Catégorie : Actualités

L’action de l’USM se décline de multiples façons. Retrouvez ici toutes les actualités de l’USM : réunions, rencontres, groupes de travail, contributions, notes, courriers, mails, publications, etc.

  • Charge de travail des magistrats, un tabou ?

    Charge de travail des magistrats, un tabou ?

    L’USM participe aux travaux sur l’évaluation de la charge de travail depuis la création du groupe de travail en 2011, travaux interrompus en 2014 (parce que les premiers chiffres ne plaisaient pas ou faisaient peur ?) puis repris en 2021 : lisez ici notre dernier article sur le bilan de 2 ans de travaux du groupe de travail.

    Lors du bilan que nous avions dressé à l’issue de la première année de reprise de ces travaux, en décembre 2022, ayant abouti à un premier projet de référentiel pour la première instance, nous écrivions : « Ce référentiel, s’il fait naître un immense espoir, peut être source de désillusions, d’amertume ou de découragement s’il n’est qu’une perspective à long terme et si nous ne nous en saisissons pas collectivement maintenant. » (Lire notre message complet de déc. 2022 ici).

    Abandonné en 2014 (à l’époque l’USM avait publié sur son site les référentiels élaborés), le groupe a été relancé en 2020, sous l’impulsion notamment de la Cour des comptes. L’USM y a joué un rôle actif, car comment objectiver le besoin en postes supplémentaires de magistrats, donc la surcharge de travail que l’on ne cesse de dénoncer depuis des années, sans aucun outil d’évaluation ?

    Pour chaque fonction, au terme d’une réflexion approfondie et d’échanges en amont, les travaux ont été clôturés par une réunion de vote afin d’arrêter le référentiel, sur la première instance d’abord, sur l’appel ensuite, dans un consensus quasi total entre les membres du groupe de travail.  A ce jour, et alors que les travaux sont terminés, la DSJ n’a toujours pas diffusé les tables d’évaluation de chaque fonction, alors que dès l’origine elle s’y était engagée.

    Devant l’absence de réponse de la DSJ à nos multiples relances, nous lui avons donc demandé officiellement par courrier de tenir ses engagements, de provoquer cette réunion conclusive et de procéder à la diffusion de ces premiers référentiels, certes perfectibles mais indispensables pour l’avenir de notre institution et pour aboutir à une justice de qualité au service de nos concitoyens. Alors que la répartition par cour d’appel des renforts d’ici 2027 vient d’être dévoilée, et sachant que nous sommes encore très loin des chiffres CEPEJ (doublement des effectifs a minima), il est urgent de disposer d’un tel outil. C’est en effet à ce seul prix que nous obtiendrons le maintien d’un renfort d’effectifs sur le long terme.

    Lisez notre courrier de ce 28 mars 2024 à la DSJ.

  • Repenser la lutte contre la criminalité organisée

    Repenser la lutte contre la criminalité organisée

    La teneur des propos exprimés par nos collègues marseillais devant la commission sénatoriale pour dénoncer une guerre asymétrique entre l’Etat et les trafiquants, n’a été une surprise que pour ceux qui ignorent ces réalités ou ne veulent pas les voir. Loin d’être étonnants, ils sont l’affirmation du danger majeur pour notre démocratie que constituent le crime organisé et les réseaux mafieux. D’autres pays proches de nous (la Belgique et les Pays-Bas) paient cher leur absence de réaction face à la montée en puissance des groupes criminels. L’Italie quant à elle a payé du sang de policiers et magistrats l’emprise de la mafia avant de prendre des mesures.

    Il est temps de réagir !

    L’USM appelle au nécessaire renforcement de la lutte contre la criminalité organisée et soutient l’appel au secours des magistrats marseillais : lisez notre message de soutien et notre communiqué de presse ici.

    La progression spectaculaire des groupes criminels et la montée de la violence imposent un autre dimensionnement des moyens de la police et de la justice. Le volume des affaires criminelles de haute intensité a crû. Il est donc impératif que les moyens pour lutter contre la criminalité organisée soient en adéquation. En effet, nulle réforme législative ne peut être efficace sans une prise de conscience aigüe et sans des moyens adéquats pour traiter les dossiers et obtenir des résultats. Il faut des magistrats en nombre suffisant et spécialisés sur ces questions mais également des enquêteurs formés et dédiés maîtrisant tous les aspects de l’enquête, notamment le volet patrimonial et la coopération internationale.

    Ce préalable étant posé, plusieurs évolutions législatives peuvent être envisagées :

    • repenser le statut du repenti ;
    • élargir le champ des cours d’assises spéciales, voire des cours criminelles départementales, dans le domaine de la criminalité organisée ; peut-être faudrait-il également se pencher sur le régime carcéral des condamnés à ce type d’infraction afin de casser la direction des réseaux une fois les intéressés incarcérés ?
    • repenser l’infraction d’association de malfaiteurs ; l’exemple italien, pays de tradition juridique proche et soumis aux mêmes exigences européennes, mérite d’être exploré, notamment en ce qu’il prévoit l’association de malfaiteurs de nature mafieuse (article 416 bis du code pénal italien) ;
    • renforcer l’arsenal judiciaire permettant de sanctionner plus efficacement la destruction de preuves ainsi que la violation du secret de l’enquête ;
    • mettre la lutte contre les aspects financiers de cette criminalité au cœur des priorités car il ne s’agit pas seulement de sanctionner des individus, mais de détruire des organisations dont l’objectif ultime est de supplanter l’Etat.

    Gardons-nous de toute naïveté en ce domaine. La protection de nos droits et libertés ne pourra être effective dans un pays où l’emprise mafieuse est telle qu’elle corrompt plusieurs pans de la société, dirige l’économie réelle, intervient sur le cours des élections et fait régner l’insécurité. Nous n’en sommes heureusement pas encore là. Il faut donc réfléchir sérieusement et rapidement aux mesures adéquates pour éviter de connaître un jour une telle situation.

    Ces réflexions n’empêchent pas, au contraire, de prendre également en compte les problématiques de santé publique et de désinsertion sociale rencontrées par certains consommateurs de stupéfiants en prise à une addiction.

  • Le syndicalisme judiciaire

    Le syndicalisme judiciaire

    Valéry Turcey, président d’honneur de l’USM, et Bertrand Mathieu, constitutionnaliste, ont exposé devant l’Académie des sciences morales et politiques leur vision respective du syndicalisme dans la magistrature sur le thème : « Regards croisés sur le syndicalisme judiciaire : aberration ou nécessité ».

    Après avoir présenté la naissance et le contenu du syndicalisme judiciaire en France, Valéry Turcey, premier président de la Cour d’appel de Limoges et ancien président de l’USM, s’attache à définir la liberté d’expression des magistrats.

    Rappelons que la liberté syndicale et la liberté d’expression des magistrats ont été maintes fois réaffirmées par les instances nationales et internationales. Relisez notre newsletter sur la liberté d’expression ici.

    Vous trouverez une synthèse de la séance du 18 mars 2024, suivie du verbatim des interventions de chacun des communicants sur le site de l’Académie des sciences morales et politiques en cliquant ici.

    Vous pourrez aussi trouver sur ce site les interventions, le 25 mars 2024, de Dominique Verdeilhan et Mathieu Delahousse sur le thème : « Regards croisés de journalistes sur la justice« .

    Voici ci-dessous le texte de Valéry Turcey :

  • Soutien aux collègues marseillais

    Soutien aux collègues marseillais

    La commission d’enquête du Sénat sur l’impact du narcotrafic en France et les mesures à prendre pour y remédier, créée en novembre 2023, s’est déplacée à Marseille les 7 et 8 mars 2024. Lisez ici le communiqué de presse de la commission d’enquête.

    La presse a relayé les vives réactions du ministre de la justice à l’encontre des déclarations de nos collègues marseillais, qui ont dénoncé une guerre asymétrique entre l’Etat et les trafiquants.

    La vérité ne devrait jamais déranger. Les collègues marseillais qui ont déposé sous serment devant la commission d’enquête parlementaire ne pouvaient altérer ou minorer la réalité de leur constat. Nous saluons leur courage et leur dévouement.

    Vous trouverez ci-dessous notre communiqué de presse.

  • Réforme des voies d’accès à l’ENM

    Réforme des voies d’accès à l’ENM

    Lors du conseil d’administration de l’ENM qui s’est tenu le 18 mars, plusieurs sujets ont été débattus, notamment :

    • le bilan des classes préparatoires 2023 qui est très bon avec 6 classes et un taux de réussite jamais égalé jusqu’alors avec 118 places ouvertes pour l’année à venir.
    • le bilan des concours : pour les 3 premiers concours, il est noté une baisse questionnante des candidatures avec 85 % de femmes, un âge moyen du 1er concours de 23 ans, de 31 ans pour les 2 autres concours et un niveau d’études bien souvent élevé, en tout cas supérieur aux prérequis avec un passage par des prépas privées. Et pourtant, le niveau baisse… Quant au concours complémentaire, il reste attractif malgré un taux de désistement important, 75 % de femmes en moyenne de 42 ans, de niveau d’étude élevé essentiellement d’origine parisienne.
    • mais le sujet principal fut la présentation des projets de textes d’application de la loi organique par le DSJ.

    En effet, l’article 1er de la loi organique du 20 novembre 2023 relative à l’ouverture, à la modernisation et à la responsabilité du corps judiciaire (voir ici notre synthèse) a rénové les voies d’accès à la magistrature afin de les simplifier, de renforcer l’attractivité du corps judiciaire, d’accueillir et de valoriser des professionnels aux parcours diversifiés. Cette réforme se traduit notamment par la suppression de la plupart des voies d’intégration directe et l’identification de deux statuts conduisant à deux parcours de formation distincts :

      • les auditeurs de justice, issus des 3 premiers concours, qui bénéficieront d’une formation longue (31 mois),
      • les stagiaires, issus du concours professionnel, qui suivront une formation courte (12 mois).

     

    Les trois concours donnant accès à l’auditorat de justice sont ainsi maintenus. Le premier, destiné aux étudiants, et le deuxième, ouvert aux fonctionnaires, sont inchangés pour l’essentiel. Le troisième concours,ouvert aux professionnels en reconversion, connait en revanche des évolutions. La durée d’expérience professionnelle requise est réduite à quatre ans, contre huit actuellement, et les titulaires d’un doctorat en droit qui possèdent, outre les diplômes requis pour le doctorat, un autre diplôme d’études supérieures, pourront présenter ce concours sans justifier d’une expérience professionnelle particulièrement qualifiante. Ce troisième concours vise notamment les juristes-assistants qui candidataient bien souvent à l’intégration directe sur le fondement de l’article 18-1 de l’ordonnance statutaire.

    Les stagiaires seront recrutés par la voie d’un concours professionnel destiné aux professionnels en reconversion justifiant d’une expérience professionnelle particulièrement qualifiante d’au moins sept années pour les fonctions du second grade et d’au moins quinze années pour les fonctions du premier grade. Des durées d’expérience professionnelle réduite sont prévues pour les professionnels ayant une activité proche de la sphère judiciaire (juristes assistants, directeurs de greffe, avocats, magistrats exerçant à titre temporaire) mais également pour les titulaires d’un doctorat en droit, qui possèdent, outre les diplômes requis pour le doctorat un autre diplôme d’études supérieures, ayant exercé des fonctions d’enseignement ou de recherche dans un domaine juridique dans un établissement public d’enseignement supérieur.

    En conséquence, les concours complémentaires seront supprimés, tout comme les recrutements sur titre (articles 18-1, 22 et 23 qui étaient les principaux fondements des demandes de recrutement sur titre). La mise en œuvre de cette réforme nécessite la modification ou l’adoption de onze textes de différents niveaux : décret en Conseil d’État, décret simple, arrêté interministériel, arrêté ministériel après avis du conseil d’administration de l’ENM et arrêté ministériel.

    La DSJ a donc élaboré les projets de textes réglementaires visant à tirer les conséquences de cette réforme en fixant notamment l’organisation des concours, le programme et la nature des épreuves, la composition des jurys. En substance, il faut alors retenir les points suivants :

      • un 3e concours réformé avec des épreuves modifiées (pour l’admissibilité : une note de synthèse, un cas pratique, des questions courtes et pour l’admission un entretien avec le jury) ;
      • un concours professionnel avec une formation réduite de 12 mois pour les futurs stagiaires sur les fonctions non spécialisées (3 mois à l’ENM et 7 mois de stage). Les épreuves prévues seront : une épreuve unique pour l’admissibilité avec une note de synthèse et une épreuve unique pour l’admission avec un entretien de 50 minutes avec le jury se décomposant en un exposé de 10 minutes portant sur un cas pratique (matière au choix du candidat : droit civil et procédure civile ou droit pénal et procédure pénale) suivie d’une interrogation orale de 10 minutes portant sur la matière objet du cas pratique et enfin une conversation de 30 minutes portant sur le parcours du candidat, sa motivation, ses réalisations, des mises en situation individuelles et des questions sur l’organisation judiciaire, le statut et la déontologie du magistrat. Cet entretien devra également permettre d’apprécier les compétences managériales des candidats au premier grade. Le jury tant de recrutement que d’aptitude sera composé de magistrats, mais minoritaires, et les membres du jury seront nommés par arrêté du garde des Sceaux. A noter qu’il n’est pas prévu de classement de sortie des stagiaires déclarés aptes mais il y aura bien une évaluation, tout au long de la formation, de cette aptitude.

     

    Un débat s’est alors engagé sur la nécessité de maintenir un haut niveau des candidats, notamment ceux qui passeraient par cette voie nouvelle du concours professionnel effectif en mars 2025. Pour ce faire, le conseil d’administration a proposé d’allonger à 1h cet entretien d’admission en suggérant que les 10 mn supplémentaires soient focalisées sur le cas pratique juridique. Le DSJ a indiqué prendre bonne note de cette proposition mais a maintenu la suppression du classement de sortie pour cette voie professionnelle en la justifiant par un profil différent des stagiaires, leurs expériences antérieures et du fait que le garde des Sceaux adressera au stagiaire une proposition de poste tenant compte des recommandations et réserves du jury, des emplois vacants, de l’intérêt du service au sein de la juridiction d’affection et des intérêts familiaux et personnels du stagiaire. Enfin, le régime de la scolarité, l’adaptation des périodes de stages et d’études à la formation d’origine et à l’expérience professionnelle antérieure ainsi que les conditions d’évaluation des auditeurs de justice et des stagiaires du concours professionnel seront fixés par le règlement intérieur.

    Retrouvez en cliquant sur ce lien l’intégralité des propositions faites par l’USM dans le cadre de l’examen des textes d’application de la loi organique.

    La direction de l’ENM a enfin indiqué que le 8 mai prochain, le site archipel sera opérationnel pour accueillir la nouvelle promotion et que les 26 ETP ont été recrutés. En termes budgétaires, le fonds de roulement est en diminution et représente 1,4 mois de fonctionnement, compte-tenu des charges nouvelles générées par les deux nouveaux sites (à Bordeaux et à Paris) et les recrutements nouveaux. Le DSJ s’est néanmoins voulu rassurant sur le fait que le rabot budgétaire n’impacterait pas l’ENM.

    Les prochains CA de l’ENM auront lieu le 10 juin à Bordeaux et le 22 novembre 2024 à Paris. Pour rappel, l’USM siège activement dans ce conseil d’administration mais n’a pas voix délibérative. Retrouvez ici la liste de toutes les instances nationales au sein desquelles l’USM intervient.

  • Saisie et confiscation des avoirs criminels

    Saisie et confiscation des avoirs criminels

    Une proposition de loi « améliorant l’efficacité des dispositifs de saisie et de confiscation des avoirs criminels » a été déposée le 25 avril 2023 par Jean-Luc Warsmann, député. Vous trouverez ici son rapport.

    Le bureau de l’USM a été entendu dans le cadre d’une table ronde par Madame Muriel JOURDA, sénatrice désignée rapporteure par la commission des lois du Sénat le 14 février 2024, sur cette proposition de loi adoptée par l’Assemblée nationale (voir ici le texte adopté) le 5 décembre 2023.

    Nous avons pu rappeler que les saisies et confiscations prononcées à titre de peine complémentaire étaient un moyen efficace de lutter contre la délinquance (notamment dans le narcotrafic et le domaine éco-fi). Nous avons salué le travail mené par l’AGRASC et celui des services d’enquête dédiés aux enquêtes patrimoniales (GIR, PIAC…) et avons souligné la lourdeur et la complexité de la procédure de saisie ainsi que son caractère particulièrement chronophage. Nous avons insisté sur la nécessité de renforcer les juridictions en assistants spécialisés ou personnels dédiés pour mieux lutter contre les réseaux criminels mais aussi contre la délinquance du quotidien via les saisies et confiscations.

    Nous avons également insisté sur le besoin d’outils adaptés dans le suivi et la gestion des saisies (notamment la création d’une chaine informatique et pénale pour favoriser les échanges entre les différents intervenants).

    Vous trouverez ci-dessous nos réponses au questionnaire qui nous était soumis.

  • Vigilance sur les décrets d’application LO/LOPJ

    Vigilance sur les décrets d’application LO/LOPJ

    Quel avenir pour le corps judiciaire ?

    L’USM a formulé des observations sur les projets de textes d’application de la loi organique relative à l’ouverture, à la modernisation et à la responsabilité du corps judiciaire et de la loi d’orientation et de programmation pour la Justice du 20 novembre 2023.

    Pour rappel, vous trouverez nos premières observations publiées lors de l’examen des projets de loi ainsi que les lignes rouges de notre syndicat : ici sur la loi organique et ici sur la LOPJ.

    L’USM reste attentive et vigilante quant aux rédactions proposées de ces textes d’application qui dessineront pour les prochaines décennies la physionomie du corps judiciaire :

    • Sur les projets de décrets et d’arrêtés de la loi organique concernant le recrutement et la composition des jurys de concours :

    Pour le futur troisième concours (auditeurs de justice), nous avons rappelé être favorables à l’épreuve de la note de synthèse proposée pour l’admissibilité. Il nous semble cependant également essentiel de vérifier les connaissances juridiques minimales attendues d’un candidat, l’Ecole nationale de la magistrature étant une école d’application.

    Pour le futur concours professionnel (stagiaires), il nous apparaît également indispensable que ce concours comporte des épreuves d’admissibilité et d’admission de nature juridique dans les matières civiles et pénales, permettant de vérifier les connaissances juridiques minimales attendues d’un candidat.

    En outre, les épreuves proposées en l’état ne répondent pas aux réserves d’interprétation du Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2023-856 DC du 16 novembre 2023. En effet :

    • les textes d’application doivent prévoir des épreuves (au pluriel) de nature à permettre de vérifier les connaissances juridiques des intéressés ; il s’agit de vérifier les connaissances de fond des candidats et non pas simplement leur capacité de synthèse et leur motivation ;
    • aucune épreuve n’est ainsi prévue pour vérifier les connaissances juridiques des candidats, le cas pratique proposé pour l’épreuve d’admission ayant pour but d’apprécier l’aptitude à juger selon la rédaction proposée ;
    • pour le recrutement au deuxième grade, le pouvoir réglementaire doit veiller à ce que soient strictement appréciées, outre la compétence juridique des intéressés, leur aptitude à juger, afin de garantir, au second degré de juridiction, la qualité des décisions rendues, l’égalité devant la justice et le bon fonctionnement du service public de la justice, ce que ne permet pas de manière substantielle la rédaction proposée.

     

    Sur le jury de recrutement du concours professionnel, l’USM est opposée à la composition proposée du jury au sein duquel les magistrats judiciaires sont ultra minoritaires, et ce, alors même que les épreuves du concours professionnel sont moins exigeantes que celles des autres concours. Nous sollicitons un jury composé a minima par une moitié de magistrats judiciaires, étant rappelé que l’actuelle commission d’avancement est composée uniquement de magistrats judiciaires.

    Sur le choix du premier poste des stagiaires, il est envisagé que le garde des Sceaux leur adresse « une proposition de poste qui tient compte des recommandations et réserves du jury, des emplois vacants, de l’intérêt du service au sein de la juridiction d’affectation ainsi que, dans la mesure du possible, des intérêts familiaux et personnels dont les stagiaires font état ». L’USM est fermement opposée à cette rédaction qui fait fi de tout classement et constitue une rupture d’égalité choquante avec les auditeurs de justice. Le choix effectué dans le cadre de la loi organique de remplacer l’intégration directe dans le corps judiciaire par un concours professionnel impose au contraire de prévoir un classement de sortie. A défaut d’une modification en ce sens, les postes les plus difficiles à pourvoir ou situés dans des zones lointaines (comme l’outre-mer) ou peu attractives seraient imposés aux seuls auditeurs issus des 1er, 2e et 3e concours.

    Vous trouverez ici notre note sur les textes d’application de la loi organique.

    • Sur le projet de décret relatif à l’expérimentation du tribunal des affaires économiques prévue à l’article 26 de la loi d’orientation et de programmation du 20 novembre 2023

    Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une expérimentation présentant un risque important d’étiolement de la compétence économique et financière des magistrats professionnels, à rebours des conclusions du rapport Sauvé publié à la suite des Etats généraux de la Justice, qui préconisait de créer une « filière de juges civilistes économiques ».

    Après avoir rappelé nos plus vives réserves quant à l’expérimentation proposée, nous avons formulé les observations suivantes que vous retrouverez dans la note technique publiée ici.

    L’USM ne manquera pas de vous tenir informés de la poursuite du processus légistique et continuera à défendre fermement ses positions.

     

     

  • Pourquoi adhérer à l’USM et son assurance pro ?

    Pourquoi adhérer à l’USM et son assurance pro ?

    Le mot du président de l’USM, Ludovic Friat

    Chères et chers collègues,

    Notre campagne d’adhésion 2024 en ligne, qui offre la possibilité d’un paiement fractionné en 3 fois sans frais, se poursuit. C’est un franc succès dont nous vous remercions. Accédez aux formulaires d’adhésion ici

    L’USM apartisane, indépendante, pragmatique et ouverte à la négociation a besoin de vous pour poursuivre ses actions, au quotidien, en local et au national. Des exemples tangibles ? La défense victorieuse des collègues devant le CSM (Monaco, PNF, Juges d’instruction…), les « 1000€ » d’augmentation, le troisième grade et les nouvelles grilles indiciaires à venir, les actions en cours devant les juridictions administratives ou européennes (ex : recours contre les circulaires, notamment prime modulable, actions en matière de temps de travail), la lettre au premier ministre… nous pourrions en écrire un livre ! Suivez nos actualités ici.

    Vous pouvez bien sûr adhérer jusqu’à la fin de l’année mais nous vous rappelons que :

    • L’adhésion est calquée sur l’année civile et nos tarifs ne sont pas dégressifs, donc autant profiter au maximum de votre adhésion (et notamment de notre « boite à outils » réservée aux adhérents, où vous trouverez des fiches pratiques, des modèles de recours, les coordonnées des collègues à contacter pour toute question ou pour un soutien individuel) ;
    • L’assurance MMA, sauf première adhésion, doit être renouvelée avant le 31 mars sous peine d’en perdre le bénéfice pour l’année en cours !

    A ce sujet je rappelle que contrairement à ce que nous entendons encore trop souvent la protection fonctionnelle n’est pas possible au disciplinaire devant l’IGJ ou le CSM ! Les collègues poursuivis devront payer, sur leurs deniers, leurs frais de défense, étant rappelé que la loi organique de novembre 2023 a rendu plus aisée la saisine du CSM par les particuliers.

    L’unique bonne réponse est la suivante : assurez-vous plutôt que « de faire l’autruche », ces dernières finissant souvent empaillées ou déplumées. 90 ou 180€/an pour couvrir jusqu’à 70.000€ de frais d’avocat, le calcul est simple. Et n’attendez pas de faire l’objet d’une instance disciplinaire pour vous assurer, ce sera trop tard … car le contrat est soumis à la notion d’aléa, bien connue des juristes en assurance.

    Enfin, bonne nouvelle pour tous les bénéficiaires de notre contrat d’assurance professionnelle qui inclut une garantie défense pour la prise en charge des frais d’avocat devant le CSM ou devant une juridiction (sous certaines conditions) : à compter du 1er mars 2024, dans le cadre d’une comparution ou d’une audition du magistrat assuré, une prise en charge des frais de déplacement (transport-hébergement-restauration) à hauteur de 270€ par sinistre sera désormais prévue.

    L’USM a le souci de vous assister concrètement et utilement au quotidien, collectivement dans l’intérêt de la profession et des justiciables, pour une justice de qualité, mais aussi individuellement, notamment dans les situations de souffrance au travail, l’USM ayant été pionnière sur ces questions (voir notre NPJ sur ce sujet).

    Retrouvez toutes les informations sur le contrat MMA dans la plaquette disponible ici et sur notre site internet

    et ci-dessous notre plaquette « Pourquoi adhérer à l’USM » :

  • Enfants placés : à quand les moyens de les protéger ?

    Enfants placés : à quand les moyens de les protéger ?

    Retrouvez une interview de notre vice-présidente, Cécile Mamelin, qui s’est exprimée dans le journal de France 3 Hauts de France, sur les difficultés liées au placement des mineurs en famille d’accueil : elle y dénonce encore et toujours un manque de moyens qui nuit à la protection de l’enfance de manière générale, aussi bien du côté des services éducatifs et de l’aide sociale à l’enfance, que du côté des juges des enfants, qui sont parmi les magistrats spécialisés les plus surchargés. Cela est encore plus particulièrement vrai dans la région des Hauts de France qui compte le plus grand nombre de mineurs suivis en assistance éducative.

    L’objectif de la loi n°2007-293 du 5 mars 2007 de déjudiciariser la protection de l’enfance au profit des conseils départementaux a en effet échoué : le nombre de saisines de l’autorité judiciaire n’a cessé d’augmenter, puisque près de 80% des mesures éducatives sont judiciaires ; or les moyens n’ont pas suivi, ce qui crée notamment des retards dans la mise à exécution des mesures ordonnées.

    A quand un véritable débat national sur la question de l’enfance qui doit être une priorité non pas seulement dans les paroles mais dans les actes  ?

    Replay disponible du 12 au 19 mars ici

    Retrouvez aussi l‘interview de Karolina Siejka, juge des enfants à Lille, dans la Voix du Nord du 7 février 2024.

  • Coup de rabot budgétaire

    Coup de rabot budgétaire

    Un « coup de rabot budgétaire » a été donné par décret n°2024-124 du 21 février 2024.

    L’USM ne peut que constater et déplorer que la LOPJ du 20 novembre 2023 et sa trajectoire budgétaire historique et favorable « après 30 ans d’abandon » soient ainsi impactées dans des proportions importantes, quelques semaines seulement après avoir été votée par les assemblées.

    Un article du Dalloz actualité, « Le budget de la justice victime d’un important coup de rabot« , expose en quoi les 10 milliards d’euros d’économies annoncées sur le budget de l’Etat impactent le budget de la Justice avec 327,9 millions d’euros annulés sur les 12,2 milliards de crédits votés.

    L’USM n’a pas eu, en l’état, de retour du cabinet et de la DSJ, que nous avions sollicités dès la parution de ce décret. Mais, ainsi que vous l’avez surement noté, d’importants changements sont concomitamment intervenus à la tête du cabinet du garde (Directeur et directrice adjointe) de sorte que notre rencontre avec le cabinet, qu’on ne manquera pas d’interroger sur ce point, a été reportée, de même que notre réunion bilatérale avec le DSJ. Mais nous espérons néanmoins avoir rapidement les arbitrages finalement envisagés sur les programmes touchés par les économies budgétaires.

    En l’état, il semblerait que ni les recrutements de magistrats (+ 1500 sur le quinquennat), ni la modernisation de nos grilles indiciaires ne soient impactés. A ce sujet, l’USM rappelle avoir écrit au Premier président de la Cour de comptes pour attirer son attention sur le décrochage entre les rémunérations des magistrats judiciaires et celles de leurs homologues administratifs et financiers, revalorisées en juin 2023 (Retrouvez ici ce courrier). Lisez aussi notre article sur la réforme de nos rémunérations pour la part indemnitaire adoptée en 2023 avec une fiche explicative (article réservé aux adhérents) : Rémunérations, comment ça marche ?

    Ce qui nous semble d’ores et déjà certain, c’est qu’avec des moyens revus à la (nette) baisse, les ambitions politiques, notamment sur la réduction par deux des délais et des stocks judiciaires, seront nécessairement impactées… pour peu qu’elles aient été un tant soit peu réalistes. Relisez notre article : La réduction des délais ou la pensée magique !

  • Elections européennes : une participation des magistrats sans contrepartie ?

    Elections européennes : une participation des magistrats sans contrepartie ?

    Le 7 mars 2024, l’USM a écrit au garde des Sceaux pour dénoncer l’absence ou la faiblesse des indemnités prévues pour les magistrats qui vont participer à ce processus électoral le 9 juin prochain.

    Vous allez être nombreux à intervenir dans le processus électoral en participant ou en présidant diverses commissions, mais aussi en assurant les permanences électorales au sein de vos juridictions. Ces instances, qui se déroulent le dimanche ou tard le soir, ne sont pas ou peu indemnisées (l’indemnisation des commissions de contrôle des opérations de vote n’a pas été revalorisée depuis l’arrêté du 26 avril 2000 la fixant à 71 euros pour le président et 50 euros pour le membre). Elles ne font pas non plus l’objet d’heures de récupération, en violation de la législation sur le temps de travail.

    L’Union syndicale des magistrats a, une nouvelle fois, écrit au garde des Sceaux pour obtenir que l’investissement et l’implication des magistrats dans ces missions indispensables au bon fonctionnement démocratique soient reconnus et indemnisés à leur juste valeur. L’USM réclame également qu’une journée de récupération soit prévue à l’issue du processus électoral.

    Voici notre courrier :

  • Pouvoir ou autorité, que choisir ?

    Pouvoir ou autorité, que choisir ?

    Pourquoi notre revue syndicale trimestrielle s’appelle-t-elle Le Nouveau Pouvoir Judiciaire (NPJ) ?

    Bonne question, frappée au coin du bon « sens commun », nouvel arbitre des élégances ! D’ailleurs d’autres se la posent, manifestement, cette question.

    Je me souviens d’une brillante plaidoirie d’automne, par une avocate de renom, tirant argument du titre de notre revue pour démontrer, implacablement, que nous étions un syndicat politique, souhaitant empiéter sur les autres pouvoirs (cf. la « théorie du gouvernement des juges »).

    Alors pourquoi ? Parce que « La Nouvelle Autorité Judiciaire » (NAJ) ça sonne mal ? Pas vendeur ? Non, bien sûr.

    Je vous propose ce petit rappel sans prétention ; si le NPJ s’appelle ainsi, c’est pour plusieurs excellentes raisons :

    • La théorie de la séparation des pouvoirs – législatif, exécutif et judiciaire – de Montesquieu fonde (encore !) l’organisation socio-politique de nos sociétés démocratiques modernes ;
    • L’Union Syndicale des Magistrats est l’héritière de l’Union Fédérale des Magistrats (UFM) qui a lancé « Le Pouvoir Judiciaire » en 1946. Oui, nous sommes fidèles à notre histoire et nos valeurs : voir les « Unes » du premier numéro de janvier 1946 et de celui de 1959 ci-dessous ;
    • Et derrière ce titre il y a une valeur forte, essentielle, cardinale … celle de l’indépendance de la Justice, qu’on la nomme « pouvoir » ou « autorité », peu importe. Oserais-je encore l’espérer, une valeur commune aux magistrats, à un moment où certains nous rêvent fonctionnaires ou quasi-fonctionnaires intégrés à une chaîne de commandement…

    Retrouvez tous les sommaires du NPJ en accès libre ici, et même le NPJ n°442 sur les 20 ans de lutte contre la souffrance au travail intégralement en accès libre ici.

    Le NPJ du mois de mars va bientôt paraître : il y sera question des rémunérations des administrateurs de l’Etat, des juges administratifs et financiers, mais aussi de questions brûlantes d’actualité. Pour le recevoir, adhérez à l’USM !

    Bonne lecture !

    Ludovic Friat, président de l’USM