Catégorie : Actualités

L’action de l’USM se décline de multiples façons. Retrouvez ici toutes les actualités de l’USM : réunions, rencontres, groupes de travail, contributions, notes, courriers, mails, publications, etc.

  • Sauver la PJ

    Sauver la PJ

    Lire notre communiqué de presse du 14 octobre 2022.

  • Cour de justice de la République

    Cour de justice de la République

    Le renvoi d’un ministre de la Justice en exercice devant la Cour de justice de la République : un événement sans précédent.

    La situation dans laquelle se trouve le garde des Sceaux, renvoyé devant la Cour de justice de la République alors qu’il est en exercice, est inédite. Inédite par la nature des infractions pour lesquelles Eric Dupond-Moretti sera jugé, qui relèvent d’une atteinte grave à la probité. Inédite car tout au long de la procédure, malgré les responsabilités qui lui incombent, le garde des Sceaux n’a cessé de mettre en cause l’impartialité du ministère public et des juges chargés de l’instruction de l’affaire, tentant de jeter le discrédit sur leurs décisions. Inédite car en cas de maintien dans ses fonctions, il s’exposerait à un nouveau conflit d’intérêts s’il devait nommer son propre accusateur après le départ du Procureur général près la Cour de cassation, François Molins.

    L’USM et le SM avaient déposé le 17 décembre 2020 une plainte contre Éric Dupond-Moretti , ministre de la Justice et à cet égard garant de son indépendance. Ils dénonçaient l’abus de ses fonctions ministérielles. Le ministre, ancien avocat, avait engagé des poursuites disciplinaires contre des magistrats qui avaient traité des affaires le concernant personnellement ou concernant ses clients.

    Le communiqué de presse diffusé à cette occasion précisait alors une position, qui demeure inchangée : « Par cette plainte, nous cherchons d’abord à obtenir le respect de la loi. L’interdiction absolue du conflit d’intérêts (1) pour un ministre de la Justice ne se négocie pas. Il s’agit en outre d’un enjeu de démocratie. Le ministre de la Justice soutient avoir agi en toute légalité. D’autres ministres pourraient, dans le futur, s’appuyer sur ces précédents pour instrumentaliser la justice dans leur propre intérêt. »

    La commission d’instruction, composée de trois juges indépendants, membres de la Cour de cassation, a procédé à la mise en examen du ministre le 16 juillet 2021.

    L’existence de conflits d’intérêts a été notamment attestée par deux décrets, signés par le Premier Ministre et contresignés par Eric Dupond-Moretti lui-même. En dates du 23 octobre 2020 et du 17 décembre 2020, ils sont postérieurs aux faits reprochés au ministre (2).

    Les décisions prises par le ministre relevaient de son pouvoir propre.

    La commission d’instruction estime qu’il existe des charges suffisantes pour renvoyer le ministre devant la Cour de justice de la République pour des faits de prise illégale d’intérêts (3).

    Le ministre de la Justice sera jugé par la Cour de justice de la République, composée de trois juges professionnels et douze parlementaires (députés et sénateurs élus dans chaque assemblée). Il bénéficie de la présomption d’innocence.

    Il appartiendra à cette juridiction de dire si l’infraction de prise illégale d’intérêts est ou non constituée. Eric Dupond-Moretti encourt jusqu’à 5 années d’emprisonnement et 500.000 euros d’amende ainsi qu’une peine complémentaire d’inéligibilité.


    (1) Selon le rapport « Sauvé », un conflit d’intérêts est « une situation d’interférence entre une mission de service public et l’intérêt privé d’une personne qui concourt à l’exercice de cette mission, lorsque cet intérêt, par sa nature et son intensité, peut raisonnablement être regardé comme étant de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions » (Pour une nouvelle déontologie de la vie publique, Rapport de la Commission de réflexion pour la prévention des conflits d’intérêts dans la vie publique, remis au Président de la République le 26 janvier 2011, p.19)

    (2) Les décrets de « déport » ont été pris sur le fondement de l’article 2-1 du décret n°59-178 du 22 janvier 1959 selon lequel « le ministre qui estime se trouver en situation de conflit d’intérêts en informe par écrit le Premier ministre en précisant la teneur des questions pour lesquelles il estime ne pas devoir exercer ses attributions. Un décret détermine, en conséquence, les attributions que le Premier ministre exerce à la place du ministre intéressé ».

    (3) Le renvoi est ordonné si la Commission d’instruction « estime que les faits constituent un délit » (article 179 du Code de procédure pénale).

  • Renvoi du GDS devant la CJR

    Lire notre communiqué de presse du 3 octobre 2022.

  • L’USM à Tel Aviv

    L’USM à Tel Aviv

    L’USM représentait la France au congrès de l’Union internationale des magistrats en Israël du 18 au 22 septembre 2022.

    Rappel : L’USM est membre fondateur de l’Union Internationale des Magistrats (UIM), créée en 1953, qui réunit 94 associations nationales de magistrats sur les 5 continents. L’UIM a pour mission principale de « sauvegarder l’indépendance du pouvoir judiciaire, condition essentielle de la fonction juridictionnelle et garantie des droits et libertés humains ». L’UIM bénéficie du statut d’observateur auprès de l’ONU et du Conseil de l’Europe. Elle entretient des liens privilégiés avec le rapporteur spécial des Nations Unies pour l’indépendance des juges et des avocats. Elle apporte son soutien aux associations membres qui sollicitent son assistance lorsque la justice ou les magistrats de leur pays sont en difficulté. L’UIM comporte 4 groupes régionaux, dont l’Association Européenne des Magistrats (AEM), qui comporte 44 membres.

    Après deux années sans congrès en présentiel pour cause de pandémie, le dernier ayant eu lieu au Kazakhstan en 2019, les membres de l’UIM ont pu se retrouver lors du congrès organisé cette année à Tel Aviv, par l’association Israélienne des juges (ILAJ, Israeli Association of Judges).

    Ce congrès a réuni environ 300 participants de 71 pays. Chacun des présidents des groupes régionaux (Europe, Afrique, Asie et Amérique du Nord, groupe ibéro-américain) a présenté une synthèse de ses activités annuelles.

    L’UIM comprend 4 commissions d’étude qui travaillent sur :

    • 1ère commission : organisation judiciaire, statut des magistrats, protection des libertés individuelles
    • 2ème commission : droit civil et procédure civile
    • 3ème commission : droit pénal et procédure pénale
    • 4ème commission : droit public et social

    En 2022, l’USM a participé activement aux travaux de 3 des quatre commissions d’étude, sur les thèmes suivants : 1/ Procédures disciplinaires et indépendance judiciaire ; 2/ Les procès virtuels civils ; 4/ Lieux de travail et indépendance judiciaire. Vous pouvez retrouver tous les rapports annuels des commissions d’étude sur le site de l’IAJ-UIM.

    Au sein de l’AEM, Céline Parisot, présidente de l’USM, dirige le groupe de travail « Ways to Brussels » qui a pour objet d’assurer le suivi des initiatives législatives des institutions de l’Union européenne qui pourraient avoir un impact sur les systèmes judiciaires des Etats membres.

    L’objet de ces congrès est également de débattre de la situation de la justice et des magistrats à travers le monde. Dans le cadre des travaux de la 1ère commission d’études, a été évoquée la situation de conflit d’intérêt de notre ministre de la justice.

    Des témoignages poignants ont été exposés sur la situation particulière de nos collègues :

    • En Tunisie, où le CSM a été dissous et remplacé par un conseil provisoire à la solde du pouvoir, qui a mis en œuvre des procédures disciplinaires, et parfois pénales, à l’encontre de magistrats ayant déplu au pouvoir en place ; Christophe Régnard, président honoraire de l’UIM (et de l’USM) a mené une mission pour l’UIM sur place et a lui aussi fait l’objet de menaces pour ce motif.
    • En Ukraine, où la guerre a fait des victimes parmi les magistrats et personnels judiciaires, où la justice est parfois à l’arrêt complet du fait des bombardements ;
    • Au Guatemala, où les magistrats anti-corruption subissent pressions et menaces ;
    • En Afghanistan, où les Talibans ont aboli le système judiciaire et l’Etat de droit, démettant de leurs fonctions les quelques 2250 magistrats de la République Islamique d’Afghanistan, où un peu plus de la moitié des magistrats ont réussi à fuir leur pays, les autres vivant cachés, menacés, sans revenus, où une vingtaine de juges ont été assassinés depuis 2020 et une trentaine ont subi des tortures. Si aucune association de magistrats afghans n’est membre de l’UIM, des pays représentés à l’UIM ont néanmoins accueilli des juges afghans. L’une d’entre eux, réfugiée au Canada, était présente au congrès et a fait une déclaration sur la situation de ses collègues.

    Une déclaration a été adoptée par le groupe africain en soutien au président de l’association des magistrats de Guinée, injustement suspendu de ses fonctions de procureur spécial et remplacé par un chef de parquet par intérim en raison de ses prises de position en qualité de président de cette association.

    L’UIM a remis un prix de l’indépendance de la justice à 3 juges qui mènent le combat pour l’indépendance de la justice au prix de leur liberté. Vous pouvez écouter les discours prononcés à cette occasion lors du congrès en cliquant sur le nom de chacun :

    • Murat Arslan, emprisonné depuis 6 ans en Turquie ;
    • Erika Aifan, magistrate Guatémaltèque, qui vit en exil ;
    • Krystian Makiewicz, président de Iustitia, l’association polonaise des juges membre de l’UIM, qui se bat pour défendre l’indépendance de la justice en Pologne, seul des trois récompensés à être présent à Tel Aviv pour recevoir son prix en mains propres.

    Le conseil central a adopté des résolutions sur la situation des pays suivants :

    • En Tunisie pour défendre l’indépendance de la justice et l’Etat de droit, la liberté d’expression et d’association de nos collègues tunisiens ;
    • Au Guatemala, où 24 magistrats ont dû s’exiler pour échapper aux menaces et intimidations subies, notamment via les médias et réseaux sociaux, du fait de leur engagement professionnel dans la lutte contre la corruption
    • Au Yémen où, sur fond de guerre civile depuis 2015, un ancien membre de la Cour suprême a récemment été enlevé et torturé, des juges ont été tués ou blessés dans les palais de justice, dans la rue ou même à leur domicile, et la majorité des magistrats travaillent sans recevoir de salaire.

    Enfin, une matinée a été consacrée à une conférence sur le thème : « Law, technology and social goods ».

  • Liberté d’expression des magistrats

    Liberté d’expression des magistrats

    Le CSM réaffirme la liberté d’expression des magistrats.

    Communiqué de presse du 15 septembre 2022

    Le Conseil Supérieur de la Magistrature vient d’affirmer qu’Edouard Levrault, magistrat, n’a pas commis les fautes qui lui étaient reprochées (manquement à son obligation de prudence, aux devoirs de réserve et de délicatesse, et atteinte à l’image et au crédit de la justice française) et n’a pas excédé les limites de sa liberté d’expression.

    Le CSM rappelle que la liberté d’expression des magistrats doit être conciliée avec le devoir de réserve mais que « cette obligation ne saurait réduire un magistrat au silence ou au conformisme ».

    Il précise que le montage d’une émission télévisuelle et la mise en scène réalisée par le journaliste ne relèvent pas de la responsabilité du magistrat interviewé.

    Il reconnait que les propos tenus par Edouard Levrault n’étaient pas outranciers et que s’ils ont été diversement perçus, un manquement ne peut pas résulter de la manière dont ils ont été ressentis.

    « Le Conseil relève en outre que nul mieux qu’un magistrat ayant exercé à Monaco ne pouvait porter témoignage de ses conditions d’exercice, de sorte que la prise de parole de Monsieur Levrault revêtait un intérêt particulier pour le débat public et les citoyens. »

    L’USM, qui intervient aux côtés de ce magistrat depuis le début, salue cette décision. Elle met fin à deux ans d’une procédure initiée par le garde des Sceaux dans des conditions pour le moins discutables, le ministre ayant pourtant été l’avocat d’une personnalité inculpée par le magistrat poursuivi.

  • Recrutement et formation

    Recrutement et formation

    Nos propositions pour attirer davantage, recruter plus et former mieux les magistrats sont à retrouver ici.

    Dans le prolongement des États généraux de la Justice, l’USM a proposé une série de propositions destinées à améliorer et accélérer le processus de recrutement des magistrats, à offrir une formation cohérente et de qualité à l’ensemble des magistrats et à améliorer l’attractivité des fonctions.

    Une note détaillant ces propositions a été remise au directeur des services judiciaires le 8 septembre 2022 et transmise au ministre de la justice.

  • Le NPJ n°440 – 09/2022

    Le NPJ n°440 – 09/2022

    A l’occasion des élections au CSM (retrouvez sa composition sur le site du CSM, l’USM expose les grandes lignes de sa doctrine dans ce numéro spécial, en accès libre ici.

    Sommaire

    • l’édito de la présidente
    • Pour préserver l’indépendance de la Justice
    • Une réforme indispensable du CSM
    • Maintenir l’autonomie de gestion des juridictions
    • Repenser le statut du parquet
    • Pour un budget à la hauteur des enjeux
    • Pour un budget propre et adapté aux besoins
    • Pour un immobilier adapté et des outils numériques performants
    • Pour une carrière plus attractive et dynamique
    • Mieux recruter et former
    • Mieux rémunérer et indemniser
    • Votez USM – Modalités de vote
    • L’USM, conseil et soutien en matière de déontologie et discipline
    • Pré-disciplinaire : faire progresser les droits des magistrats
    • Disciplinaire : être aux côtés des magistrats
    • Améliorer les conditions de travail
    • Une meilleure organisation du travail
    • Améliorer la santé et la qualité de vie au travail
    • S’engager pour l’indépendance de la Justice à travers le monde
    • Bibliothèque Robert Badinter Sculptures – Dessins d’audience
    • Programme du congrès d’Aix en Provence

  • Justice malade

    Justice malade

    Si le mois de mai s’inscrivait sous le signe de l’espoir et des promesses, ce mois de juin, malgré la chaleur, s’annonce nuageux…
    Les conditions de travail ne s’améliorent pas, l’indépendance de la justice est menacée, des territoires de la République apparaissent délaissés.

  • L’USM à Porto

    L’USM à Porto

  • Financer une justice accessible et de qualité

    Financer une justice accessible et de qualité

    Depuis des années la justice est rendue en France en mode dégradé : avec deux fois moins de juges et quatre fois moins de procureurs par habitant que la moyenne des États du Conseil de l’Europe, le système français ne peut être à la hauteur des attentes légitimes de nos concitoyens. Dans un contexte de moyens structurellement insuffisants, l’USM propose de créer une nouvelle source de financement de la justice, de nature à limiter l’instrumentalisation de celle-ci en responsabilisant les justiciables. Cette réforme permettrait de faire financer les contentieux du quotidien par les contentieux des plus fortunés. Elle concernerait la justice civile, tout en préservant l’accès au juge pour les contentieux du quotidien et les justiciables les plus modestes.