surinvestissent pour que l’appareil judiciaire délabré ne s’effondre pas totalement.

    Mais quels sont les outils de reconnaissance offerts au ministère pour encourager ses agents ?

    La prime modulable (qui varie chaque année en fonction du « mérite ») ? L’évaluation ? La promotion ? S’agit-il vraiment d’outils de reconnaissance ou davantage d’outils de pression supplémentaire quand par exemple, des circulaires viennent imposer l’application par les juges, au mépris de leur indépendance juridictionnelle, d’orientations politiques, faisant fi des moyens à leur disposition pour y parvenir ? Quel signe de reconnaissance adresse-t-on quand les enveloppes allouées chaque année à la prime modulable sont insuffisantes à servir a minima à chaque magistrat normalement méritant le coefficient moyen de 1 qui permettrait d’éviter une baisse de prime à des magistrats qui n’ont pourtant pas démérité ? En quoi l’évaluation permet-elle d’encourager les magistrats ? Quelles perspectives de promotion quand l’évolution du traitement indiciaire (salaire) plafonne pendant des années, dans l’attente de l’adoption prochaine (mais sans cesse retardée) de nouvelles grilles de rémunération progressives et modernisées comme pour le reste de la haute fonction publique ?

    Les budgets sont de plus en plus serrés alors même que les besoins sont immenses. Les coupes déjà annoncées dans les budgets alloués notamment au paiement des magistrats honoraires (retraités) et des magistrats à titre temporaire qui venaient renforcer les effectifs pour tenir les audiences correctionnelles et criminelles (cours d’assises et cours criminelles départementales) ont entrainé dès ce mois de septembre a minima une surcharge de travail pour les magistrats qui ont dû siéger dans ces audiences en sus de leur charge de travail déjà colossale, et  parfois même empêché la tenue de certaines audiences, avec le risque de devoir remettre en liberté des criminels qui n’auront pas pu être jugés dans les délais légaux.

    De quelle performance argue-t-on lorsque les outils numériques dont sont dotées les juridictions sont proprement inadaptés, inopérants, moyenâgeux pour certains ?

    Quantité ou qualité ?

    Mesurer la performance implique une évaluation quantitative qui ne doit pourtant pas faire oublier que le service public de la justice a des objectifs et missions difficilement quantifiables, dont la valeur devrait avant tout être qualitative plus que quantitative.

    La tribune dite des 3000 a dénoncé la perte de sens, une justice qui chronomètre tout au point de déshumaniser son rôle tant pour les justiciables que pour ceux qui la rendent. Alors que le ressenti de la souffrance au travail est à son paroxysme dans les juridictions, pourquoi la Direction des services judiciaires du ministère ne divulgue-t-elle pas les chiffres sur le nombre d’arrêts de travail pour épuisement professionnel, longue maladie, ou le nombre de décès prématurés dans la magistrature ?

    La recherche de la performance fait naitre des tensions entre les acteurs du monde judiciaire, magistrats, greffiers et fonctionnaires, avocats et autres partenaires, qui n’ont plus le temps de se parler. Car la performance impose un rythme et une productivité peu propices à l’échange et au partenariat, que pourtant on vient encourager par ailleurs à grand renfort de circulaires, avec pour exemple les circulaires sur la lutte contre les violences intra-familiales et de politique civile, dans un refus obstiné de prioriser en tenant compte de la réalité de la pénurie de moyens.  

    La tribune « La justice va dans le mur » publiée dans le journal Le Monde et qui fait suite à la tribune des 3000 a encore dénoncé l’insuffisance des moyens alloués à la justice qui ne lui permet donc pas de fonctionner correctement.

    Alors que la justice ne tient que grâce au surinvestissement et à la conscience professionnelle de ceux qui la rendent, comment évaluer la performance sans outil d’évaluation des charges de travail ? Après que la Cour des comptes a plusieurs fois dénoncé l’absence d’outil d’évaluation de la charge de travail des magistrats, la Direction des services judiciaires a fini par faire renaitre de ses cendres en 2021 un groupe de travail (créé en 2011) qui a élaboré des tables de référence détaillées, établies fonction par fonction, au terme de deux ans de travaux intensifs et consensuels, dont les référentiels n’ont pourtant pas été mis en œuvre ? Alors que les présidents de tribunaux judiciaires ont pu chiffrer les besoins urgents d’effectifs de magistrats à +35% (uniquement pour le siège en première instance et sans apurement des stocks) grâce à un outil d’évaluation de la charge de travail qu’ils ont eux-mêmes créé, pourquoi ces besoins vitaux sont-ils ignorés ?

    Alors que la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) place encore la France dans les derniers rangs des pays européens comparables dans son dernier rapport d’évaluation des systèmes judiciaires européens, pourquoi le ministère cherche-t-il encore à minimiser, contester voire écarter ces chiffres ? Au lieu de tenir compte des conclusions du groupe de travail sur l’évaluation de la charge de travail des magistrats qui prônent un doublement des effectifs a minima, le ministère a lancé une étude de temps pour confronter ces conclusions au terrain, confiée à Cap Gemini, dont les résultats se font toujours attendre.

    Comment anticiper les besoins humains dans les juridictions quand aucune circulaire de localisation des emplois n’a été adoptée entre 2022 et 2025 et quand le ministère se refuse à tenir compte d’une projection des besoins à moyen terme ? La performance n’implique-t-elle pas de fixer des objectifs ?

    Lors de cette réunion du 7 juillet consacrée à la performance, il a encore été question de Z-score, « un outil d’aide à la décision pour rénover les dialogues de gestion » pour « engager une logique de performance et d’efficience visible ». Il paraît utile de rappeler que Z-score est un outil de scoring (évaluation) des entreprises, créé dans les années 1960, très répandu dans les entreprises anglo-saxonnes, basé sur des critères exclusivement financiers afin d’évaluer la santé financière des entreprises et de prédire les faillites. Le z-score permet aussi de normaliser les données afin de les comparer sur une base commune, raison pour laquelle il est ici décliné dans l’objectif de comparer les statistiques des juridictions. Mais encore faut-il qu’il reste l’outil d’analyse comparative présenté et ne devienne pas le juge de paix de la compétitivité judiciaire classant chacun parmi les bons et les mauvais quelles qu’en soient les causes structurelles ou conjoncturelles. Car à force de combiner, agréger, écarter certaines données, on tire le tout vers le bas et on obtient des chiffres qui rassurent les politiques soucieux de faire des économies mais ne peuvent qu’inquiéter les acteurs du monde judiciaire bien conscients que la justice est au bord de la faillite institutionnelle…

    Conclusion

    Alors que la justice est au bord de l’implosion après 30 ans d’abandon, cet appel à la culture de la performance, mal adapté au contexte humain, ne peut être que douloureusement perçu par tous ceux qui ne comptent pas leurs heures pour maintenir à flot une institution judiciaire qui prend l’eau de toutes parts.

    Le bateau justice est en train de sombrer pendant que les membres de l’équipage encouragent la performance de ceux qui écopent à la petite cuillère.

  • Critiques des décisions de justice : l’USM en défense des collègues

    Critiques des décisions de justice : l’USM en défense des collègues

    Veille médias

    L’actualité récente a encore une fois permis une critique assez débridée des magistrats. Le garde des Sceaux a ainsi écrit à propos des infractions commises après la victoire du Paris Saint Germain : « une partie des condamnations pour violences (…) ne sont plus à la hauteur de la violence que connaît notre pays ». D’autres responsables politiques ont aussi pointé le « laxisme » de l’institution judiciaire.

    Dans le même temps, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer la décision des juges d’instruction de la JUNALCO de faire extraire Mohamed AMRA pour l’entendre, le juge refusant de se déplacer et préférant rester « confortablement » dans son bureau « au chaud à Paris ».

    Ces attaques en règle contre des magistrats qui luttent chaque jour pour rendre la justice ne sont pas restées sans réponse. Le bureau de l’USM s’est mobilisé et a répondu à plus d’une trentaine de sollicitations dans la presse (TV, radio, écrite).

    Nous avons rappelé que :

    • Il n’appartient pas au garde des Sceaux de critiquer les décisions de justice, il ne peut être un commentateur de décisions juridictionnelles rendues par un tribunal indépendant et impartial.
    • Il appartient aux parlementaires de changer la loi s’ils l’estiment inadaptée à la délinquance, les magistrats l’appliqueront dans le respect de l’Etat de droit.
    • La justice française n’est pas laxiste, elle incarcère dans la moyenne des pays européens et le quantum des peines fermes a substantiellement augmenté ces 5 dernières années et continue de le faire.
    • Notre pays se distingue en revanche par un taux de surpopulation carcérale très important, parmi les plus élevés en Europe.
    • L’Etat ne peut se dire impuissant à extraire un détenu, serait-il très dangereux. Il y va de la crédibilité de la puissance publique et de ceux qui la servent. Lutter contre le crime organisé, c’est aussi permettre à un juge d’instruction d’extraire un mis en cause pour l’entendre.
    • La liberté des magistrats dans la conduite des enquêtes – dont ils répondent – doit être respectée. Les magistrats sont par ailleurs conscients des difficultés relatives aux extractions et responsables.

    Le procureur général près la cour de cassation est également intervenu pour défendre l’institution judiciaire.

    Le premier Président de la cour d’appel de Paris a de son côté publié un communiqué (à lire ici).

    Vous retrouverez ci-dessous certaines de nos interventions dans les médias :

    TV

    BFM TV à 1h05

    BFM TV

    France info – Les informés

    BFM RMC

    BFM RMC Apolline de Malherbe à 23 min 45 s

    M6 – le 12h45 à 3min

    BFM TV à compter de 29 min

    France info TV le 18 20 à 1h20min

    BFM

    Radio

    Sud Radio – Les vraies voix

    France info radio

    Presse écrite

    Le Monde

    La Dépêche

    La nouvelle République

    Ouest France

    Le Nouvel Obs

    20 Minutes

    Vous pouvez compter sur notre détermination la plus totale. Nous ne laisserons pas la magistrature critiquer sous de faux prétextes et lui faire endosser des responsabilités qui ne sont pas les siennes.

  • Mineurs délinquants : la proposition de loi Attal

    Mineurs délinquants : la proposition de loi Attal

    Les débats parlementaires relatifs à la proposition de loi (PPL) de Gabriel Attal visant à restaurer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents ont commencé mercredi soir et ont abouti à un vote jeudi, lequel a réintroduit la comparution immédiate des mineurs ainsi que l’inversion du principe de l’atténuation de peine, qui devient une exception pour les plus de 16 ans.

    Nous avons été entendus à l’Assemblée nationale le 19 novembre dernier, et fait part de nos réserves.

    La commission des lois du Sénat, en l’absence d’une partie de ses membres, avait profondément modifié le texte initial de la PPL Attal, donnant plus de souplesse aux magistrats dans le recours à la procédure « d’audience unique », qui déroge à la césure, écartant ainsi la mise en œuvre d’une comparution immédiate dérogatoire. Elle avait également écarté les dispositions visant à restreindre le champ de la minoration de peine (« excuse de minorité »). Les commentateurs politiques s’attendent cependant à ce que la loi soit « durcie » par la majorité sénatoriale à l’occasion de la navette.

    Le garde des Sceaux a fait des annonces ce matin, 14 février 2025, et a notamment proposé :

    • une mesure de couvre-feu judiciaire pour les mineurs délinquants,
    • une sanction lorsqu’une mesure éducative n’est pas respectée,
    • le renforcement de l’usage du bracelet électronique voire son extension aux moins de 16 ans,
    • la création d’une injonction d’assistance éducative pour les parents
    • des assesseurs « jurés populaires » dans les juridictions répressives pour mineurs.

    Si les magistrats ne font pas la loi, ils l’appliquent et parfois, l’interprètent. Leur connaissance des sujets judiciaires, qui peut déboucher sur des évolutions jurisprudentielles ou des demandes d’évolution législative, méritent d’être prise en compte. L’USM, syndicat majoritaire et apolitique, entend donner un avis technique – et non politique – sur les mesures proposées rappelant que la très grande majorité des professionnels de l’enfance en danger et délinquante n’ont pas émis le souhait d’une nouvelle réforme, la dernière – le code de justice pénale des mineurs (CJPM) – remontant à 3 ans (septembre 2021).

    Les outils juridiques adéquats, issus du CJPM, existent et répondent à la plupart des situations dénoncées, mais ils souffrent avant tout du manque de personnels judiciaires, éducatifs et pénitentiaires ainsi que de moyens adaptés pour les mettre efficacement en œuvre et produire, tout à la fois, une justice de qualité dans un temps raisonnable, tout en respectant les nécessaires spécificités de la justice des mineurs.

    A l’analyse, cette proposition de réforme fait opportunément l’impasse sur les conséquences des carences des décideurs et pouvoirs publics en termes de moyens de la justice des mineurs et se garde de s’attaquer aux maux de l’assistance éducative, pour laquelle l’Etat et les collectivités se sont affranchis de leurs obligations de diligence et de moyens. Ainsi, il faut souvent près ou plus d’un an pour mettre en œuvre une mesure d’assistance éducative prononcée par un juge des enfants, la situation du mineur en danger ne pouvant que s’aggraver pendant ce délai, sachant qu’un mineur en danger est, plus que tout autre, susceptible d’être victime de faits parfois graves, ou de devenir à son tour dangereux.

    Intervenir, prendre en charge et juger plus vite au pénal, pour quoi faire ? si la phase post sentencielle ne bénéficie pas d’une meilleure prise en charge que l’actuelle phase de mise à l’épreuve éducative.

    L’USM est présente dans les médias pour faire valoir encore et toujours sa position : notre justice des mineurs à besoins de stabilité juridique et de moyens, de lieux d’accueil, d’éducateurs, d’agents pénitentiaires, de magistrats et de greffiers pour remplir correctement sa mission.

    Ces professionnels impliqués ont besoin du soutien de la représentation nationale et de nos concitoyens pour choisir et individualiser la meilleure réponse pénale mais également mettre en œuvre une assistance éducative efficace, rapide et concrète pour une meilleure prévention du basculement vers la délinquance.

    Toute réforme, qu’elle soit considérée comme « sécuritaire » ou « laxiste », « exigée par l’opinion publique » ou « découlant d’un bon sens », ne peut pas faire l’économie de ces réalités. Notre jeunesse en danger, que celui-ci soit subi par les mineurs ou retourné sous forme de violence contre la société dont ils sont issus, en a besoin.

    Vous retrouverez nos principaux passages ci-dessous :

    Apolline de Malherbe RMC 6h45

    https://rmc.bfmtv.com/replay-emissions/apolline-matin/3-questions-pour-comprendre-vers-un-durcissement-de-la-justice-des-mineurs-12-02_VN-202502120160.html

    France info TV 8h30

    https://www.francetvinfo.fr/societe/justice/justice-face-a-la-hausse-des-mineurs-delinquants-les-outils-existent-et-il-faut-pouvoir-avoir-les-moyens-de-les-mettre-en-uvre-utilement-explique-ludovic-friat_7069967.html

    BFM 12h50

    https://www.bfmtv.com/police-justice/proposition-de-loi-sur-la-justice-des-mineurs-aujourd-hui-nous-n-avons-pas-les-moyens-estime-un-magistrat_VN-202502120464.html

    France info TV 14h50

    https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/franceinfo/le-14h-16h/jt-le-14h-16h-mercredi-12-fevrier-2025_7070499.html (à partir de 1h06min sur la vidéo)

    Nous avons également été interrogés et cités par la presse écrite, notamment ici.

    Relisez également notre dernier article sur ce sujet : Réformer la justice des mineurs : stop ou encore ? – Union Syndicale des Magistrats 

    Et retrouverez nos précédentes communications :

  • Tempête médiatique autour du procès des assistants parlementaires du RN: l’USM rappelle les fondamentaux

    Tempête médiatique autour du procès des assistants parlementaires du RN: l’USM rappelle les fondamentaux

    Vous avez tous suivi le tumulte médiatique après les réquisitions du ministère public dans le procès en correctionnelle des assistants parlementaires européens du Rassemblement National.

    L’USM a hésité à s’exprimer et s’exposer dans un débat nécessairement très politique, le procès médiatique prenant le pas sur le procès judiciaire, et alors que l’audience se poursuit par les plaidoiries des avocats des nombreux prévenus et de la mise en délibéré à plusieurs semaines de la décision.

    Nous sommes néanmoins intervenus pour rappeler les fondamentaux de l’État de droit, la réalité du fonctionnement de l’institution judiciaire et nous employer inlassablement à déconstruire « le fantasme du gouvernement des juges », ceux-ci appliquant, en l’individualisant, la loi de la République telle que votée par les parlementaires.

    Nous sommes également intervenus auprès de divers réseaux sociaux ou instances de régulation, en faisant des signalements concernant des post et messages appelant, notamment, à des actes de violence à l’encontre des magistrats.

    Vous trouverez ci-joint quelques-unes de nos interventions :

    https://www.bfmtv.com/politique/ineligibilite-requise-contre-marine-le-pen-l-independance-n-est-pas-un-droit-pour-le-magistrat-c-est-un-devoir-explique-aurelien-martini-union-syndicale-des-magistrats_VN-202411141014.html


    https://www.bfmtv.com/politique/ineligibilite-requise-contre-marine-le-pen-ce-n-est-pas-un-acte-politique-c-est-un-acte-juridictionnel-affirme-le-magistrat-et-syndicaliste-aurelien-martini_VN-202411150983.html


    https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/vrai-ou-faux-proces-des-assistants-parlementaires-du-fn-la-procureure-a-t-elle-vraiment-dit-ca-me-ferait-trop-mal-de-demander-la-relaxe_6871028.html


    https://www.francetvinfo.fr/politique/front-national/affaire-des-assistants-fn-au-parlement-europeen/proces-des-assistants-parlementaires-du-fn-il-n-y-a-pas-de-gouvernement-des-juges-affirme-le-president-de-l-union-syndicale-des-magistrats_6896798.html


    https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/grille-des-emissions.html (@Maureen Suignard à 10h09)

  • Affaire Philippine

    Affaire Philippine

    Dans les suites de l’affaire Philippine, dans laquelle la Justice est mise en cause, le bureau de l’USM a été sollicité  par plusieurs médias.

    Voici quelques liens vers différents médias dans lesquels sont intervenus avec beaucoup de pédagogie Ludovic FRIAT, président de l’USM, et Aurélien MARTINI, secrétaire général adjoint, non pour évoquer l’affaire mais pour rappeler les principes gouvernant la Justice, notamment le fonctionnement de la chaîne pénale et la procédure en matière de droits des étrangers, avec une compétence judiciaire limitée, ainsi que les difficultés en lien avec les questions diplomatiques, notamment pour l’obtention du laisser passer diplomatique.

    Vous trouverez ci-joint quelques liens relatifs à ces interventions :

    BFMTV : rétention, faut-il étendre la durée maximale ?

    Francetvinfo.fr/replay-radio/grille-des-emissions.html  (créneau 7h10)

    Linkedin_ludovicfriat_Inexécution des peines, de quoi parle-t-on?

    Meurtre de Philippine : cinq questions sur les OQTF et les laissez-passer consulaires (francetvinfo.fr)

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/entretien-assassinat-de-philippe-a-grande-synthe-les-magistrats-de-plus-en-plus-confrontes-aux-vengeances-initiees-sur-les-reseaux-sociaux

    https://www.rtl.fr/programmes/les-invites-de-rtl/7900421896-meurtre-de-philippine-3-questions-a-ludovic-friat

  • Veille médias

    Veille médias

    Le bureau national de l’USM a été sollicité à de multiples reprises par les médias ces derniers jours au sujet des annonces du garde des Sceaux visant à renforcer la lutte contre le crime organisé mais aussi sur la délinquance des mineurs.

    Ainsi l’USM, par la voix de son président, est intervenue sur France Info, le JT de France 2, le 6 mn de M6, Cnews, l’AFP, Radio Classique et Sud Radio.

    Nous avions précédemment communiqué dans la suite de l’audition de nos collègues de la JIRS de Marseille, ainsi que des chefs de juridiction, par une commission d’enquête parlementaire suivie d’une réaction très commentée du garde des Sceaux. Retrouvez ici nos articles :

    Nous avons pu rappeler que l’USM faisait le constat d’une hausse de la menace, un rapport Europol parlant d’une « menace majeure pour la sécurité intérieure européenne » et recensant 821 réseaux criminels.

    Cette réalité nécessite un redimensionnement des moyens de la police judiciaire et de la justice pour lutter contre le crime organisé.

    Deux axes apparaissent complémentaires et nécessaires :

    • Des moyens en enquêteurs formés, spécialisés et filiarisés, davantage d’assistants spécialisés et des magistrats formés et en nombre suffisant ainsi que des moyens informatiques adaptés ;
    • Un travail nécessaire sur un arsenal juridique modernisé avec notamment une évolution du statut du « repenti », un possible élargissement du champ de compétence des cours d’assises spécialisées, une réflexion quant à une infraction d’association de malfaiteurs « maffieux », un régime carcéral adapté, des moyens contre les risques de destruction de preuves ou de violation du secret de l’instruction, l’utilisation de techniques spéciales d’enquête empruntées au renseignement…

    Nous avons insisté sur l’absolue nécessité de ne pas oublier la lutte contre la grande délinquance économique et financière et le blanchiment, via des places « off-shore », seul moyen de lutter efficacement contre le crime organisé qui dispose de moyens financiers colossaux ainsi que de moyens, notamment financiers ou cyber, de plus en plus sophistiqués.

    Nous ne nous sommes pas prononcés sur le principe de la création d’un parquet national, la véritable question se situant au niveau des moyens consentis et de l’articulation avec les JIRS, voire les juges de droit commun contraints de traiter des dossiers infra-JIRS.

    L’USM prendra toute sa part dans le travail de préfiguration et de concertation qui va s’ouvrir pour la mise en forme des réformes annoncées.

    Vous trouverez ci-après quelques liens de nos interventions sur le crime organisé :

    Radio classique

    France Info

    mais aussi sur les mineurs :

    Le téléphone sonne – France Inter – sur les jeunes et l’autorité, avec Aurélien Martini (SGA de l’USM)

    Apolline Matin sur RMC – « Excuse de minorité, l’inquiétude des magistrats »

  • Enfants placés : à quand les moyens de les protéger ?

    Enfants placés : à quand les moyens de les protéger ?

    Retrouvez une interview de notre vice-présidente, Cécile Mamelin, qui s’est exprimée dans le journal de France 3 Hauts de France, sur les difficultés liées au placement des mineurs en famille d’accueil : elle y dénonce encore et toujours un manque de moyens qui nuit à la protection de l’enfance de manière générale, aussi bien du côté des services éducatifs et de l’aide sociale à l’enfance, que du côté des juges des enfants, qui sont parmi les magistrats spécialisés les plus surchargés. Cela est encore plus particulièrement vrai dans la région des Hauts de France qui compte le plus grand nombre de mineurs suivis en assistance éducative.

    L’objectif de la loi n°2007-293 du 5 mars 2007 de déjudiciariser la protection de l’enfance au profit des conseils départementaux a en effet échoué : le nombre de saisines de l’autorité judiciaire n’a cessé d’augmenter, puisque près de 80% des mesures éducatives sont judiciaires ; or les moyens n’ont pas suivi, ce qui crée notamment des retards dans la mise à exécution des mesures ordonnées.

    A quand un véritable débat national sur la question de l’enfance qui doit être une priorité non pas seulement dans les paroles mais dans les actes  ?

    Replay disponible du 12 au 19 mars ici

    Retrouvez aussi l‘interview de Karolina Siejka, juge des enfants à Lille, dans la Voix du Nord du 7 février 2024.

  • Ludovic Friat sur Europe 1

    Ludovic Friat sur Europe 1

    Ludovic Friat, président de l’USM, répond sur les ondes d’Europe 1 aux questions d’Alexandre Le Mer sur la promesse du gouvernement de rendre la justice plus rapide (délais et stocks divisés par deux) grâce aux moyens budgétaires et humains supplémentaires mis en œuvre.

    S’il est logique qu’un politique soit ambitieux, il est nécessaire que les praticiens du droit et notre syndicat soient réalistes.

    Vous trouverez son intervention en cliquant sur ce lien (podcast)

  • Qu’est-ce que l’injustice?

    Qu’est-ce que l’injustice?

    Cécile Mamelin, vice-présidente de l’USM, est dans l’émission d’Ali Rebeihi sur France Inter, « Grand bien vous fasse », ce 23 janvier 2024.

    Si l’injustice est définie comme un acte ou une décision contraire à la justice, comprendre les mécanismes de l’injustice permet de définir ce qu’est la justice.

    Combien d’injustice ont été commises au nom du droit, de la loi et de la société ?

    Quand l’institution judiciaire maltraite et broie les individus ordinaires.

    Pour réfléchir à ces questions, une magistrate (Cécile Mamelin), une avocate pénaliste (Laure Heinich), un journaliste (François Forestier) et une philosophe (Laurence Devillairs).

    Ecoutez ici !

    Quelques citations entendues dans l’émission :

    Laure Heinich : « Les histoires de moyens sont aussi une histoire de volonté politique ». « On va juger comme on soigne, c’est à dire très mal et sans moyens ». « La première loi qui ment c’est « les Hommes naissent libres et égaux en droits ». Dès la naissance, il y a une injustice, c’est aux politiques de la réparer. »

    Cécile Mamelin : « La justice, c’est la force du droit ». « Le magistrat est censé être impartial et indépendant mais les juges sont des êtres humains, il y a nécessairement une part de subjectivité mais notre formation vise à la réduire au maximum ». On dit la justice laxiste mais on n’obtiendra jamais, dans aucune société, le risque zéro en termes de délinquance.

    Laurence Devillairs : « Peut-on fonder une justice et même une morale sur les sentiments, comme le sentiment d’injustice ? » « Le sentiment une matière à la fois indispensable et dangereuse ». C’est dangereux de ne se fier qu’aux sentiments mais l’injustice renvoie à l’idée du mal.

    François Forestier : « La loi et la justice sont d’une certaine façon des fantasmes », elles changent en fonction du lieu, de l’époque, de l’idéologie dominante. « Nous sommes tous producteurs de jugement, selon nos critères personnels. »