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  • Situation des juges au Yémen

    Situation des juges au Yémen

    Après avoir reçu un appel de l’association des Juges du Yémen faisant part de leur extrême inquiétude pour la vie et la liberté de l’un de leurs collègues et demandant de dénoncer ce crime contre les juges du Yémen et de condamner ses auteurs, le Président de l’Union internationale des magistrats, M. Duro Sessa, ainsi que la vice-présidente de l’UIM et présidente du groupe ANAO, Mme Allyson Duncan, ont publié une déclaration, dont voici une traduction :

    Il a été porté à l’attention de l’Union internationale des magistrats (UIM-IAJ) et de l’ANAO (groupe régional Asie-Amérique du Nord-Océanie), qui comprend le Yémen, qu’un membre de l’association des juges yéménites a récemment été expulsé de son domicile vers un lieu inconnu et pourrait être en danger. Le juge Abdul Wahab Qatran a été arrêté et serait détenu dans un lieu inconnu. Les membres de sa famille ne savent pas où il se trouve et craignent pour sa sécurité.

    L’UIM est une organisation internationale non partisane fondée à Salzbourg en 1953 et se consacre à la promotion de l’indépendance du pouvoir judiciaire et à la préservation de l’État de droit. L’UIM défend le principe fondamental selon lequel les juges doivent pouvoir exercer les pouvoirs de leur charge sans crainte d’ingérence ou de représailles. Nous espérons sincèrement que le gouvernement du Yémen prendra des mesures pour garantir et protéger les principes fondamentaux de l’indépendance du pouvoir judiciaire et de l’État de droit. Nous en appelons aux membres de la communauté internationale au Yémen et au rapporteur de la mission spéciale des Nations Unies sur l’indépendance des juges et des avocats pour orienter leurs efforts vers la résolution de cette situation.

  • Commission européenne

    Commission européenne

    Le bureau de l’USM a été entendu à Bruxelles le 25 septembre 2023 par l’unité droit du travail de la direction générale de l’emploi, affaires sociales et inclusion de la Commission européenne au sujet de notre plainte sur le non-respect par la France du droit de l’Union concernant le temps de travail des magistrats judiciaires (directive 2003/88/CE).

    Nous étions reçus avec les représentantes du syndicat de la magistrature (SM), de l’association française des magistrats instructeurs (AFMI) et de l’association des magistrats de la jeunesse et de la famille (AMJF) qui avaient, courant 2022, porté cette plainte contre la France avec l’USM également avec les collègues qui s’en étaient saisis individuellement, dans la suite du mouvement de la « tribune des 3000 ».

    La commission souhaitait nous entendre à la suite des observations de l’Etat français -lesquelles ne nous ont pas été transmises- et notamment concernant notre qualité de « travailleurs autonomes », au sens de l’article 17 paragraphe 1 de la directive, permettant des dérogations aux principes sur la durée maximale hebdomadaire du travail, au travail de nuit ainsi qu’aux pauses et repos journalier et hebdomadaire.

    Nous avons pu apporter à la commission une vision « réaliste » de nos conditions de travail, de notre fonctionnement en juridiction et des spécificités de notre métier : notre indépendance dans la sphère de l’acte juridictionnel, garantie de l’Etat de droit, n’est pas synonyme de pleine autonomie dans la sphère organisationnelle, l’organisation du travail nous étant très largement imposée par notre employeur ou par des délais légaux contraints.

     Nous avons également rappelé que les magistrats sont divers et soumis à des régimes ou obligations variés selon que l’on soit au parquet ou au siège, au civil ou au pénal, juge spécialisé ou juge généraliste outre l’accroissement de nos contraintes tels que les services de bibliothèque, de permanence ou d’astreinte.

     Nous avons remis un certain nombre de pièces – dont le « Livre blanc sur la souffrance au travail » ou « le guide vos droits » – et nous adresserons prochainement une note écrite à la Commission européenne.

     L’instruction du dossier se poursuit et il est probable que l’issue de ce contentieux n’intervienne pas avant les prochaines élections européennes de juin 2024.

  • L’USM à Taïwan

    L’USM à Taïwan

    L’Union Internationale des Magistrats (UIM) ou International Association of Judges (IAJ) tenait son 65ème congrès du 16 au 21 septembre 2023 à Taïwan.

    Ce congrès réunissait des délégations d’associations de magistrats des 92 pays membres de l’UIM. Une seule association ou un seul syndicat de magistrats peut représenter son pays. L’USM, en qualité de membre fondateur de l’UIM et de l’AEM (groupe européen de cette association mondiale), y représente la France.

    Christophe REGNARD participait à ce congrès en sa qualité de président d’honneur de l’UIM-IAJ, et l’USM y était en outre représentée par Cécile MAMELIN, Alexandra VAILLANT, Aurélien MARTINI, Natacha AUBENEAU et Catherine VANDIER, membres du bureau national de l’USM.

    Lors de ce congrès ont été élus le nouveau président de l’AEM (Association européenne des magistrats) et le nouveau président de l’UIM.

    Pendant tout le congrès, l’USM a participé aux échanges avec les délégations venues du monde entier et a rappelé l’importance de ses actions pour l’indépendance de la justice, l’état de droit et la démocratie, en France, comme à l’étranger.

    Lisez l’article d’Aurélien Martini publié dans le NPJ n°445

  • L’USM à Athènes

    L’USM à Athènes

    L’USM a participé au congrès annuel de l’Association européenne des magistrats (AEM), qui se tenait à Athènes du 1er au 3 juin. L’AEM, plus grande association de juges en Europe comptant 44 pays membres, a pour vocation de promouvoir en Europe les buts de l’Union internationale des magistrats (IAJ-UIM), dont l’USM est membre fondateur : « Sauvegarder l’indépendance du pouvoir judiciaire, condition essentielle de la fonction juridictionnelle et garantie des droits et libertés humains ». A ce titre, elle entend développer une coopération européenne plus étroite dans tous les domaines se rapportant aux pouvoirs judiciaires des états.

    Lors de l’ouverture du congrès, Duro Sessa, magistrat croate et président de l’AEM, a insisté sur l’impérieuse nécessité de défendre une Justice attaquée de toutes parts. Il a évoqué la liberté d’expression des magistrats et la sérénité des débats permettant à un juge de prendre une décision sans subir de pressions, sans peur de représailles. Dans un contexte international particulièrement préoccupant, il a appelé à la solidarité entre magistrats européens et rendu hommage à la force du collectif pour porter la voix d’une Justice indépendante.

    Alors que la Justice française fait l’objet d’attaques récurrentes de la part de femmes et d’hommes politiques, sans aucune réaction des acteurs institutionnels censés la défendre, l’USM a noté avec intérêt la présence du maire d’Athènes, du secrétaire général à la Justice et aux droits de l’homme ainsi que du secrétaire d’Etat à la Justice grecque lors de l’ouverture du Congrès. Le maire d’Athènes a défini la Justice comme une alliée pour la défense de la démocratie pendant que le secrétaire général à la Justice rappelait qu’il ne pouvait y avoir de démocratie sans indépendance de la Justice.

    Lors des travaux de l’AEM, plusieurs pays membres ont évoqué les différentes attaques et difficultés auxquelles ils étaient confrontés : baisse drastique des rémunérations en Croatie et en Lituanie, réduction des retraites en Pologne, atteintes à l’inamovibilité des juges en Arménie, processus électoral des membres du conseil supérieur de la Justice sujet à caution en Bulgarie, situation globale toujours préoccupante en Hongrie et absence de dialogue social.

    La délégation ukrainienne, présente malgré la guerre, a projeté une vidéo des bombardements des tribunaux dans le pays et a sollicité une nouvelle aide financière pour le personnel judiciaire comme l’année précédente (l’USM a versé une contribution l’année dernière, contribution qui sera renouvelée cette année).

    S’agissant de la France, l’USM a proposé une motion, votée à l’unanimité, reproduite ci-après, pour alerter sur les risques d’atteintes à l’indépendance de l’autorité judiciaire contenus dans le projet de loi organique débattu devant le Parlement.

    Lisez l’article de Cécile Mamelin et Alexandra Vaillant publié dans le NPJ n°444.

  • L’USM à Tel Aviv

    L’USM à Tel Aviv

    L’USM représentait la France au congrès de l’Union internationale des magistrats en Israël du 18 au 22 septembre 2022.

    Rappel : L’USM est membre fondateur de l’Union Internationale des Magistrats (UIM), créée en 1953, qui réunit 94 associations nationales de magistrats sur les 5 continents. L’UIM a pour mission principale de « sauvegarder l’indépendance du pouvoir judiciaire, condition essentielle de la fonction juridictionnelle et garantie des droits et libertés humains ». L’UIM bénéficie du statut d’observateur auprès de l’ONU et du Conseil de l’Europe. Elle entretient des liens privilégiés avec le rapporteur spécial des Nations Unies pour l’indépendance des juges et des avocats. Elle apporte son soutien aux associations membres qui sollicitent son assistance lorsque la justice ou les magistrats de leur pays sont en difficulté. L’UIM comporte 4 groupes régionaux, dont l’Association Européenne des Magistrats (AEM), qui comporte 44 membres.

    Après deux années sans congrès en présentiel pour cause de pandémie, le dernier ayant eu lieu au Kazakhstan en 2019, les membres de l’UIM ont pu se retrouver lors du congrès organisé cette année à Tel Aviv, par l’association Israélienne des juges (ILAJ, Israeli Association of Judges).

    Ce congrès a réuni environ 300 participants de 71 pays. Chacun des présidents des groupes régionaux (Europe, Afrique, Asie et Amérique du Nord, groupe ibéro-américain) a présenté une synthèse de ses activités annuelles.

    L’UIM comprend 4 commissions d’étude qui travaillent sur :

    • 1ère commission : organisation judiciaire, statut des magistrats, protection des libertés individuelles
    • 2ème commission : droit civil et procédure civile
    • 3ème commission : droit pénal et procédure pénale
    • 4ème commission : droit public et social

    En 2022, l’USM a participé activement aux travaux de 3 des quatre commissions d’étude, sur les thèmes suivants : 1/ Procédures disciplinaires et indépendance judiciaire ; 2/ Les procès virtuels civils ; 4/ Lieux de travail et indépendance judiciaire. Vous pouvez retrouver tous les rapports annuels des commissions d’étude sur le site de l’IAJ-UIM.

    Au sein de l’AEM, Céline Parisot, présidente de l’USM, dirige le groupe de travail « Ways to Brussels » qui a pour objet d’assurer le suivi des initiatives législatives des institutions de l’Union européenne qui pourraient avoir un impact sur les systèmes judiciaires des Etats membres.

    L’objet de ces congrès est également de débattre de la situation de la justice et des magistrats à travers le monde. Dans le cadre des travaux de la 1ère commission d’études, a été évoquée la situation de conflit d’intérêt de notre ministre de la justice.

    Des témoignages poignants ont été exposés sur la situation particulière de nos collègues :

    • En Tunisie, où le CSM a été dissous et remplacé par un conseil provisoire à la solde du pouvoir, qui a mis en œuvre des procédures disciplinaires, et parfois pénales, à l’encontre de magistrats ayant déplu au pouvoir en place ; Christophe Régnard, président honoraire de l’UIM (et de l’USM) a mené une mission pour l’UIM sur place et a lui aussi fait l’objet de menaces pour ce motif.
    • En Ukraine, où la guerre a fait des victimes parmi les magistrats et personnels judiciaires, où la justice est parfois à l’arrêt complet du fait des bombardements ;
    • Au Guatemala, où les magistrats anti-corruption subissent pressions et menaces ;
    • En Afghanistan, où les Talibans ont aboli le système judiciaire et l’Etat de droit, démettant de leurs fonctions les quelques 2250 magistrats de la République Islamique d’Afghanistan, où un peu plus de la moitié des magistrats ont réussi à fuir leur pays, les autres vivant cachés, menacés, sans revenus, où une vingtaine de juges ont été assassinés depuis 2020 et une trentaine ont subi des tortures. Si aucune association de magistrats afghans n’est membre de l’UIM, des pays représentés à l’UIM ont néanmoins accueilli des juges afghans. L’une d’entre eux, réfugiée au Canada, était présente au congrès et a fait une déclaration sur la situation de ses collègues.

    Une déclaration a été adoptée par le groupe africain en soutien au président de l’association des magistrats de Guinée, injustement suspendu de ses fonctions de procureur spécial et remplacé par un chef de parquet par intérim en raison de ses prises de position en qualité de président de cette association.

    L’UIM a remis un prix de l’indépendance de la justice à 3 juges qui mènent le combat pour l’indépendance de la justice au prix de leur liberté. Vous pouvez écouter les discours prononcés à cette occasion lors du congrès en cliquant sur le nom de chacun :

    • Murat Arslan, emprisonné depuis 6 ans en Turquie ;
    • Erika Aifan, magistrate Guatémaltèque, qui vit en exil ;
    • Krystian Makiewicz, président de Iustitia, l’association polonaise des juges membre de l’UIM, qui se bat pour défendre l’indépendance de la justice en Pologne, seul des trois récompensés à être présent à Tel Aviv pour recevoir son prix en mains propres.

    Le conseil central a adopté des résolutions sur la situation des pays suivants :

    • En Tunisie pour défendre l’indépendance de la justice et l’Etat de droit, la liberté d’expression et d’association de nos collègues tunisiens ;
    • Au Guatemala, où 24 magistrats ont dû s’exiler pour échapper aux menaces et intimidations subies, notamment via les médias et réseaux sociaux, du fait de leur engagement professionnel dans la lutte contre la corruption
    • Au Yémen où, sur fond de guerre civile depuis 2015, un ancien membre de la Cour suprême a récemment été enlevé et torturé, des juges ont été tués ou blessés dans les palais de justice, dans la rue ou même à leur domicile, et la majorité des magistrats travaillent sans recevoir de salaire.

    Enfin, une matinée a été consacrée à une conférence sur le thème : « Law, technology and social goods ».

  • L’USM à Porto

    L’USM à Porto

  • Congrès de l’UIM 2021

    Congrès de l’UIM 2021

    Les 11 et 12 septembre 2021, s’est tenu depuis Rome la 63ème réunion annuelle de l’assemblée générale de l’Union internationale des magistrats. Pour l’USM, Céline PARISOT, Cécile MAMELIN et Natacha AUBENEAU ont suivi ce congrès virtuel depuis Paris.

  • Un fonds de soutien aux magistrats menacés

    Un fonds de soutien aux magistrats menacés

    Depuis 2016, plus de 4 500 juges et procureurs turcs ont perdu leur emploi et au moins 2 450 d’entre eux ont été arrêtés.

    Lisez l'article du président de l'AEM.