Catégorie : Actualités

L’action de l’USM se décline de multiples façons. Retrouvez ici toutes les actualités de l’USM : réunions, rencontres, groupes de travail, contributions, notes, courriers, mails, publications, etc.

  • Crim’Org : la JIRS de Nancy demande des moyens

    Crim’Org : la JIRS de Nancy demande des moyens

    Après les témoignages des magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) marseillaise devant la commission d’enquête sénatoriale sur l’impact du narcotrafic en France en mars 2024 ( lire notre communiqué ici et lire sur le site du Sénat le rapport déposé le 14 mai 2024) , la parution d’une tribune dans le journal le Monde le 8 avril dernier signée par 59 magistrats exerçant dans différentes JIRS (lire notre communiqué ici), c’est au tour des magistrats de la JIRS de Nancy de lancer un cri d’alarme sur les conditions très difficiles et le manque de moyens dont souffre leur JIRS pour lutter efficacement contre la montée en puissance du crime organisé.

    Réunis en intersyndicale, les magistrats du siège de NANCY ont adopté une motion à l’unanimité le 8 avril pour demander en urgence la création de 3 postes pour juger les dossiers de la JIRS pénale et de 1 poste pour la JIRS civile (il y actuellement 1 seul poste affecté aux jugements des dossiers JIRS pénale). Vous trouverez ici la motion qui a été adoptée par l’assemblée générale extraordinaire de la juridiction nancéienne le 8 avril dernier ainsi que le communiqué de presse de l’USM ci-dessous appelant à soutenir cette action et ces revendications légitimes.

    Les collègues de Nancy ont organisé ce 16 mai une journée en intersyndicale : une table ronde dans la salle des pas perdus avec affiches et banderoles avec les collègues, les avocats et les politiques en présence des journalistes et un point médias. Ils ont organisé une manifestation à laquelle étaient invités les parlementaires et autres élus du ressort (13 départements) ainsi que les avocats. Un débat a eu lieu auquel ont participé, outre la totalité des magistrats du siège, des parquetiers, les chefs de juridiction, les directeurs de greffe, des greffiers, des avocats dont le bâtonnier, le SAF et l’UJA, deux attachés parlementaires, un représentant du CD 54 et de la mairie de NANCY et un sénateur Olivier Jacquin, en présence de la presse locale, de France bleue et de France 3. Le temps d’échange a été apprécié de tous.

    L’actualité a été malheureusement favorable à la réussite de ce mouvement (lire notre article : « La justice endeuillée par une effroyable attaque ») qui a ainsi reçu une très bonne couverture médiatique (le Parisien, L’est Républicain, la matinale de France Bleue en direct, le direct du journal de midi de France 3 et je vais ce soir faire le direct du 19H de France 3).

    L’USM affiche, aux côtés des collègues nancéiens, sa propre détermination à réclamer pour tous des moyens à la hauteur des enjeux pour le maintien de la paix sociale, gravement mise à mal par ce type de délinquance.

    Lisez notre communiqué de presse :

  • La justice endeuillée par une effroyable attaque

    La justice endeuillée par une effroyable attaque

    Communiqué de presse de l’USM en réaction à l’attaque d’un convoi pénitentiaire dans l’Eure le 14 mai qui a fait 2 morts et 2 agents en situation d’urgence vitale. Ce drame atteint toute la famille judiciaire.

  • Réformer la justice des mineurs : stop ou encore ?

    Réformer la justice des mineurs : stop ou encore ?

    Le bureau de l’USM a rencontré le garde des Sceaux et ses équipes (directrice de cabinet, conseillères PJJ et dialogue social), ce mardi 7 mai 2024, dans le cadre de la concertation sollicitée par le premier ministre concernant la délinquance des mineurs.  

    Cette réflexion « accélérée » intervient dans le cadre post-émeutes de l’été 2023 et à la suite de plusieurs faits divers tragiques mettant en cause des mineurs, notamment de 15 ans.

    Nous avons rappelé notre profond attachement aux principes fondamentaux que sont le principe de spécialité de la justice des mineurs, la primauté de l’éducatif et de la nécessité du « temps éducatif » qui en découle, ce qui n’exclut pas des réactions rapides, ainsi que de l’excuse de minorité.

    Ces règles constituent de véritables marqueurs civilisationnels : les mineurs ne sont pas des « adultes en réduction » mais des « adultes en devenir », immatures, et doivent être traités procéduralement puis jugés comme tels.

    Nous avons également rappelé que les « mineurs en danger » étaient potentiellement des « mineurs dangereux » et que la prise en charge par l’assistance éducative, confiée aux départements, était très insatisfaisante dans notre pays.

    Nous avons ainsi dénoncé le paradoxe sociétal consistant à vouloir juger plus vite et plus fort les mineurs délinquants sans se donner les moyens de prendre collectivement en charge, en amont et au plus vite, les mineurs et les familles en quête d’assistance éducative.

    Sur les mesures envisagées (responsabilité civile accrue des parents, amendes visant les parents défaillants en audience d’assistance éducative, accueil de nuit dans le cadre d’une décision judiciaire pénale pour les plus de 16 ans, internat éducatif sollicité « administrativement » par les parents, contrôle judiciaire, mesure d’intérêt éducatif pour les 13-16 ans …) nous avons indiqué qu’il s’agissait de mesures pouvant avoir de l’intérêt pour certaines sous réserve de prendre préalablement en compte l’avis des professionnels de l’enfance et, surtout, vérifier que ces nouvelles mesures :

    • ne fassent pas double emploi avec des mesures existantes, moins médiatiques ;
    • ne « cannibalisent » pas les mesures existantes ou d’autres actions en faveur des mineurs en captant nos trop maigres ressources judiciaires et éducatives, tant financières qu’humaines. 

    Nous avons enfin indiqué être très réservés à l’accroissement du pouvoir de sanction autonome des parquets, hors validation du siège, s’agissant des mineurs concernant une sanction (composition pénale) inscrite au casier judiciaire, et encore plus particulièrement en l’état du statut insuffisamment protecteur du ministère public. 

    L’USM estime que la plupart des mesures existent dans le code de la justice pénale des mineurs, récemment mis en œuvre, ou dans le code de procédure pénale, et qu’il convient, avant toute chose, de se donner les moyens de les mettre pleinement en œuvre.

  • Un grand magistrat nous a quittés

    Un grand magistrat nous a quittés

    Le bureau de l’USM apprend avec tristesse et émotion le décès de notre collègue Renaud Van Ruymbeke.

    Renaud Van Ruymbeke a su incarner, aux côtés d’autres collègues, les vertus d’indépendance et de ténacité de la magistrature à une époque où la culture administrative, et parfois judiciaire, n’en faisait pas forcément des vertus cardinales. Le fantasmé « gouvernement des juges », agité par certains en réaction à l’action déterminée de l’autorité judiciaire incarnée par des collègues comme Renaud Van Ruymbeke, n’est pas une tentative de prise de pouvoir du judiciaire sur le législatif et l’exécutif, mais l’application de nos principes républicains et textes pénaux votés par le parlement, sans exclusive, à l’ensemble du corps social.

    Renaud Van Ruymbeke a également su alerter nos concitoyens sur la nécessité d’une lutte résolue contre la grande criminalité économique et financière, contre le blanchiment organisé et ses filières off-shore qui minent le lien social, font le lit du crime organisé et soustraient à la collectivité les ressources nécessaires au bon fonctionnement étatique et au maintien de notre modèle social.

    Son combat reste plus que jamais d’actualité : relisez ici notre article déplorant le manque de moyens pour lutter contre le crime organisé.

    L’USM, apolitique et fidèle à ses valeurs d’indépendance de l’autorité judiciaire, avait su mobiliser pour soutenir son combat lorsqu’il avait été attrait devant le Conseil supérieur de la magistrature : voir ici les archives de l’INA « Le juge Van Ruymbeke devant le CSM ».

    L’USM adresse à sa famille et à ses proches ses plus sincères condoléances.

  • Veille médias

    Veille médias

    Le bureau national de l’USM a été sollicité à de multiples reprises par les médias ces derniers jours au sujet des annonces du garde des Sceaux visant à renforcer la lutte contre le crime organisé mais aussi sur la délinquance des mineurs.

    Ainsi l’USM, par la voix de son président, est intervenue sur France Info, le JT de France 2, le 6 mn de M6, Cnews, l’AFP, Radio Classique et Sud Radio.

    Nous avions précédemment communiqué dans la suite de l’audition de nos collègues de la JIRS de Marseille, ainsi que des chefs de juridiction, par une commission d’enquête parlementaire suivie d’une réaction très commentée du garde des Sceaux. Retrouvez ici nos articles :

    Nous avons pu rappeler que l’USM faisait le constat d’une hausse de la menace, un rapport Europol parlant d’une « menace majeure pour la sécurité intérieure européenne » et recensant 821 réseaux criminels.

    Cette réalité nécessite un redimensionnement des moyens de la police judiciaire et de la justice pour lutter contre le crime organisé.

    Deux axes apparaissent complémentaires et nécessaires :

    • Des moyens en enquêteurs formés, spécialisés et filiarisés, davantage d’assistants spécialisés et des magistrats formés et en nombre suffisant ainsi que des moyens informatiques adaptés ;
    • Un travail nécessaire sur un arsenal juridique modernisé avec notamment une évolution du statut du « repenti », un possible élargissement du champ de compétence des cours d’assises spécialisées, une réflexion quant à une infraction d’association de malfaiteurs « maffieux », un régime carcéral adapté, des moyens contre les risques de destruction de preuves ou de violation du secret de l’instruction, l’utilisation de techniques spéciales d’enquête empruntées au renseignement…

    Nous avons insisté sur l’absolue nécessité de ne pas oublier la lutte contre la grande délinquance économique et financière et le blanchiment, via des places « off-shore », seul moyen de lutter efficacement contre le crime organisé qui dispose de moyens financiers colossaux ainsi que de moyens, notamment financiers ou cyber, de plus en plus sophistiqués.

    Nous ne nous sommes pas prononcés sur le principe de la création d’un parquet national, la véritable question se situant au niveau des moyens consentis et de l’articulation avec les JIRS, voire les juges de droit commun contraints de traiter des dossiers infra-JIRS.

    L’USM prendra toute sa part dans le travail de préfiguration et de concertation qui va s’ouvrir pour la mise en forme des réformes annoncées.

    Vous trouverez ci-après quelques liens de nos interventions sur le crime organisé :

    Radio classique

    France Info

    mais aussi sur les mineurs :

    Le téléphone sonne – France Inter – sur les jeunes et l’autorité, avec Aurélien Martini (SGA de l’USM)

    Apolline Matin sur RMC – « Excuse de minorité, l’inquiétude des magistrats »

  • Libérez Murat Arslan

    Libérez Murat Arslan

    L’Association européenne des magistrats tient en ce moment son congrès annuel en Pologne, où l’indépendance de la justice a été gravement menacée ces dernières années. Nous y reviendrons prochainement à l’occasion d’un article dédié à ce congrès. Mais il faut ici de toute urgence relayer la demande de libération du magistrat turc Murat Arslan.

    En détention depuis 2016, Murat Arslan est un ancien rapporteur de la Cour constitutionnelle turque et président de l’Association pour l’Union des juges et procureurs turcs (YARSAV), aujourd’hui dissoute. Murat Arslan, fervent partisan de l’indépendance du pouvoir judiciaire, a remporté l’édition 2017 du Prix des droits de l’homme Václav Havel (distinction créée en 2013 et décernée chaque année par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe), qui récompense une action exceptionnelle de la société civile en faveur des droits de l’homme.

    L’Union internationale des magistrats et sa branche européenne, l’Association européenne des magistrats (UIM-IAJ et AEM-IAJ dont l’USM est membre fondateur – lire ici), ont pris l’initiative de lancer un mouvement pour faire pression sur le gouvernement turc afin qu’il accorde à Murat Arslan une libération conditionnelle immédiate, conformément à la loi turque.

    Vous trouverez sur le site de l’UIM-IAJ, qui dédie une page spéciale à la situation de notre collègue turc (lire ici), un message d’un autre collègue turc, Murat Durmaz, nous informant du refus des autorités turques d’appliquer la loi qui permettrait à Murat Arslan d’être enfin libéré après 8 ans d’emprisonnement dur et injuste. Nous voulons tout mettre en oeuvre pour obtenir la libération conditionnelle immédiate de Murat Arslan, véritable champion de l’indépendance judiciaire.

    L’USM a publié plusieurs articles sur la situation de nos collègues turcs au fil des ans dans différents numéros du NPJ. Vous trouverez certains de ces articles ci-dessous :

    • Un appel aux dons pour le soutien à nos collègues turcs, lancé par Christophe Régnard dans le NPJ de mars 2017
    • Un article de José Igreja Matos, président de l’AEM en 2021 : « L’espoir n’est pas un vain mot »
    • L’article du NPJ de décembre 2022 sur le congrès de l’UIM à Tel Aviv, où nous rappelions que Murat Arslan était emprisonné depuis 6 ans alors… lorsque le prix de l’indépendance de la justice lui a été remis.

    N’oublions pas que la lutte pour l’indépendance de la justice, pilier de la démocratie et de l’Etat de droit, est une histoire sans fin, un éternel recommencement ; ne baissons pas la garde !

  • La justice des mineurs, l’impossible répit

    La justice des mineurs, l’impossible répit

    Après plusieurs faits divers dramatiques survenus ces derniers jours, la question de la violence des mineurs réapparait dans le paysage politique et médiatique.

    L’Union syndicale des magistrats n’apprécie les dernières annonces gouvernementales sur la justice des mineurs ni à l’aune d’un a priori laxiste ou naïf, ni sous l’angle d’un a priori répressif. C’est un chemin toujours difficile de rappeler les principes fondamentaux de notre République dans une société de la communication où l’immédiateté et l’hyper réactivité sont élevées au rang de vertus cardinales.

    Alors que le ministère de la Justice se félicitait encore il y a peu du succès du code de la justice pénale des mineurs (CJPM), entré en vigueur le 30 septembre 2021 à moyens quasi constants et qui a succédé à l’ordonnance du 2 février 1945, les dernières annonces du Premier ministre laissent envisager une nouvelle réforme législative. Le triste adage « un fait divers, une loi » se porte donc au mieux alors que le rapport Sauvé, issu des Etats généraux de la justice, avait rappelé l’impérieuse nécessité d’une pause législative pour permettre à l’institution judiciaire de se redresser (relire notre communiqué de presse de janvier 2023 : L’asphyxie enfin reconnue).

    Le Premier ministre a souhaité lancer « une grande consultation » des corps intermédiaires sur la justice des mineurs à réaliser dans un délai court de huit semaines, avec un premier point d’étape d’ici à quatre semaines (avancée des travaux et premières mesures annoncées). Au-delà de savoir s’il est réellement pertinent de se lancer dans un tel chantier légistique en huit semaines, que faudrait-il donc déjà changer dans un CJPM qui n’a que deux ans ? La plupart des professionnels salue le raccourcissement des délais opéré par ce nouveau code. La césure mise en œuvre est en effet pertinente dès lors qu’elle ouvre un temps de mise à l’épreuve éducative effectif. A cet égard, des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse ont indiqué que le manque de moyens ne leur permettait pas toujours d’utiliser pleinement ce temps d’épreuve. Car en matière de justice des mineurs comme pour d’autres sujets la question des moyens est centrale, n’en déplaisent à ses détracteurs.

    Parallèlement au discours du Premier ministre, n’oublions pas de rappeler les difficultés devenues structurelles auxquelles est confrontée la protection de l’enfance : manque de personnels, jugements non exécutés, effondrement de la pédopsychiatrie … Or, l’inexécution ou l’exécution défaillante des décisions de justice met à mal tout le dispositif de protection de l’enfance et est susceptible d’entraîner des conséquences sur un passage à l’acte ultérieur de certains mineurs. C’est pourquoi l’USM sollicite de longue date davantage de structures d’accueil, des structures d’accueil diversifiées (adaptées notamment à des enfants présentant des troubles de la personnalité) et des structures permettant des visites encadrées à la mesure des besoins. De manière générale, nous demandons un dispositif permettant à l’aide sociale à l’enfance d’exécuter les décisions des juges des enfants, aux enfants placés de bénéficier d’une prise en charge conforme à leurs besoins dans le délai fixé par le jugement. Le raisonnement est identique pour les mesures en milieu ouvert : quelle efficacité pour une mesure éducative prise en charge des mois, voire plus d’un an, après son prononcé ?

    Sur les besoins humains et la charge de travail, l’USM considère qu’une charge de travail normale d’un juge des enfants (pour travailler convenablement) est d’environ 350 dossiers d’assistance éducative avec une activité pénale de l’ordre de 20 à 25% de la charge du cabinet. Or, un grand nombre de juges des enfants a en charge 600, voire 700 ou 800 mesures, ce qui rend impossible le fonctionnement d’une justice des mineurs de qualité. Il existe également un très grand nombre de postes vacants dans les greffes des tribunaux pour enfants, et la plupart des juges des enfants sont contraints de tenir les audiences d’assistance éducative sans greffier.

    La justice des mineurs est un enjeu essentiel de toute démocratie et la qualité de celle-ci reflète l’importance accordée aux plus vulnérables. Au regard de nos principes constitutionnels, conventionnels et juridiques fermement établis, elle ne peut se réduire au tout répressif. L’importance accordée à la protection de l’enfance, à l’éducation, au suivi médico-social constitue la plus efficace des préventions de la délinquance des mineurs. L’enjeu est tel qu’il exige des moyens à la hauteur des besoins, ce qui n’est aujourd’hui absolument pas le cas.

    Au lieu de se lancer dans une énième réforme en mode dégradé ou inadapté, donnons-nous les moyens d’appliquer les réformes déjà intervenues et donnons les moyens aux éducateurs, juges des enfants, greffiers, parquetiers, enquêteurs et associations d’appliquer totalement et complétement le CJPM.

    Le bureau de l’USM a répondu à la presse ces dernières heures. Lisez par exemple ici un article du Monde « Justice des mineurs, l’option répressive de Gabriel Attal », qui cite Ludovic Friat : «  Je suis vent debout, lance Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats (majoritaire). C’est de la com. Le code de la justice pénale des mineurs a à peine trois ans et on le modifie alors que c’est un outil intéressant. Il faut se garder du laxisme mais aussi du tout répressif. C’est un recul conséquent des droits. »

     

  • L’USM au soutien des auditeurs de justice

    L’USM au soutien des auditeurs de justice

    Les ADJ ont choisi leur premier poste du 5 au 12 avril à l’ENM à Bordeaux. Comme chaque année, l’Union syndicale des magistrats était présente tout au long du processus de choix de poste.

    La liste des postes était cette année plus tournée vers le renfort des juridictions de province, à l’inverse de celle de 2023 qui offrait de nombreux postes dans les juridictions d’Ile-de-France en vue des jeux olympiques. Les 248 ADJ qui prendront leur poste le 1er septembre 2024 ne permettront cependant pas encore de combler les vacances de postes (403 postes vacants par rapport à la circulaire de localisation des emplois 2022, dernière CLE publiée).

    Depuis 2008, aucun volant de poste n’est proposé aux auditeurs de justice, malgré l’offre de postes dans des juridictions d’outre-mer (13 postes outre-mer, dont 5 au TJ de Cayenne et 6 au TJ de Mamoudzou). Nous avions cependant échangé longuement avec la direction des services judiciaires pour assouplir les conditions de nomination à Mayotte : un délai minimum de 2 ans (et non 3 ans) et un contrat de mobilité étaient ainsi proposés aux auditeurs, ce qui a encouragé les candidats au départ et évité des départs contraints.

    Par téléphone le week-end et sur place à l’ENM toute la semaine, nous avons pu répondre aux questions des ADJ relatives au statut (incompatibilités, statut de magistrat placé, etc…), leur donner accès à nos publications comme le guide « Magistrats : vos droits » (en accès complet sur l’espace réservé à nos adhérents, et quelques extraits ici), le NPJ (notre revue trimestrielle), le guide « Premier poste : l’essentiel » et apporter des informations concrètes sur les juridictions à l’aide des fiches de juridiction actualisées par les délégués régionaux de l’USM et les contacts locaux que nous avions réunis. Nous avons pris le temps de les écouter pour les soutenir moralement aussi car cette semaine de choix du premier poste est une épreuve pour certains.

    En début de semaine, Le Monde a relayé dans un article « Magistrature : des comportements dégradants signalés par des étudiants de l’ENM en stage en juridiction » une dénonciation importante d’auditeurs de la promotion 2021 concernant leur stage juridictionnel. A ce sujet, nous voulions préciser que depuis deux ans, l’USM a renforcé son action au soutien des auditeurs de justice. Notre déléguée régionale au sein de la cour d’appel de Bordeaux, qui est également chargée de mission ENM pour le bureau, peut ainsi se rendre accessible facilement lors de la période de scolarité. Membre du conseil d’administration de l’ENM, elle est à ce titre un relai régulier des délégués de section USM des auditeurs de justice. Deux membres du bureau national sont par ailleurs spécialement chargés du suivi de la situation des auditeurs. Nos délégués régionaux assurent un accueil spécifique aux auditeurs adhérents qui arrivent en stage dans leur ressort. Juste avant le départ en stage des auditeurs de la promotion 2023, nous leur avons diffusé une plaquette de présentation de l’USM (à lire ici) afin qu’ils identifient les représentants syndicaux comme des interlocuteurs à disposition pendant leur stage.

    Concernant nos actions relatives à l’ENM, les prochaines échéances seront le conseil d’administration de l’école en juin ainsi que le soutien aux magistrats stagiaires issus du concours complémentaire pour le choix de leur premier poste début juillet.

  • Effectifs supplémentaires : 10% attendus, 250% nécessaires ?

    Effectifs supplémentaires : 10% attendus, 250% nécessaires ?

    Le compte n’y est pas… Pour rappel, doivent être recrutés, d’ici à 2027, 1 500 magistrats, 1 800 greffiers et 1 100 attachés de justice. Sur la répartition des effectifs ainsi promis d’ici 2027 (relisez notre synthèse et notre newsletter n°2023-2 sur ce thème), un tableau et des cartes viennent d’être diffusés par la DSJ dans le prolongement des annonces faites le 18 octobre 2023.

    Les effectifs de départ pris en compte sont ceux au 1er janvier 2023 de sorte que sur les 1500 renforts annoncés en magistrats, plus de 500 viendront d’abord combler les postes laissés vacants en 2023. C’est une indiscutable nécessité mais au final, c’est seulement 947 créations de postes de magistrats supplémentaires qui viendront renforcer les rangs d’ici 2027, et seulement 817 créations de postes de greffiers à leurs côtés.

    Ainsi, l’augmentation des effectifs de magistrats sera d’environ 10% de l’effectif total d’ici 2027 là où les moyennes de la CEPEJ (commission européenne pour l’efficacité de la justice) comme les besoins estimés par le groupe de travail sur la charge de travail des magistrats tendent vers un doublement voire un triplement de l’effectif total…

     

    Les conclusions de ce groupe de travail tardent à être diffusées : charge de travail des magistrats, un tabou ? Malgré les besoins criants reconnus, malgré les demandes insistantes de la Cour des comptes et de Bercy pour se doter d’un outil d’évaluation de la charge de travail des magistrats, malgré un travail d’ampleur mené depuis plus de 2 ans sous l’égide de la DSJ, travail complexe, technique mais finalement consensuel, les chiffres ne sont pas dévoilés. L’addition économique et politique est-elle trop chère ? L’USM a écrit ce jour au premier président de la Cour des comptes pour l’informer de l’avancée des travaux du groupe de travail et l’inviter à en prendre connaissance : lire notre courrier.

    Si l’on ne peut que se réjouir des renforts annoncés, force est d’admettre que 10% d’effectifs en plus ne suffiront certainement pas à réduire les stocks et les délais, à améliorer la qualité ni la célérité de la justice, dont l’état de délabrement a été mis en lumière par le rapport Sauvé sur les Etats généraux de la justice, après plus de 30 ans d’abandon (lire notre communiqué de presse de janvier 2023 : L’asphyxie enfin reconnue). Cet effort montre le cap, il ne peut être le port d’arrivée.

    L’USM veillera à ce que les renforts annoncés soient pérennes dans les années à venir et qu’une véritable réflexion commune soit menée sur les moyens d’améliorer durablement la qualité et la célérité de la justice au service de tous.

    Télécharger ici :

     

  • Le NPJ n°446 03/2024

    Le NPJ n°446 03/2024

    La revue de l’USM du mois de mars 2024 est consacrée à la réforme du traitement indiciaire des magistrats mais aussi à des thèmes plus graves comme la notion de consentement dans le viol ou l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution.

    Consultez l’intégralité des articles dans votre espace adhérent.

    • L’édito du président de l’USM
    • Toutes les questions que vous vous posez sur la rémunération
    • La réforme tant attendue de la rémunération indiciaire – par Natacha AUBENEAU
    • Viol et consentement, des mots tabous ? – par Fabienne AVERTY
    • Rubrique Monde – Les définitions légales du viol au sein des pays membres de l’Union européenne : quel a été l’impact de la convention d’Istanbul ? – par Alexandra VAILLANT
    • Rubrique Culture – Mon corps, mon choix : le droit à l’avortement gravé dans la Constitution – par Alexandra VAILLANT
  • 20 ans des JIRS : quels moyens pour lutter contre le crime organisé ?

    20 ans des JIRS : quels moyens pour lutter contre le crime organisé ?

    Le Monde a publié ce jour deux tribunes à l’initiative de collectifs de collègues spécialisés dans la lutte contre le crime organisé et la délinquance économique et financière : « Face à la montée en puissance du crime organisé, la justice française souffre d’un manque durable de moyens » ;  » La lutte contre la délinquance financière est un investissement vital pour la démocratie et l’état de droit ».

    Ecoutez l’interview d’Audrey Bailleul, déléguée de section USM de Lille, sur France Culture : la justice peut-elle récupérer l’argent de la drogue ?

    L’USM salue et soutient cette démarche. Vous pouvez consulter nos récents articles sur le sujet :

    La tribune relative à la lutte contre la délinquance financière a été signée par environ 130 magistrats. La seconde est toujours ouverte. Nous vous invitons à soutenir cette initiative en signant à votre tour la tribune sur la lutte contre le crime organisé en cliquant sur ce lien.

    Le crime organisé, et les moyens financiers colossaux dont il dispose, vise à supplanter ou, à défaut, infiltrer l’Etat et à abattre notre système démocratique. Il faut se donner les moyens de lutter efficacement contre ce péril et tarir les sources de profits illicites.

  • Audiences nocturnes : une fatalité ?

    Audiences nocturnes : une fatalité ?

    Non : l’USM saisit l’inspection du travail !

    Lors des vacations de l’été 2023, le tribunal judiciaire de Paris a connu plusieurs épisodes d’audiences de comparution immédiate nocturnes, nombre d’entre elles s’étant achevées au lever du jour. De nombreux avocats s’en étaient à juste titre émus sur les réseaux sociaux et avaient publié une tribune. Des mentions avaient été portées sur le registre de santé et de sécurité au travail.

    Pour y remédier, les organisations syndicales ont porté, dans le cadre des compétences de la formation spécialisée en matière de santé, sécurité et conditions de travail (dite F3SCT, ex CHSCT) du CSA de Paris, une demande de mesure d’expertise, refusée par l’administration au motif qu’il n’y avait eu aucun accident de service ou de trajet et que, dès le mois de septembre, des groupes de travail avaient été réunis pour réfléchir à cette problématique.

     Les vacations de Noël et d’hiver ont toutefois démontré que la question n’était pas réglée.

    L’augmentation annoncée du nombre d’audiences de comparution immédiate, dans la perspective du plan « zéro délinquance » mis en œuvre dans la perspective des jeux olympiques, ne peut que nous inquiéter sur la capacité de notre ministère à faire respecter les principes élémentaires du droit du travail dans la fonction publique alors que ces audiences nocturnes nous épuisent et ne nous permettent pas de rendre la justice dans des conditions dignes.

    La F3SCT du tribunal judiciaire de Paris a utilisé l’une de ses compétences exclusives, et, par un vote unanime des organisations syndicales qui la composent (USM, UNSA, SM et CGT), a voté le 17 octobre 2023 une mesure d’expertise à confier à l’un des experts agréés par le ministère du travail. Par ordonnance du 02 novembre 2023, l’administration a cependant refusé la mise en œuvre de cette mesure d’expertise.

    Fin février 2024, la F3SCT a dès lors voté, pour la première fois de l’histoire de l’institution judiciaire, la saisine de l’inspection du travail, saisine qui n’est possible qu’en ce cas de figure exceptionnel. L’action portée n’a pas pour but de remettre en cause le principe des audiences de comparution immédiate mais d’exiger le respect des principes élémentaires du droit du travail que nous sommes chargés de faire respecter par ailleurs dans le monde du travail devant nos juridictions. Nous considérons en effet que les conditions de travail subies au cours de l’été 2023 par les personnels de la juridiction parisienne ne respectent pas le droit du travail et que le regard de l’administration chargée de faire respecter les principes du droit du travail est indispensable pour éviter le renouvellement de tels abus.

     Parce que rendre une justice de qualité est plus que jamais un impératif, l’USM agit !