Étiquette : Pénal

  • Justice pénale: droit des mineurs, lutte contre la criminalité organisée, droit de la peine

    Justice pénale: droit des mineurs, lutte contre la criminalité organisée, droit de la peine

    L’USM intervient très fréquemment sur la matière pénale tant certaines infractions commises suscitent la volonté de réforme de nos gouvernants.

    Récemment, nous avons pu nous prononcer sur 3 thèmes importants :

    • le droit pénal des mineurs,
    • la lutte contre la criminalité organisée
    • le droit des peines.

    S’agissant du droit des mineurs, nous avons souvent rappelé que la très grande majorité des professionnels de l’enfance en danger et délinquante n’émettent pas le souhait d’une nouvelle réforme, la mise en œuvre du code de la justice pénale des mineurs remontant à septembre 2021. Les outils juridiques pour répondre à la plupart des situations visées existent.

    Ainsi nous avons pu dire par exemple que l’idée d’une comparution immédiate des mineurs n’avait pas de sens et était un outil de communication. S’il est loisible de s’interroger sur les conditions du placement en détention provisoire et des conditions du recours à l’audience unique, calquer une procédure sur celle prévue pour les majeurs n’est pas opportune.

    Nous avons soutenu la césure dès lors que dans certaines conditions les moyens juridiques pour y déroger existent. Nous nous sommes également opposé à la suppression de l’excuse de minorité ; la loi actuelle permet déjà de l’écarter selon les circonstances de l’espèce et les peines prononcées ne se heurtent que très rarement, pour ne pas dire jamais, au maximum légal. En revanche, nous avons toujours insisté sur les conséquences des carences des pouvoirs publics en termes de moyens attribués à la justice des mineurs.

    S’agissant de la lutte contre la criminalité organisée, l’USM a la première par un courriel du 28 mars 2024, largement diffusé, remis ce sujet au cœur des débats. Nous écrivions alors que « la teneur des propos exprimés par nos collègues marseillais devant la commission sénatoriale n’a été une surprise que pour ceux qui ignorent ces réalités ou ne veulent pas les voir. Loin d’être étonnants, ils sont l’affirmation du danger majeur pour notre démocratie que constituent le crime organisé et les réseaux mafieux. D’autres pays proches de nous (la Belgique et les Pays-Bas) paient cher leur absence de réaction face à la montée en puissance des groupes criminels. L’Italie quant à elle a payé du sang de policiers et magistrats l’emprise de la mafia avant de prendre des mesures ».

    Dès cet appel, nous proposions de :

    • repenser le statut du repenti ;
    • élargir le champ des cours d’assises spéciales, voire des cours criminelles départementales, dans le domaine de la criminalité organisée ; peut-être faudrait-il également se pencher sur le régime carcéral des condamnés à ce type d’infraction afin de casser la direction des réseaux une fois les intéressés incarcérés ?
    • repenser l’infraction d’association de malfaiteurs ; l’exemple italien, pays de tradition juridique proche et soumis aux mêmes exigences européennes, mérite d’être exploré, notamment en ce qu’il prévoit l’association de malfaiteurs de nature mafieuse (article 416 bis du code pénal italien) ;
    • renforcer l’arsenal judiciaire permettant de sanctionner plus efficacement la destruction de preuves ainsi que la violation du secret de l’enquête ;
    • mettre la lutte contre les aspects financiers de cette criminalité au cœur des priorités car il ne s’agit pas seulement de sanctionner des individus, mais de détruire des organisations dont l’objectif ultime est de supplanter l’Etat.

    Au cours des débats devant les assemblées, nous avons ensuite été entendus à de multiples reprises et fourni des notes écrites.

    En ce domaine, nous étions porteurs d’une réponse maximaliste et avons été déçus par la loi telle que sortie de l’Assemblée nationale. Même si certaines de nos propositions formulées dès le printemps 2024 ont été reprises, nous continuerons de soutenir celles qui ne l’ont pas été.

    Ainsi par exemple :

    • Le dossier confidentiel qui est un outil juridique qui permet, sous le contrôle d’un juge de ne pas révéler les procédés permettant d’avoir recours à des techniques spéciales d’enquête nous paraît devoir être retravaillé pour être proposé de nouveau. Ce dispositif existe déjà en Belgique.
    • La loyauté dans le débat judiciaire est un corolaire du contradictoire. La discussion contradictoire implique la loyauté. Les manœuvres pour obtenir une décision, les stratagèmes tendant à tromper ou à provoquer une nullité ne sont pas une discussion loyale. Le débat judiciaire doit être exempt de ce type de supercherie et il appartient au législateur de l’écrire clairement dans la loi. Nous continuerons de le porter
    • Le régime des nullités mérite aussi d’être révisé. Il appartient sans doute au législateur de définir quels manquements aux règles qu’ils imposent doivent emporter une nullité. Il est également de sa compétence de déterminer la portée des nullités et d’en circonscrire éventuellement les effets.

    En cette matière comme dans d’autres, nous nous gardons de toute naïveté. La protection de nos droits et libertés ne pourra être effective dans un pays où l’emprise mafieuse est telle qu’elle corrompt plusieurs pans de la société, dirige l’économie réelle, intervient sur le cours des élections et fait régner l’insécurité. Ces réflexions n’empêchent pas, au contraire, de prendre également en compte les problématiques de santé publique et de désinsertion sociale rencontrées par certains consommateurs de stupéfiants en prise à une addiction.

    S’agissant du droit de la peine, l’USM s’est attachée à redonner du pouvoir et de la liberté au juge, notamment au juge correctionnel. Nous avons soutenu la peine de probation à la condition qu’elle soit suffisamment contraignante pour être perçue comme une vraie peine par nos concitoyens. Il y va de la crédibilité de la justice pénale. Par ailleurs, si la peine doit être lisible et effective, aucun débat en cette matière ne peut être décorrélé de la situation carcérale. La France emprisonne dans la moyenne européenne (nombre de détenu pour 100.000 habitants) mais connaît le troisième plus fort taux de surpopulation carcérale. Il est vrai que les peines ont largement augmenté ces dernières années, balayant au passage le prétendu laxisme des magistrats.

    Nous continuerons de porter ces arguments techniques et de répondre aux nombreuses sollicitations parce que le point de vue des magistrats ne devrait jamais être passé sous silence à propos de ces questions.

  • Justice pénale : audiencement, bilan des CCD

    Justice pénale : audiencement, bilan des CCD

    Pour poursuivre la présentation des interventions de l’USM concernant la justice pénale, aujourd’hui nous vous proposons un focus sur la thématique de l’audiencement criminel et correctionnel abordant les travaux d’évaluation de la réforme des cours criminelles départementales.

    Retrouvez ici la note déposée dans le cadre de la mission flash sur l’audiencement correctionnel et criminel, et là notre contribution concernant la mission d’évaluation de la réforme créant les cours criminelles départementales.

    Nous vous communiquerons prochainement notre note adressée à la « mission flash » de l’Assemblée Nationale sur les extractions judiciaires et les solutions issues du protocole post drame d’Incarville auquel les organisations syndicales de magistrats n’ont pas été associées, concernant le développement de la visioconférence et des déplacements de magistrats/greffiers au sein des établissements pénitentiaires.

    Même résumée, cette thématique est dense, en voici les points saillants :

    1. Constat global : Une justice sous-dotée

    • Manque criant de moyens :
      • 3,2 procureurs et 11,3 juges pour 100 000 habitants en France, contre 12,2 procureurs et 21,9 juges en moyenne en Europe (CEPEJ 2024)
      • 20 000 magistrats nécessaires (contre 9 500 actuellement) pour une justice fonctionnelle
      • Budget de 1,4 % du budget de l’État en 2025, dont seulement 38 % pour la justice judiciaire
    • Conséquences :
      • Délais inacceptables, perte de confiance des justiciables (50 % des Français n’ont pas confiance dans leur justice)
      • Engorgement chronique des juridictions, avec un risque de déni de justice en cas de délais excessifs

    2. Problématiques des juridictions correctionnelles

    a. Constats

    • Engorgement :
      • Augmentation des procédures en lien avec les diverses « priorités » identifiées (violences PDAP, VIF, points de deal)
      • Procédures rapides (CI, CPV-CJ) : Jugement accéléré des prévenus détenus, au détriment des prévenus libres et sans mesures de sureté
      • Renvois fréquents : Surcharge des audiences et perte de temps
    • Manque de moyens :
      • Outils informatiques obsolètes
      • Locaux insuffisants pour les audiences
      • Effectifs stables malgré l’augmentation de la charge de travail

    b. Procédures alternatives et jugement simplifié

    • CRPC et ordonnances pénales :
      • Utiles pour les délits mineurs et primo-délinquants
      • Risques : Inégalité de traitement selon les ressorts, place limitée des victimes
    • Limites :
      • Ne doivent pas devenir une solution par défaut pour désengorger les tribunaux
      • Nécessité de préserver la qualité de la justice et les droits des parties

    3. Les cours criminelles départementales (CCD) : Bilan et enjeux

    a. Objectifs initiaux (2019-2023)

    • Création : Expérimentées à partir de 2019, généralisées en janvier 2023 pour :
      • Désengorger les cours d’assises
      • Accélérer le jugement des affaires criminelles (notamment les viols)
      • Limiter la correctionnalisation des crimes (ex. : viols jugés en correctionnelle par manque de moyens)
    • Composition : 5 magistrats professionnels (dont 2 peuvent être MTT ou MH ou avocat honoraire à fonctions juridictionnelles), compétents pour les crimes punis de 15 à 20 ans de réclusion (viols, coups mortels, proxénétisme aggravé)

    b. Bilan mitigé : Des moyens insuffisants

    • Manque de ressources humaines :
      • Pas de renforts réels en magistrats et greffiers malgré les alertes répétées (rapports de 2021, 2022, 2024)
      • Dépendance aux MTT et MH : Leur rémunération (vacations) est limitée (300 vacations/an), avec des difficultés budgétaires locales pour les payer
      • Charge de travail accrue : Les présidents de CCD et d’assises cumulent les audiences, avec des sessions en continu (y compris pendant les vacations judiciaires)
    • Engorgement persistant :
      • 4 000 affaires en attente fin 2023 (2x plus qu’avant le Covid) ; par exemple : 700 dossiers à Paris et 400 à Aix-en-Provence (chiffres 2025)
      • Sédimentation des dossiers avec accusés libres, tandis que les détenus sont jugés en priorité
    • Effets pervers :
      • Allongement des délais pour les cours d’assises (les CCD captent les dossiers « simples », laissant les autres s’accumuler)
      • Correctionnalisation réduite (objectif atteint), mais au prix d’un afflux de dossiers criminels vers les CCD, déjà saturées
      • Délais d’instruction rallongés (manque d’enquêteurs et d’experts), aggravant la pression sur l’audiencement

    c. Fonctionnement et procédures

    • Pas de gain de temps significatif :
      • Mêmes règles procédurales qu’en cour d’assises (oralité, contradictoire)
      • Réunions préparatoires : Peu utilisées (jugées chronophages), sauf pour les dossiers complexes
      • Délibérés plus rapides (magistrats professionnels vs. jurés), mais peu si ce n’est pas de réduction du temps d’audience
    • Place des parties civiles :
      • Satisfaites pour les dossiers jugés rapidement (en cas d’accusé en détention provisoire), mais mécontentes des retards pour les accusés libres
      • Pas de différence majeure dans le déroulement des audiences (CCD vs. Assises)
    • Rôle des MTT/MH et avocats honoraires : Indispensables pour tenir les audiences, mais insuffisants pour résoudre la surcharge

    4. Impact sur la chaîne pénale globale

    • Engorgement accru :
      • Les CCD ont dédoublé la première instance sans résoudre le problème de fond (manque de moyens)
      • Les appels des décisions de CCD vers les cours d’assises aggravent les délais
    • Risque de dégradation :
      • Qualité de la justice menacée si les réformes se font au détriment des principes (oralité, contradictoire, place des victimes)
      • Inégalité territoriale : Les pratiques varient selon les ressorts

    5. Recommandations de l’USM

    • Priorité aux moyens :
    1. Humains : 20 000 magistrats nécessaires (recrutement et formation) ; Augmenter les vacations pour MTT/MH et avocats honoraires
    • Matériels : Modernisation des outils informatiques et des locaux
    • Budget : Augmenter la part de la justice dans le budget de l’État
    • Stabilité normative :
      • Éviter les réformes précipitées (ex. : lois sans étude d’impact)
      • Concerter tous les acteurs (magistrats, greffiers, avocats, victimes) avant toute réforme
    • Préserver les principes :
      • Oralité, contradictoire, équilibre entre droits de la défense et place des plaignants doivent rester centraux
      • Pas de justice « low-cost » : Les gains de temps ne doivent pas se faire au prix de la qualité
    • Réorganisation des audiences :
      • Protocoles d’audiencement : Limiter les renvois, harmoniser les pratiques
      • Généraliser les réunions préparatoires uniquement pour les dossiers complexes
    • Opposition à certaines réformes
    • Extension des audiences Juge unique en correctionnelle : Risque de dégradation de la qualité des décisions ; Les audiences à juge unique sont déjà surchargées et hétérogènes
    • Déjudiciarisation : Perçue comme un aveu d’incapacité à rendre la justice ; Doit rester exceptionnelle et ciblée (ex. : contentieux techniques comme l’urbanisme)
    • Explorer des pistes innovantes :
      • CRPC criminelle (plaider-coupable) : À étudier avec prudence, en associant toutes les parties (magistrats, avocats, victimes), ne peut être envisagé comme seule réponse à un manque de moyens
      • Délocalisation des CCD vers des TJ non-sièges d’assises (si les moyens suivent)
      • Chambre spécialisée pour les intérêts civils (pour alléger la filière criminelle)

    Conclusion : Urgence à agir

    • Les CCD ne sont pas une solution miracle : Elles ont délesté partiellement les cours d’assises, mais aggravent l’engorgement global faute de moyens
    • La seule issue : Doter la justice des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires pour :
      • Juger dansdes délais raisonnables
      • Garantir une justice de qualité pour tous (accusés, victimes, société)
    • Message clé : « Sans moyens supplémentaires, toute réforme procédurale ne fera que déplacer le problème, sans le résoudre. La justice mérite mieux qu’une rustine : elle a besoin d’un vrai plan de sauvetage. »

    Points saillants à retenir :

    • Les CCD ont atteint leur objectif de lutte contre la correctionnalisation, mais au prix d’un engorgement accru (CCD et cour d’assises) et sans désengorger les audiences correctionnelles
    • Les magistrats et greffiers sont en souffrance (charge de travail, moyens insuffisants)
    • Les solutions passent par un renforcement des effectifs et des infrastructures, et non par des réformes cosmétiques
    • L’USM insiste sur la nécessité d’une réflexion globale, incluant tous les acteurs du système judiciaire
  • Réforme de la police nationale : la filière investigation en crise

    Réforme de la police nationale : la filière investigation en crise

    Le bureau de l’USM a été entendu les 7 et 20 mai par l’Assemblée nationale et le Sénat, dans le cadre d’une mission d’information relative au bilan de la réforme de la police nationale.

    Vous trouverez la note remise aux parlementaires en cliquant sur ce lien.

    L’USM a souligné les retours particulièrement négatifs de cette réforme sur la filière investigation, s’agissant notamment de la réorganisation territoriale. La réforme n’a pas répondu aux objectifs portés quant à la sécurité publique et à la crise de la filière investigation.

    Nous avons insisté sur l’inadéquation de l’échelon d’intervention retenu, le département, pour lutter contre la criminalité organisée et plus généralement contre le haut du spectre de la délinquance.

    Nous avons également évoqué les conflits négatifs de compétence et la multiplication des refus de prise en charge des procédures par des services enquêteurs débordés.

    Nous avons enfin appelé à la constitution d’une filière métier de police judiciaire qui permettrait :

    • une connaissance et une maitrise améliorées des techniques d’investigation ;
    • une spécialisation renforcée des enquêteurs ;
    • une meilleure connaissance du terrain et des acteurs.

    Sur question des sénateurs, cherchant des pistes pour renforcer l’attractivité de la filière pénale chargée du crime organisé (enquêteurs et magistrats), l’USM a rappelé porter avec force le changement des textes relatifs à l’open data des décisions judiciaires (lire ici notre article), pour une occultation systématique du nom des magistrats et greffiers, quel que soit le contentieux, et une mise à niveau des outils juridiques pour lutter à armes égales avec la criminalité organisée.

  • Sortir la France du piège du narcotrafic: l’USM entendue par la commission des lois du Sénat

    Sortir la France du piège du narcotrafic: l’USM entendue par la commission des lois du Sénat

    Le bureau de l’USM a été entendu mardi 17 décembre par la commission des lois du Sénat à propos de la proposition de loi (PPL) « sortir la France du piège du narcotrafic ». Cette PPL fait suite au rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur l’impact du narcotrafic en France et les mesures à prendre pour y remédier.

    Nous avons salué le travail de la commission sénatoriale et réitéré nos propositions en la matière formulées dès le mois de mars 2024. Relisez ici notre communiqué de presse à l’occasion du soutien que nous avions apporté à nos collègues marseillais, mis en cause après leurs déclarations devant cette commission d’enquête.

    Si l’état des lieux est pertinent, le Sénat parlant d’un point de bascule dans la lutte contre la criminalité organisée, les solutions à y apporter peuvent pour certaines d’entre elles rencontrer des oppositions. Nous avons porté un message de fermeté et de facilitation du travail des collègues et des enquêteurs. Au-delà de la nécessaire augmentation drastique des moyens, nous avons insisté sur le régime des nullités, la gestion de la détention provisoire, l’utilisation de l’IA.

    Nous sommes également revenus sur nos propositions et avons transmis une note détaillée (à télécharger ici) en réponse aux questions posées par la commission des lois du Sénat.

    L’USM est un acteur engagé et résolu dans la volonté de repenser la lutte contre la criminalité organisée (relire ici notre article du mois de juin). Nous participons activement à tous les travaux en cours et sommes intervenus dans les médias pour alerter l’opinion sur ces enjeux et remercions ceux de nos adhérents qui nous ont fait remonter des informations précieuses nous permettant d’enrichir notre réflexion et d’éclairer par des exemples concrets nos prises de position.

  • Renforcer la lutte contre la criminalité organisée

    Renforcer la lutte contre la criminalité organisée

    Un combat à mener, une bataille à ne pas perdre.

    En mars dernier, à la suite de l’audition de nos collègues marseillais par la commission sénatoriale sur le narcotrafic, nous rappelions que la criminalité organisée constituait un danger majeur pour notre démocratie et appelions au nécessaire renforcement de nos moyens. La progression spectaculaire des groupes criminels et la montée de la violence imposent en effet un autre dimensionnement des moyens de la police et de la justice.

    Dans cette perspective et à l’occasion de notre audition par Monsieur Ricard, conseiller spécial auprès du garde des Sceaux, nous avons remis la note que vous pouvez télécharger ici.

    Lors de cette audition, le bureau de l’USM a notamment rappelé :

    • la nécessité de renforcer et sanctuariser les effectifs des JIRS, s’agissant particulièrement des services correctionnels qui ne sont pas en état à ce jour de juger rapidement les dossiers poursuivis ;
    • la nécessité de renforcer la spécialisation des magistrats et de mettre fin au mythe persistant de la polyvalence au sein de notre corps ; 
    • les difficultés de la police judiciaire à la suite de la réforme controversée de la police nationale ;
    • la situation compliquée des juridictions infra JIRS, qui, du fait d’un manque global de moyens, traitent des dossiers toujours plus nombreux relevant de la compétence des JIRS sans moyens adéquats.

    Quelle que soit l’option retenue pour renforcer la lutte contre la criminalité organisée (il s’agit d’un choix politique), l’éternelle question des moyens attribués sera consubstantielle à l’architecture mise en place.

    Si la création d’un parquet national semble faire consensus, la réforme ne pourra faire l’économie d’une réflexion approfondie sur la situation actuelle du siège dans son ensemble (instruction, service du JLD, tribunal correctionnel et application des peines) ainsi que sur la situation des cours d’appel.

    Face aux enjeux et au spectre d’une emprise mafieuse sur tous les pans de notre société, donnons-nous enfin les moyens de nos ambitions !

    Retrouvez sur notre site internet, nos dernières publications sur le renforcement et la modernisation de la lutte contre la criminalité organisée :

    • repenser la lutte contre la criminalité organisée (ici) ;
    • 20 ans des JIRS, quels moyens pour lutter contre le crime organisé (ici) ;
    • il faut sauver la police judiciaire (ici) ;
    • crim’org la JIRS de Nancy demande des moyens (ici) ;
    • soutien aux collègues marseillais (ici).
  • Crim’Org : la JIRS de Nancy demande des moyens

    Crim’Org : la JIRS de Nancy demande des moyens

    Après les témoignages des magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) marseillaise devant la commission d’enquête sénatoriale sur l’impact du narcotrafic en France en mars 2024 ( lire notre communiqué ici et lire sur le site du Sénat le rapport déposé le 14 mai 2024) , la parution d’une tribune dans le journal le Monde le 8 avril dernier signée par 59 magistrats exerçant dans différentes JIRS (lire notre communiqué ici), c’est au tour des magistrats de la JIRS de Nancy de lancer un cri d’alarme sur les conditions très difficiles et le manque de moyens dont souffre leur JIRS pour lutter efficacement contre la montée en puissance du crime organisé.

    Réunis en intersyndicale, les magistrats du siège de NANCY ont adopté une motion à l’unanimité le 8 avril pour demander en urgence la création de 3 postes pour juger les dossiers de la JIRS pénale et de 1 poste pour la JIRS civile (il y actuellement 1 seul poste affecté aux jugements des dossiers JIRS pénale). Vous trouverez ici la motion qui a été adoptée par l’assemblée générale extraordinaire de la juridiction nancéienne le 8 avril dernier ainsi que le communiqué de presse de l’USM ci-dessous appelant à soutenir cette action et ces revendications légitimes.

    Les collègues de Nancy ont organisé ce 16 mai une journée en intersyndicale : une table ronde dans la salle des pas perdus avec affiches et banderoles avec les collègues, les avocats et les politiques en présence des journalistes et un point médias. Ils ont organisé une manifestation à laquelle étaient invités les parlementaires et autres élus du ressort (13 départements) ainsi que les avocats. Un débat a eu lieu auquel ont participé, outre la totalité des magistrats du siège, des parquetiers, les chefs de juridiction, les directeurs de greffe, des greffiers, des avocats dont le bâtonnier, le SAF et l’UJA, deux attachés parlementaires, un représentant du CD 54 et de la mairie de NANCY et un sénateur Olivier Jacquin, en présence de la presse locale, de France bleue et de France 3. Le temps d’échange a été apprécié de tous.

    L’actualité a été malheureusement favorable à la réussite de ce mouvement (lire notre article : « La justice endeuillée par une effroyable attaque ») qui a ainsi reçu une très bonne couverture médiatique (le Parisien, L’est Républicain, la matinale de France Bleue en direct, le direct du journal de midi de France 3 et je vais ce soir faire le direct du 19H de France 3).

    L’USM affiche, aux côtés des collègues nancéiens, sa propre détermination à réclamer pour tous des moyens à la hauteur des enjeux pour le maintien de la paix sociale, gravement mise à mal par ce type de délinquance.

    Lisez notre communiqué de presse :

  • Réformer la justice des mineurs : stop ou encore ?

    Réformer la justice des mineurs : stop ou encore ?

    Le bureau de l’USM a rencontré le garde des Sceaux et ses équipes (directrice de cabinet, conseillères PJJ et dialogue social), ce mardi 7 mai 2024, dans le cadre de la concertation sollicitée par le premier ministre concernant la délinquance des mineurs.  

    Cette réflexion « accélérée » intervient dans le cadre post-émeutes de l’été 2023 et à la suite de plusieurs faits divers tragiques mettant en cause des mineurs, notamment de 15 ans.

    Nous avons rappelé notre profond attachement aux principes fondamentaux que sont le principe de spécialité de la justice des mineurs, la primauté de l’éducatif et de la nécessité du « temps éducatif » qui en découle, ce qui n’exclut pas des réactions rapides, ainsi que de l’excuse de minorité.

    Ces règles constituent de véritables marqueurs civilisationnels : les mineurs ne sont pas des « adultes en réduction » mais des « adultes en devenir », immatures, et doivent être traités procéduralement puis jugés comme tels.

    Nous avons également rappelé que les « mineurs en danger » étaient potentiellement des « mineurs dangereux » et que la prise en charge par l’assistance éducative, confiée aux départements, était très insatisfaisante dans notre pays.

    Nous avons ainsi dénoncé le paradoxe sociétal consistant à vouloir juger plus vite et plus fort les mineurs délinquants sans se donner les moyens de prendre collectivement en charge, en amont et au plus vite, les mineurs et les familles en quête d’assistance éducative.

    Sur les mesures envisagées (responsabilité civile accrue des parents, amendes visant les parents défaillants en audience d’assistance éducative, accueil de nuit dans le cadre d’une décision judiciaire pénale pour les plus de 16 ans, internat éducatif sollicité « administrativement » par les parents, contrôle judiciaire, mesure d’intérêt éducatif pour les 13-16 ans …) nous avons indiqué qu’il s’agissait de mesures pouvant avoir de l’intérêt pour certaines sous réserve de prendre préalablement en compte l’avis des professionnels de l’enfance et, surtout, vérifier que ces nouvelles mesures :

    • ne fassent pas double emploi avec des mesures existantes, moins médiatiques ;
    • ne « cannibalisent » pas les mesures existantes ou d’autres actions en faveur des mineurs en captant nos trop maigres ressources judiciaires et éducatives, tant financières qu’humaines. 

    Nous avons enfin indiqué être très réservés à l’accroissement du pouvoir de sanction autonome des parquets, hors validation du siège, s’agissant des mineurs concernant une sanction (composition pénale) inscrite au casier judiciaire, et encore plus particulièrement en l’état du statut insuffisamment protecteur du ministère public. 

    L’USM estime que la plupart des mesures existent dans le code de la justice pénale des mineurs, récemment mis en œuvre, ou dans le code de procédure pénale, et qu’il convient, avant toute chose, de se donner les moyens de les mettre pleinement en œuvre.

  • La justice des mineurs, l’impossible répit

    La justice des mineurs, l’impossible répit

    Après plusieurs faits divers dramatiques survenus ces derniers jours, la question de la violence des mineurs réapparait dans le paysage politique et médiatique.

    L’Union syndicale des magistrats n’apprécie les dernières annonces gouvernementales sur la justice des mineurs ni à l’aune d’un a priori laxiste ou naïf, ni sous l’angle d’un a priori répressif. C’est un chemin toujours difficile de rappeler les principes fondamentaux de notre République dans une société de la communication où l’immédiateté et l’hyper réactivité sont élevées au rang de vertus cardinales.

    Alors que le ministère de la Justice se félicitait encore il y a peu du succès du code de la justice pénale des mineurs (CJPM), entré en vigueur le 30 septembre 2021 à moyens quasi constants et qui a succédé à l’ordonnance du 2 février 1945, les dernières annonces du Premier ministre laissent envisager une nouvelle réforme législative. Le triste adage « un fait divers, une loi » se porte donc au mieux alors que le rapport Sauvé, issu des Etats généraux de la justice, avait rappelé l’impérieuse nécessité d’une pause législative pour permettre à l’institution judiciaire de se redresser (relire notre communiqué de presse de janvier 2023 : L’asphyxie enfin reconnue).

    Le Premier ministre a souhaité lancer « une grande consultation » des corps intermédiaires sur la justice des mineurs à réaliser dans un délai court de huit semaines, avec un premier point d’étape d’ici à quatre semaines (avancée des travaux et premières mesures annoncées). Au-delà de savoir s’il est réellement pertinent de se lancer dans un tel chantier légistique en huit semaines, que faudrait-il donc déjà changer dans un CJPM qui n’a que deux ans ? La plupart des professionnels salue le raccourcissement des délais opéré par ce nouveau code. La césure mise en œuvre est en effet pertinente dès lors qu’elle ouvre un temps de mise à l’épreuve éducative effectif. A cet égard, des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse ont indiqué que le manque de moyens ne leur permettait pas toujours d’utiliser pleinement ce temps d’épreuve. Car en matière de justice des mineurs comme pour d’autres sujets la question des moyens est centrale, n’en déplaisent à ses détracteurs.

    Parallèlement au discours du Premier ministre, n’oublions pas de rappeler les difficultés devenues structurelles auxquelles est confrontée la protection de l’enfance : manque de personnels, jugements non exécutés, effondrement de la pédopsychiatrie … Or, l’inexécution ou l’exécution défaillante des décisions de justice met à mal tout le dispositif de protection de l’enfance et est susceptible d’entraîner des conséquences sur un passage à l’acte ultérieur de certains mineurs. C’est pourquoi l’USM sollicite de longue date davantage de structures d’accueil, des structures d’accueil diversifiées (adaptées notamment à des enfants présentant des troubles de la personnalité) et des structures permettant des visites encadrées à la mesure des besoins. De manière générale, nous demandons un dispositif permettant à l’aide sociale à l’enfance d’exécuter les décisions des juges des enfants, aux enfants placés de bénéficier d’une prise en charge conforme à leurs besoins dans le délai fixé par le jugement. Le raisonnement est identique pour les mesures en milieu ouvert : quelle efficacité pour une mesure éducative prise en charge des mois, voire plus d’un an, après son prononcé ?

    Sur les besoins humains et la charge de travail, l’USM considère qu’une charge de travail normale d’un juge des enfants (pour travailler convenablement) est d’environ 350 dossiers d’assistance éducative avec une activité pénale de l’ordre de 20 à 25% de la charge du cabinet. Or, un grand nombre de juges des enfants a en charge 600, voire 700 ou 800 mesures, ce qui rend impossible le fonctionnement d’une justice des mineurs de qualité. Il existe également un très grand nombre de postes vacants dans les greffes des tribunaux pour enfants, et la plupart des juges des enfants sont contraints de tenir les audiences d’assistance éducative sans greffier.

    La justice des mineurs est un enjeu essentiel de toute démocratie et la qualité de celle-ci reflète l’importance accordée aux plus vulnérables. Au regard de nos principes constitutionnels, conventionnels et juridiques fermement établis, elle ne peut se réduire au tout répressif. L’importance accordée à la protection de l’enfance, à l’éducation, au suivi médico-social constitue la plus efficace des préventions de la délinquance des mineurs. L’enjeu est tel qu’il exige des moyens à la hauteur des besoins, ce qui n’est aujourd’hui absolument pas le cas.

    Au lieu de se lancer dans une énième réforme en mode dégradé ou inadapté, donnons-nous les moyens d’appliquer les réformes déjà intervenues et donnons les moyens aux éducateurs, juges des enfants, greffiers, parquetiers, enquêteurs et associations d’appliquer totalement et complétement le CJPM.

    Le bureau de l’USM a répondu à la presse ces dernières heures. Lisez par exemple ici un article du Monde « Justice des mineurs, l’option répressive de Gabriel Attal », qui cite Ludovic Friat : «  Je suis vent debout, lance Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats (majoritaire). C’est de la com. Le code de la justice pénale des mineurs a à peine trois ans et on le modifie alors que c’est un outil intéressant. Il faut se garder du laxisme mais aussi du tout répressif. C’est un recul conséquent des droits. »

     

  • 20 ans des JIRS : quels moyens pour lutter contre le crime organisé ?

    20 ans des JIRS : quels moyens pour lutter contre le crime organisé ?

    Le Monde a publié ce jour deux tribunes à l’initiative de collectifs de collègues spécialisés dans la lutte contre le crime organisé et la délinquance économique et financière : « Face à la montée en puissance du crime organisé, la justice française souffre d’un manque durable de moyens » ;  » La lutte contre la délinquance financière est un investissement vital pour la démocratie et l’état de droit ».

    Ecoutez l’interview d’Audrey Bailleul, déléguée de section USM de Lille, sur France Culture : la justice peut-elle récupérer l’argent de la drogue ?

    L’USM salue et soutient cette démarche. Vous pouvez consulter nos récents articles sur le sujet :

    La tribune relative à la lutte contre la délinquance financière a été signée par environ 130 magistrats. La seconde est toujours ouverte. Nous vous invitons à soutenir cette initiative en signant à votre tour la tribune sur la lutte contre le crime organisé en cliquant sur ce lien.

    Le crime organisé, et les moyens financiers colossaux dont il dispose, vise à supplanter ou, à défaut, infiltrer l’Etat et à abattre notre système démocratique. Il faut se donner les moyens de lutter efficacement contre ce péril et tarir les sources de profits illicites.

  • Repenser la lutte contre la criminalité organisée

    Repenser la lutte contre la criminalité organisée

    La teneur des propos exprimés par nos collègues marseillais devant la commission sénatoriale pour dénoncer une guerre asymétrique entre l’Etat et les trafiquants, n’a été une surprise que pour ceux qui ignorent ces réalités ou ne veulent pas les voir. Loin d’être étonnants, ils sont l’affirmation du danger majeur pour notre démocratie que constituent le crime organisé et les réseaux mafieux. D’autres pays proches de nous (la Belgique et les Pays-Bas) paient cher leur absence de réaction face à la montée en puissance des groupes criminels. L’Italie quant à elle a payé du sang de policiers et magistrats l’emprise de la mafia avant de prendre des mesures.

    Il est temps de réagir !

    L’USM appelle au nécessaire renforcement de la lutte contre la criminalité organisée et soutient l’appel au secours des magistrats marseillais : lisez notre message de soutien et notre communiqué de presse ici.

    La progression spectaculaire des groupes criminels et la montée de la violence imposent un autre dimensionnement des moyens de la police et de la justice. Le volume des affaires criminelles de haute intensité a crû. Il est donc impératif que les moyens pour lutter contre la criminalité organisée soient en adéquation. En effet, nulle réforme législative ne peut être efficace sans une prise de conscience aigüe et sans des moyens adéquats pour traiter les dossiers et obtenir des résultats. Il faut des magistrats en nombre suffisant et spécialisés sur ces questions mais également des enquêteurs formés et dédiés maîtrisant tous les aspects de l’enquête, notamment le volet patrimonial et la coopération internationale.

    Ce préalable étant posé, plusieurs évolutions législatives peuvent être envisagées :

    • repenser le statut du repenti ;
    • élargir le champ des cours d’assises spéciales, voire des cours criminelles départementales, dans le domaine de la criminalité organisée ; peut-être faudrait-il également se pencher sur le régime carcéral des condamnés à ce type d’infraction afin de casser la direction des réseaux une fois les intéressés incarcérés ?
    • repenser l’infraction d’association de malfaiteurs ; l’exemple italien, pays de tradition juridique proche et soumis aux mêmes exigences européennes, mérite d’être exploré, notamment en ce qu’il prévoit l’association de malfaiteurs de nature mafieuse (article 416 bis du code pénal italien) ;
    • renforcer l’arsenal judiciaire permettant de sanctionner plus efficacement la destruction de preuves ainsi que la violation du secret de l’enquête ;
    • mettre la lutte contre les aspects financiers de cette criminalité au cœur des priorités car il ne s’agit pas seulement de sanctionner des individus, mais de détruire des organisations dont l’objectif ultime est de supplanter l’Etat.

    Gardons-nous de toute naïveté en ce domaine. La protection de nos droits et libertés ne pourra être effective dans un pays où l’emprise mafieuse est telle qu’elle corrompt plusieurs pans de la société, dirige l’économie réelle, intervient sur le cours des élections et fait régner l’insécurité. Nous n’en sommes heureusement pas encore là. Il faut donc réfléchir sérieusement et rapidement aux mesures adéquates pour éviter de connaître un jour une telle situation.

    Ces réflexions n’empêchent pas, au contraire, de prendre également en compte les problématiques de santé publique et de désinsertion sociale rencontrées par certains consommateurs de stupéfiants en prise à une addiction.

  • Soutien aux collègues marseillais

    Soutien aux collègues marseillais

    La commission d’enquête du Sénat sur l’impact du narcotrafic en France et les mesures à prendre pour y remédier, créée en novembre 2023, s’est déplacée à Marseille les 7 et 8 mars 2024. Lisez ici le communiqué de presse de la commission d’enquête.

    La presse a relayé les vives réactions du ministre de la justice à l’encontre des déclarations de nos collègues marseillais, qui ont dénoncé une guerre asymétrique entre l’Etat et les trafiquants.

    La vérité ne devrait jamais déranger. Les collègues marseillais qui ont déposé sous serment devant la commission d’enquête parlementaire ne pouvaient altérer ou minorer la réalité de leur constat. Nous saluons leur courage et leur dévouement.

    Vous trouverez ci-dessous notre communiqué de presse.

  • Infractions en matière de racisme et d’antisémitisme

    Infractions en matière de racisme et d’antisémitisme

    Des députés ont déposé une proposition de loi (PPL) visant « à renforcer la réponse pénale contre les infractions à caractère raciste ou antisémite ». L’USM a été entendue le 22 février en visioconférence par les rapporteurs de cette PPL.

    La PPL a notamment pour objet de permettre la délivrance d’un mandat de dépôt ou d’arrêt, le texte actuel ne le permettant pas en matière d’infractions de presse, pour les délits de presse à caractère raciste ou antisémite et d’aggraver la répression, transformant des contraventions de V° classe en délits, voire en délits aggravés lorsqu’ils sont commis par une personne chargée d’une mission de service public ou dépositaire de l’autorité publique.

    Sur la forme, l’USM a fait des observations sur l’exposé des motifs de la PPL, rappelant qu’il ne s’agissait pas en l’espèce d’un « vide juridique » mais bien d’un choix séculaire du législateur en matière d’infractions de presse (loi de juillet 1881) et que la justice n’avait pas vocation à être « garantie et systématique » mais à être juste, impartiale et adaptée au cas d’espèce.

    Sur le fond, l’USM a indiqué ne pas être opposée aux dispositions envisagées qui paraissent proportionnées aux objectifs recherchés tout en rappelant le pendant civil de la loi de 1881, trop souvent omis. L’USM a également attiré l’attention du législateur sur l’exigence de réciprocité d’incrimination en matière d’exécution d’un mandat d’arrêt avec un Etat étranger et rappelé son opposition au traitement de ce contentieux par le biais d’une amende forfaitaire.

    Vous trouverez la PPL ici et notre note ici.