Étiquette : Pénal

  • Lutte contre les trafics de stupéfiants

    Lutte contre les trafics de stupéfiants

    L’USM a été entendue sur le thème : Evaluer l’efficacité de la politique de lutte contre les trafics de stupéfiants.

    Le 25 janvier, le bureau de l’USM était entendu par les rapporteurs de la mission d’information de l’Assemblée Nationale sur la lutte contre les trafics de stupéfiants. Nous avons expliqué que ce champ était massivement investi par l’autorité judiciaire mais qu’elle était confrontée à des difficultés structurelles qui empêchent son action. Ainsi, après avoir critiqué le manque de moyens (en matériel, en magistrats, en greffiers, en enquêteurs), nous avons notamment abordé l’absence d’outils informatiques performants et la trop faible offre publique d’expertise. Nous avons pu discuter librement avec les deux rapporteurs et déborder sur les enjeux pour la société entière de cette lutte contre un secteur très profitable du crime organisé.

    Lisez ici nos réponses au questionnaire qui nous avait été adressé par la mission

  • Rencontre USM-DACG

    Rencontre USM-DACG

    Le 6 février 2024, le bureau de l’USM représenté par Alexandra Vaillant, secrétaire générale, et Aurélien Martini, secrétaire général adjoint, a rencontré le directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG). Nous avons abordé les points suivants. 

    • Le premier concernait les différents projets et propositions de loi en cours (garde à vue, ordonnance de protection, homicide routier, définition du viol, rétention de sûreté des terroristes). Nous avons pu échanger sur ces sujets auxquels la DACG (direction), bien qu’auditionnée par les parlementaires, n’est pas toujours associée (cas des propositions de loi). Nous avons rappelé la nécessité d’une réelle pause législative et dénoncé la pratique actuelle consistant en « un fait divers, une loi ».
    • Le deuxième tenait à la recodification à droit constant du code de procédure pénale. Le DACG nous a précisé que le plan était construit mais amendable et qu’un quart du code était rédigé. Les phases de concertation avec les organisations syndicales notamment vont pouvoir commencer, l’échéance étant prévue au printemps 2025.
    • S’agissant de la procédure pénale numérique, le DACG a rappelé que le terme pour cette réforme d’ampleur était la fin du quinquennat et que les objectifs devraient pouvoir être tenus. Les budgets ont été débloqués, une direction du numérique a été créée et les travaux sur les infrastructures (capacité de gestion des flux et de conservation des données), couteux et complexes, ont été engagés. La DACG vient par ailleurs de publier sur son site intranet un code de procédure pénale numérique, consultable par tous.
    • Sur les données de connexion, le projet est maintenant en phase finale (avec une échéance à 12 ou 18 mois). Si la partie normative ne devrait pas poser de difficulté, il en va différemment de la partie technique destinée à supporter les échanges entre les différents opérateurs. Le travail se fera sans doute à partir de la PNIJ mais le dispositif ne pourra entrer en vigueur sans une solution informatique robuste. L’USM souscrit à une solution pragmatique compte tenu du volume des requêtes et données à traiter mais sera vigilante sur la nature du contrôle opéré (notamment sur la nature de l’autorité de contrôle qui doit être judiciaire).
    • S’agissant de l’ARPEJ, nous avons à nouveau alerté sur les difficultés d’extraction auxquelles nous sommes confrontés et leurs conséquences sur le bon déroulement des enquêtes et des audiences. La DACG, en collaboration avec d’autres directions dont la direction de l’administration pénitentiaire, a publié un rapport sur les extractions en juin 2023. Consciente du sous-effectif de l’ARPEJ, elle souhaite néanmoins promouvoir le dialogue local pour résoudre certaines difficultés et mettre en avant les bonnes pratiques listées dans ce rapport. Nous déplorons que cette difficulté maintes fois dénoncée par l’USM ne trouve pas de solution pérenne ; une justice réparée passe aussi par des extractions assurées.
    • Sur la surpopulation carcérale, le DACG nous a précisé qu’il n’y avait pas plus d’écrous qu’auparavant mais que le quantum moyen des peines avait très sensiblement augmenté. Il a également été constaté – assez logiquement – une augmentation de nombre de détenus en matière de violences intrafamiliales.

    Nos échanges ont été très constructifs et la périodicité de ces rencontres bilatérales avec la DACG a été maintenue.

  • Redéfinir le viol ?

    Redéfinir le viol ?

    Les interrogations portaient sur la nécessité de modifier la définition actuelle du viol notamment en se référant à la convention d’Istanbul adoptée par le Conseil de l’Europe le 7 avril 2011 et reprise par la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil.

    Les chiffres démontrent que seulement 14,7% des plaintes donnent lieu à une peine et que selon une estimation, moins de 1% des faits de viols commis sont effectivement condamnés, de nombreuses victimes décidant de ne pas porter plainte. La faiblesse de ces chiffres questionne sur l’efficacité de notre système juridique à répondre à ce type d’infraction.

    L’USM a rappelé que si le mot consentement n’apparait pas dans la définition, il était au cœur de la notion de viol, à la fois en doctrine et en jurisprudence. L’absence de consentement est en fait présumée dans les notions de « violence, contrainte, menace ou surprise ». La définition actuelle du viol, telle qu’interprétée par la jurisprudence, est suffisamment large pour répondre à l’ensemble des situations (état de sidération, d’emprise, de rapport de force inégal, d’erreur provoquée sur la personne du partenaire…).

    Nous avons insisté sur le fait que la principale difficulté résidait dans l’aspect probatoire, s’agissant d’infractions qui se déroulent généralement à huis clos et dans la sphère privée. Nous avons par ailleurs indiqué que l’élément moral de l’infraction ne consiste pas dans l’absence de consentement de la victime mais bien dans la conscience par l’auteur de cette absence de consentement.

    Nous avons également rappelé qu’en droit français la charge de la preuve ne pèse pas sur le mis en cause et qu’aucune présomption de culpabilité n’existe.

    L’introduction de la notion de consentement dans la définition du viol, tel que proposée par le projet de directive européenne, sans être de nature à bouleverser notre système juridique et la pratique judiciaire, a une portée symbolique qui s’impose. En outre, une telle définition présente l’avantage de poser clairement la nécessité de s’assurer d’un consentement non équivoque du partenaire, quand bien même ce consentement se heurtera, également, à l’écueil probatoire.

    Afin d’améliorer le traitement de ces infractions, l’USM préconise une meilleure prise en charge des victimes tant par les services d’enquêtes que par les experts en charge d’évaluer les constatations objectives, médicales et psychologiques des faits dénoncés, la réalité d’une situation d’emprise, ou l’estimation d’un préjudice physique ou psychologique, et une prévention plus importante. Plus que des juridictions spécialisées, tous les magistrats ayant la capacité de suivre et juger ce type de faits, sous réserve d’une formation continue de qualité et effective, le besoin est de disposer d’enquêteurs formés et disponibles. Nous avons rappelé que les magistrats étaient engagés sur cette question et parfaitement conscients des enjeux pour la société et les victimes.

    Lisez ici notre note complète

    Lire aussi l’article de Fabienne Averty publié dans le NPJ de mars 2024 : Viol et consentement, des mots tabous ?

  • Rencontre USM-DACG

    Rencontre USM-DACG

    Le 19 décembre, le bureau de l’USM a rencontré le directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG). Nous avons souhaité aborder plusieurs points.

    Le premier concernait la nécessaire mise en conformité de notre législation nationale avec le droit et la jurisprudence européenne de la CJUE concernant l’exploitation des données de connexion, sujet sur lequel nous serons entendus cette semaine par un conseiller d’Etat chargé d’une mission sur ce sujet. Nous avons rappelé notre totale opposition à une solution consistant à confier les autorisations à une autorité administrative indépendante (AAI) laquelle apprécierait, en opportunité et proportionnalité, une mesure de police judiciaire. Nous vous tiendrons avisés de nos échanges à venir s’agissant de concilier les exigences européennes avec la masse très importante des demandes et des données traitées, la solution pouvant être locale, régionale voire nationale et comporter une part d’automatisation compte tenu de la réalité de nos effectifs.   

    Le deuxième tenait à la récente baisse des effectifs d’enquêteurs affectés aux services de lutte contre la délinquance économique et financière. Grâce aux éléments que vous nous avez transmis, nous avons pu, chiffres à l’appui, étayer une situation préoccupante dans laquelle la lutte contre la délinquance économique et financière qui cause des dommages importants mais souvent peu visibles au tissu économique est dégradée. Le DACG nous a répondu que cette question n’était pas nouvelle mais que la difficulté était réelle. Les causes sont multiples et semblent difficiles à enrayer. Si la France a une capacité préservée à traiter le haut du spectre de la délinquance économique et financière, la lutte contre la moyenne et basse intensité semble être une variable d’ajustement. Aucune solution, à court ou moyen terme ne semble se dégager. Nous resterons attentifs à cette question, surtout dans un contexte peu favorable aux enquêtes en cette matière (délai pour les enquêtes préliminaires, « legal privilege » réforme de la PJ, etc).

    Le troisième point tenait à la nouvelle cartographie de la police nationale issue de la réforme portée par le ministère de l’intérieur et ses conséquences en matière de saisine pour les magistrats. Le DACG a rappelé que la dépêche du 1er décembre 2023 avait vocation à mettre en œuvre les conséquences de la réforme (décret n° 2023-1109 du 29 novembre 2023 modifiant diverses dispositions relatives à la police nationale). Elle prévoit notamment qu’une saisine de la DNPJ emportera saisine des seuls services centraux qui lui sont rattachés et pas des services territoriaux, le lien hiérarchique entre le DNPJ et les services déconcentrés ayant été rompu. Ainsi, une saisine nationale ne pourra avoir lieu qu’en saisissant toutes les directions zonales de la police nationale, à laquelle sont rattachés l’ensemble des DIPN et DDPN ainsi que leurs SIPJ et SDPJ.

    Nous avons enfin questionné la DACG sur la réforme de la garde à vue sur deux points qui, bien que résultant de la transposition d’une directive européenne, nous posent problème : l’ouverture de la liste des personnes pouvant être prévenues d’une garde à vue et l’impossibilité d’entendre un gardé à vue sans avocat même au-delà d’un délai de carence, ce qui nous semble aller plus loin que ce que prévoit le texte européen. Sur ces aspects, le DACG a dit vouloir intégrer les exceptions prévues par la directive et qui avaient également été rappelées par la conférence nationale des procureurs de la République (CNPR).

    Le DACG nous a enfin informés que nous serions destinataires à horizon de deux mois du projet de recodification à droit constant du code de procédure pénale afin que nous puissions travailler sur ce texte et proposer le cas échéant des modifications. Le chantier est immense mais nous comptons bien y prendre toute notre part.

    Nous avons prévu de maintenir la périodicité de ces rencontres bilatérales afin de pouvoir régulièrement échanger sur les questions pénales avec le DACG.

    Joyeuses fêtes à tous,

  • Projet de loi immigration

    Projet de loi immigration

    Le bureau de l’USM a été entendu le 15 novembre 2023 par la commission des lois de l’Assemblée nationale sur le projet de loi, largement amendé par le Sénat, « contrôler l’immigration et améliorer l’intégration ».

    Notre audition a été écourtée par une actualité législative chargée. Elle portait pourtant sur un texte long, complexe, symbolique et durcissant très sensiblement le droit, tant processuel qu’au fond, des étrangers.

    Sans entrer dans des choix politiques, nous nous sommes efforcés d’attirer l’attention du législateur sur les risques, tant constitutionnels que pratiques, inhérents à la massification des situations de rétention administratives qui constituent des mesures de privation de liberté individuelle, la multiplication mécanique de recours judiciaires et administratifs et la création d’une catégorie ciblée de justiciables (étrangers) bénéficiant de droits moindres que les citoyens français ou des étrangers en situation régulière.

    A titre d’exemple, la peine complémentaire facultative d’interdiction du territoire français (ITF) serait généralisée et les protections contre l’expulsion, dont bénéficient certaines catégories d’étrangers au titre de l’article L631-2 du Ceseda, seraient très sensiblement limitées.

    Actuellement, ces protections ne tombent qu’en cas de condamnation définitive à une peine d’emprisonnement égale ou supérieure à 5 ans. Le texte étudié prévoit qu’une condamnation pour une infraction faisant encourir une peine égale ou supérieure à 5 ans suffirait désormais.

    Le texte prévoit également la généralisation de l’audience à distance par un moyen audiovisuel de communication.

  • Violences intra-familiales

    Violences intra-familiales

    Notre contribution lors de la table ronde portant sur les violences intra-familiales le 31 janvier 2023.

    L’USM a été conviée le 31 janvier 2023 à une table ronde organisée par la sénatrice Dominique Verien et la députée Emilie Sandler, lesquelles se sont vu confier par la Première ministre, le 28 septembre 2022, une mission portant sur les violences intra-familiales (VIF), avec l’appui de l’inspection générale de la Justice, dont le rapport final sera déposé courant mars 2023.

    Alors qu’une proposition de loi vient d’être adoptée début décembre 2022 par l’Assemblée nationale visant à instaurer le principe de juridictions spécialisées VIF, sans consultation préalable et officielle de syndicats de magistrats et de greffiers, nous avons d’abord tenu à exprimer aux parlementaires notre grande satisfaction d’être enfin entendues sur un sujet aussi primordial non seulement pour le public concerné mais aussi pour les juridictions impactées par ce contentieux majeur, grande cause nationale de ce quinquennat..

    Pour aller plus loin : lire les observations faites par l’USM à cette occasion.

  • Une réforme sans moyens !

    Une réforme sans moyens !

    Les députés viennent d’adopter cette nuit une proposition de loi visant à instaurer des juridictions spécialisées en matière de Violences Intra Familiales (VIF), s’inspirant du modèle de l’Espagne.

    Violences conjugales : l’Assemblée nationale vote la création d’une juridiction spéciale (lemonde.fr)

    Malgré l’absence de toute consultation officielle des syndicats de magistrats et greffiers, Madame Regol, députée, nous avait consultés par mail sur cette proposition de loi le 18 novembre. Nous lui avions répondu le 23 novembre…

    Nous avions évidemment insisté sur l’état de délabrement de notre justice, désormais incontesté.

    Arrêtons les réformes sans moyens !