Catégorie : Actualités

L’action de l’USM se décline de multiples façons. Retrouvez ici toutes les actualités de l’USM : réunions, rencontres, groupes de travail, contributions, notes, courriers, mails, publications, etc.

  • Projet de décret sur l[e refus d]’indemnisation des retards de vol aérien

    Projet de décret sur l[e refus d]’indemnisation des retards de vol aérien

    L’USM a été consultée par la direction des affaires civiles et du Sceau sur un projet de décret portant sur le contentieux de l’indemnisation et de l’assistance des passagers en cas de refus d’embarquement ou de retard important d’un vol. 

    En l’état du projet soumis, il apparaît que ce texte tend à limiter l’augmentation du contentieux des demandes d’indemnisation liées aux retards et annulations de vols en introduisant des obstacles procéduraux lors de la saisine des juridictions par les consommateurs, usagers des transports aériens, en particulier en prévoyant une saisine de la juridiction par voie d’assignation et en rendant obligatoire une saisine préalable du médiateur du tourisme à peine d’irrecevabilité. 

    Nous avons fait part de notre opposition à la mise en place de ces obstacles procéduraux qui restreignent encore une fois l’accès au juge et qui conduisent à sanctionner la partie la plus faible.  

    Nous avons souligné que les restrictions posées par ce projet de décret favorisent en réalité les compagnies aériennes qui ont, par le passé, vivement critiqué le règlement (CE) n° 261/2004 du Parlement européen et du Conseil du 11 février 2004 établissant des règles communes en matière d’indemnisation et d’assistance des passagers en cas de refus d’embarquement et d’annulation ou de retard important d’un vol.  

    Nous avons indiqué que ce projet de décret méconnaît radicalement les objectifs poursuivis par ce règlement communautaire alors que chaque Etat doit garantir un niveau élevé de protection des passagers.   

    Plutôt que de sanctionner le consommateur, usager des transports aériens, nous avons proposé l’application de sanctions financières significatives à l’encontre des compagnies aériennes réticentes à indemniser de manière sérieuse les usagers.  

    Nous avons enfin rappelé que ne pouvait être accepté le fait de démotiver les justiciables économiquement plus faibles en complexifiant leurs démarches pour saisir un juge, et ce, afin de compenser tant l’absence de moyens alloués à la justice que le faible nombre de magistrats.  

  • USM et UNSA-Police ensemble pour demander des outils efficaces pour lutter contre le narcotrafic

    USM et UNSA-Police ensemble pour demander des outils efficaces pour lutter contre le narcotrafic

    L’USM, dans une démarche commune avec l’UNSA-Police, a adressé ce matin une lettre ouverte aux cabinets du garde des Sceaux et du ministre de l’Intérieur, avec copie au Premier ministre, concernant la proposition de loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » actuellement en discussion au parlement.

    Vous trouverez notre courrier ici.

    Il nous a semblé fondamental, à un moment décrit comme constituant un « point de bascule » et après que nos collègues de Marseille ont été « chapitrés » par un antépénultième garde des Sceaux pour avoir dit, sous serment, devant une commission d’enquête parlementaire que nous étions en train de « perdre la guerre » contre le narcotrafic que des outils juridiques adaptés, au-delà des nécessaires moyens humains et informatiques, soient donnés aux enquêteurs et personnels judiciaires.

    Il nous a semblé important de le porter avec un syndicat représentatif de fonctionnaires de police pour rappeler ce qui nous rassemble dans la lutte contre le crime organisé.

    Il nous a semblé nécessaire d’affirmer que des outils novateurs comme le « dossier coffre », l’activation à distance des appareils électroniques, le décryptage des messageries chiffrées, et employés sous le contrôle des magistrats, sont utiles et nécessaires.

    Il nous est apparu indispensable de réclamer une vraie réflexion sur le régime des nullités procédurales, la simplification de la procédure pénale et sur un nécessaire principe de loyauté dans le débat judiciaire.

    Il ne s’agit pas de renoncer aux principes de notre Etat de droit mais bien au contraire de le protéger des atteintes commises par une criminalité organisée dont le but suprême est de le remplacer par une loi du marché criminel fondé sur la violence, la contrainte et la peur.

    Veille médias :

    Le débat parlementaire est en cours devant le Parlement – Assemblée nationale et Sénat – sur la PPL « lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée ». Son contenu évolue au fur et à mesure de la navette parlementaire.
    La visio systématique concernant les profils incarcérés les plus dangereux est-elle la solution, l’un des outils de cette proposition de loi sénatoriale ?

    A-t-elle des conséquences sur la qualité des interrogatoires et, au final, de la procédure soumise à la juridiction de jugement ?
    Est-elle adaptée à tout type d’acte ?
    Les juges spécialisés ont-ils les moyens, en termes d’agenda, de se déplacer à travers la France pour tenir les interrogatoires ne convenant pas à la Visio ?
    La possibilité offerte au magistrat instructeur d’y déroger, en le motivant, et en imposant la comparution est-elle un simple « trompe l’œil » constitutionnel ?

    Merci à Actu-Juridique.fr d’ouvrir ses colonnes à l’Union Syndicale des Magistrats car le débat contradictoire est nécessaire en toute chose.

    https://www.actu-juridique.fr/procedure-penale/laudition-en-visioconference-pour-la-criminalite-organisee-une-panacee/

    Au-delà des biais, des pré-supposés ou luttes d’influence idéologique ou politique, l’USM réfléchit en termes de pragmatisme et d’efficacité face à une menace mortelle pour nos démocraties et l’Etat de droit.

  • Le NPJ n°450 – 03/2025

    Le NPJ n°450 – 03/2025

    Consultez l’intégralité des articles dans votre espace adhérent.

    • Lettre ouverte de l’USM concernant les atteintes à l’indépendance de l’autorité judiciaire
    • La CAV est morte, vive la CAV ! — Christophe BOURGEOIS
    • Travail en juridiction : entretien avec les auteures de l’étude menée par l’IERDJ — Interviews d’Anne-Sophie DE LAMARZELLE et Valérie SAGANT
    • L’intelligence artificielle aux portes des juridictions — Rachel BECK
    • Un seul contentieux vous manque et tout est dépeuplé… — Cyril JEANNINGROS
    • Rétrospective sur l’actualité du bureau national de l’USM pour le second semestre 2024 — Rachel BECK
    • Monde : La « Marche des 1000 robes » en Pologne : l’incarnation d’une certaine idée européenne ? — Alexandra VAILLANT
  • Non les juges ne sont pas le problème de la justice

    Non les juges ne sont pas le problème de la justice

    Voici une tribune rédigée par Ludovic Friat, président de l’USM, publiée sur Actu-Juridique.fr : « Non les juges ne sont pas le problème de la Justice » concernant la bipolarisation accélérée de nos sociétés : chacun étant nécessairement perçu comme étant « contre » ou « pour« . Elle fait suite à la précédente tribune sur l’évolution inquiétante du parquet italien (« Evolution du statut du parquet : inquiétantes nouvelles transalpines » – à retrouver ici) ainsi qu’à nos courriers au président de la République – à lire ici – ainsi qu’au garde des Sceaux – ici.

    « Alors que les attaques contre la justice se multiplient, Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats (USM) met en garde contre cette dérive et rappelle que les juges ne sont pas des ennemis politiques contre lesquels tous les coups seraient permis. » https://www.actu-juridique.fr/professions/magistrats/non-les-juges-ne-sont-pas-le-probleme-de-la-justice

    Les magistrats, du parquet comme du siège, n’échappent pas à cette bipolarisation.

    Ils sont décrits par certains comme de « dangereux gauchistes laxistes, toujours syndicalistes » et par d’autres comme de « dangereux agents de la répression, parfois syndicalistes« . Bref comme des « ennemis«  et non plus comme des « arbitres » appliquant et, au besoin, interprétant la loi à l’aune des démonstrations des avocats des parties, à l’issue d’un débat contradictoire.

    En réalité, pour en avoir discuté avec les collègues du monde entier, relevant de la « Common Law » comme du système continental, et même dans les pays où les magistrats se réunissent sous la forme associative et non syndicale, la critique est toujours la même : mettre fin ou limiter l’indépendance juridictionnelle des magistrats du parquet et du siège, notamment sous l’angle disciplinaire, et limiter leur champ d’intervention.

    L’Union Syndicale des Magistrats est résolument apolitique, contrairement aux autres organisations syndicales et tente, avec constance, de déconstruire l’idée d’un fantasmé « gouvernement des juges », cousine judiciaire de « l’état profond« , qui s’interposerait entre le peuple souverain et un chef révélé.

    Notre démarche sera toujours d’expliquer et déconstruire les croyances, convictions ou la désinformation de certains en la matière et d’inviter ceux qui le souhaitent à prendre un temps de lecture et de réflexion.

    N’attendons pas que l’Etat de droit faiblisse pour en regretter le souvenir.

  • L’USM défend ses arguments au déjeuner ministériel sur la crim org

    L’USM défend ses arguments au déjeuner ministériel sur la crim org

    L’USM, représentée par Ludovic Friat et Alexandra Vaillant, s’est rendue ce 5 mars à l’invitation du garde des Sceaux, en présence des organisations syndicales de l’administration pénitentiaire, pour échanger sur les évolutions législatives actuellement en débat au parlement dans le cadre de la proposition de loi sur le « crime organisé » à laquelle sont venus s’ajouter des amendements gouvernementaux.

    Le ministre a principalement abordé le régime renforcé de détention, dans des établissements de « haute sécurité », des profils les plus dangereux. Ce profilage se ferait de façon pluridisciplinaire (police, justice et pénitentiaire) et serait formalisé par une décision ministérielle. Ce nouveau régime de détention aurait pour conséquence :

    • Un effacement de la distinction prévenu/condamné ;
    • Un recours plus systématique à la visio, voire à des déplacements judiciaires pour certains actes d’instruction.

    L’USM tout en remerciant le ministre pour son invitation même tardive, le sujet n’étant pas que pénitentiaire, a rappelé solliciter depuis plusieurs mois des mesures et outils juridiques permettant de lutter efficacement contre le crime organisé, qui constitue un vrai danger pour nos démocraties.

    L’USM a cependant rappelé ne pas avoir été au soutien d’une systématisation de la visioconférence, imposée principalement aux cabinets d’instruction et empiétant sur la libre conduite de l’enquête, tout en constatant que cette mesure semblait emporter un assez vaste consensus législatif, sous réserve de sa légalité (avis du Conseil d’Etat) et de sa constitutionnalité (avis du Conseil constitutionnel).

    L’USM soutient la protection et la sécurité de tous les personnels du ministère, dont les personnels pénitentiaires, mais a insisté sur les spécificités judiciaires, l’interrogatoire constituant le principal outil du magistrat instructeur, et l’absolue nécessité de laisser aux collègues la possibilité effective de déroger à cette architecture nouvelle s’ils l’estiment nécessaire et utile pour la recherche de la vérité.

    L’USM a également insisté sur le préalable que constituait la mise à disposition de l’ensemble des acteurs judiciaires et pénitentiaires de moyens techniques pour que cette réforme ne se fasse pas au seul détriment du versant judiciaire et des droits de la défense :

    • Des systèmes de visio de qualité et en nombre suffisant, assurant la qualité et la fluidité des actes ;
    • Un encadrement adapté, par les agents pénitentiaires, des personnes entendues en visio ;
    • Une procédure spécifique, notamment en termes de simplification de la signature des PV ;
    • Une charge de travail par magistrat instructeur leur permettant, en cas de besoin justifié, de se déplacer dans les établissements pénitentiaires -activité très chronophage- sans devoir faire le choix de sacrifier les dossiers du « tout venant » ;
    • La contrepartie de l’assurance d’une absence « d’impossibilité de faire » et de prêt de main-forte par les forces de sécurité intérieure lorsqu’une extraction est jugée nécessaire par le magistrat (dont les confrontations).

    L’USM a en outre indiqué ne pas être opposée à une réflexion visant à donner au magistrat instructeur ou à la chambre de l’instruction davantage de latitude pour imposer à la personne détenue une visioconférence plutôt qu’une comparution, selon l’intérêt de l’acte.

    Le changement de paradigme envisagé par le législateur ne doit en outre pas faire l’économie d’une vraie réflexion sur la place et les moyens donnés à l’information judiciaire dans notre architecture judiciaire pour que le champ judiciaire, comme le champ pénitentiaire, s’y retrouvent en termes de fonctionnement et de manifestation de la vérité.

    N’oublions pas qu’au final c’est la mise à disposition des juridictions de jugement de dossiers complets et équilibrés dont il est question.

    Enfin, l’USM a rappelé que l’acte de juger devait par principe se tenir dans une enceinte judiciaire et non pénitentiaire.

  • Désinformation et vérité : la mise au point de l’USM

    Désinformation et vérité : la mise au point de l’USM

    Déclaration liminaire au CSA ministériel du 04 mars 2025

    L’USM se bat depuis 50 ans pour la défense des droits des magistrats et pour une justice indépendante, humaine et de qualité. Nous revendiquons une liberté de parole mais nous sommes conscients que son abus pourrait être préjudiciable. Nous tenons en effet à une discussion loyale et honnête. Nous nous battons sans mentir, conscients que la confiance que vous nous portez nous oblige.

    Tel était le sens de notre déclaration liminaire prononcée lors du CSA ministériel du 4 mars que vous trouverez ci-dessous.

    Nous ne pouvons accepter qu’il soit dit que les magistrats sont indifférents aux contraintes des agents pénitentiaires parce qu’ils préfèrent le « confort de leurs bureaux ». Nous ne tolérerons pas qu’il soit affirmé que les magistrats sont responsables de la mort des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire à Incarville. Ce poison lent de la désinformation répandu dans l’opinion doit cesser et nous y veillerons.

    Le contexte actuel est difficile pour l’autorité judiciaire attaquée de toute part et souvent vue comme un bouc émissaire. Nous ne laisserons pas nos collègues attaqués sans répondre. Vous pouvez compter sur notre engagement et sur notre détermination.

  • La justice dans la tempête

    La justice dans la tempête

    L’USM écrit au garde des Sceaux.

    Il est parfois reproché à notre organisation syndicale d’avoir un discours alarmiste et négatif quant à l’état de notre Justice, faisant fi des réelles avancées budgétaires, statutaires ou de recrutement de personnels judiciaires. Nous répondons inlassablement que le chemin de la « Justice réparée » est encore long et que « si le cap est bon, le port est loin » et les vents souvent contraires.

    Le « gros temps » ainsi traversé est souvent médiatique.

    La justice est au cœur d’une actualité devenue instantanée. Dans cette enceinte médiatique, la parole, critique et à juste titre exigeante, est trop souvent devenue décomplexée, opportuniste, cynique voire malveillante envers l’action des personnels judiciaires – dont les magistrats – et ce, de façon quasi quotidienne. Cette parole irrigue la société et émane parfois de hauts représentants de l’Etat, d’élus nationaux comme locaux, incitant tout un chacun à en faire de même sur les réseaux sociaux, voire à aller beaucoup plus loin usant de la menace, dans le confort de l’anonymat.

    A l’image de notre garde des Sceaux qui revendique une présence médiatique renforcée en réponse aux attentes et questionnements des citoyens, nous sommes en droit d’attendre qu’il défende l’institution judiciaire, qu’il explique davantage le travail des magistrats (juges et procureurs), des greffiers, des éducateurs, des personnels pénitentiaires de probation et de surveillance.

    Faut-il exiger de changer la loi après qu’un procureur ait convoqué un élu en CRPC pour avoir refusé de marier un étranger en situation irrégulière ? Prévoir une « comparution immédiate » des mineurs qui peuvent déjà être jugés en 10 jours ? Ou mettre un terme aux activités décrites comme « ludiques » en détention, sans évoquer la réinsertion ni les mettre en miroir avec la surpopulation pénale et ses effets ?

    Que la loi soit interrogée par le politique, sous le contrôle du juge constitutionnel, ou que le profil de ceux qui bénéficient d’activité éducatives, psychologiques ou simplement occupationnelles en détention soit précisé, c’est normal. C’est le sens du débat démocratique pour l’un et le rôle du ministre pour l’autre. Encore faut-il veiller à ne pas mélanger les deux.  

    Nous, personnels judiciaires, sommes fiers de notre professionnalisme et de notre forte implication au service de tous, souvent les plus faibles, même si nous sommes parfaitement conscients que nos moyens ne nous permettent pas de rendre la « justice de qualité », gage du lien social, à laquelle nous aspirons.  

    L’USM est souvent bien seule à tenter d’expliquer sur les plateaux TV le rôle des acteurs du droit et les difficultés auxquelles ils font face quotidiennement, que ce soit :

    • le procureur qui oriente une procédure ou requiert à l’audience conformément au droit applicable,
    • le juge des libertés et de la détention qui applique une disposition législative en droit des étrangers,
    • le juge des enfants en proie à des délais inacceptables de prise en charge de mineurs en danger par les services éducatifs,
    • le juge civiliste qui doit toutes affaires cessantes se consacrer à une activité pénale toujours plus prenante
    • ou encore le juge de l’application des peines qui voit son rôle de plus en plus réduit à la gestion de masse de la surpopulation carcérale chronique plutôt qu’à une prévention individualisée de la récidive…

    Il nous est apparu nécessaire d’alerter le garde des Sceaux sur les conséquences néfastes de laisser prospérer les discours critiques et acerbes sur le travail des magistrats et personnels judiciaires et qui font de ces derniers des boucs-émissaires des maux de notre société, et les livrent indirectement à la vindicte populaire.

    Au-delà de l’impact direct sur les personnels concernés par ces critiques et ces menaces, c’est notre démocratie, dont la justice est l’un des trois piliers, qui en patira. Nul doute que les organisations criminelles, par exemple, sauront tirer avantage de la déstabilisation grandissante de l’institution judiciaire. 

    Vous trouverez en cliquant ici le courrier envoyé ce jour au ministre de la Justice.

    Soyez en outre assurés de notre mobilisation pour tenir malgré tout dans les médias un discours pédagogique, raisonné et raisonnable, pour porter votre parole et défendre notre institution et nos fonctions, en gardant toujours l’espoir qu’il trouve encore écho parmi nos concitoyens.

    Vous pouvez retrouver ici notre récente lettre ouverte au président de la République ici

    Ainsi qu’une tribune « La justice va dans le mur », qu’il est encore temps de signer.

  • La justice va dans le mur – Signez la tribune

    La justice va dans le mur – Signez la tribune

    « La justice, loin d’être réparée, ne rend plus les services que sont en droit d’attendre les Français »

    En écho à l’alerte lancée par le procureur général près la Cour de cassation lors de l’audience de rentrée : « la Justice va dans le mur », le journal Le Monde a publié une tribune le 10 février 2025. Vous pouvez retrouver cette tribune dans le Monde ici ou lire le texte intégral reproduit ci-dessous.

    Si vous adhérez à ce qui y est dit, vous pouvez vous-même signer et partager : Pétition · La justice va dans le mur. – France · Change.org

    Résumé de la tribune :

    La Justice française, loin d’être réparée, ne rend pas à ce jour les services que le citoyen est en droit d’attendre d’elle, notamment en termes de délais d’attente, pour tous les contentieux, civils et pénaux.

    Les stocks augmentent, les délais rallongent, la qualité de la justice rendue en pâtit forcément.

    Les citoyens ne comprennent plus et adoptent un regard sévère, critique envers notre institution.

    Pour fonctionner correctement, la justice a besoin de moyens, notamment humains ! Or, rappelons qu’à ce jour la France compte pour 100 000 habitants : 37 greffiers, 11 juges et 3 procureurs… CONTRE 58 greffiers, 22 juges et 12 procureurs pour la moyenne européenne (chiffres #CEPEJ2024).

    Est-il plus facile d’exploiter le mécontentement des citoyens envers la justice que de la doter des moyens nécessaires à son bon fonctionnement ?

    Le Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel (CSTACAA), réuni le 11 février 2025, a fait une déclaration publique pour dénoncer les menaces et les tentatives de déstabilisation dont ils sont l’objet, au même titre que les magistrats judiciaires (à lire ici) :

    Il dénonce avec force les propos et publications récemment diffusés qui mettent en cause l’indépendance et l’impartialité des juridictions administratives.
    Il condamne avec la plus grande fermeté les injures et les menaces proférées notamment sur les réseaux sociaux et dirigées nominativement contre des juges administratifs, des personnels de greffe et des avocats.
    Il exprime son entier soutien aux personnes concernées et estime que toutes les suites pénales susceptibles d’être engagées doivent l’être.
    Il rappelle solennellement l’importance cruciale, dans une démocratie, de l’Etat de droit et d’une justice indépendante chargée de garantir l’application de la loi.

    Texte intégral de la tribune :

    La justice va dans le mur. Si les mots n’étaient pas ceux de Rémy Heitz, procureur général de la Cour de cassation, ils pourraient apparaître comme une provocation syndicale. Ils sont au contraire l’exacte description d’une dangereuse réalité.

    Cette réalité, ce sont d’abord les justiciables qui la subissent, qui souffrent de délais inacceptables, qui ne sont pas assez écoutés, entendus et qui ont donc la sensation que la justice se rend sans eux alors qu’elle existe pour eux et est rendue en leur nom. La moitié des Français n’a pas confiance dans sa justice mais les deux premiers reproches qu’ils lui font sont sa lenteur et son manque de moyen. Sans le vouloir, ils visent là avec justesse la cause des maux : le manque de moyens et une de ses conséquences, la lenteur. L’abandon de longue date de la justice et, selon l’ex-garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas [2016-2017], sa « clochardisation » sont la responsabilité des gouvernants successifs. Ils sont comptables des effectifs du personnel judiciaire et des conséquences que cela entraîne pour les citoyens.

    Cette réalité ce sont aussi les magistrats qui s’épuisent et n’arrivent plus à remplir leurs missions. Le nombre d’arrêts pour maladie augmente, les épuisements professionnels aussi. Le front judiciaire ne tient plus, il craque et c’est un danger majeur pour notre société démocratique fondée sur le droit. En Europe, selon le rapport 2024 de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice, il y a en moyenne 12,2 procureurs et 21,9 juges pour 100 000 habitants. En France, il y a 3,2 procureurs et 11,3 juges pour 100 000 habitants.

    Faut-il en dire plus ? Comment relever les défis qui sont devant nous avec quatre fois moins de procureurs et deux fois moins de juges que nos voisins européens ? Comment être au rendez-vous de la lutte contre la criminalité organisée, par nature asymétrique, avec de tels moyens ? Comment rendre une justice civile, garante du « vivre-ensemble », dans des délais acceptables avec une telle pénurie ? Comment protéger efficacement les personnes vulnérables, les enfants en danger ou nos anciens ? Comment incarner à la fois un pouvoir démocratique et un arbitre social qui intervient lorsque tous les intervenants en amont, privés ou publics, ont échoué ? Comment juger les dossiers criminels qui s’accumulent sans risquer des mises en liberté d’accusés dangereux ?

    Il faudrait 20 000 magistrats

    A titre d’exemple, toujours selon le procureur général de la Cour de cassation, le nombre d’affaires à juger devant les cours criminelles départementales et les cours d’assises atteint des seuils critiques : près de 4 000 affaires en attente à la fin de l’année 2023 (deux fois plus qu’avant l’épidémie de Covid-19). Près de 700 procédures à Paris et 400 à Aix-en-Provence [Bouches-du-Rhône]. Mesure-t-on ce que signifie ce stock de procédures dans les affaires les plus graves ? A qui reprocher les mises en liberté d’individus dangereux accusés de crimes faute de salles d’audience et de magistrats pour les juger ? A ceux qui prévoient ces délais ou à ceux qui laissent la justice dans cet état de délabrement avancé selon le rapport des Etats généraux de la justice qui affirmait aussi : « Au-delà des seuls délais, les conditions dans lesquelles la justice est rendue ne sont plus acceptables. »

    Cette situation conduit à une inévitable critique : la justice serait laxiste. Tout au contraire, à l’analyse des « chiffres clés de la justice » en accès libre sur le site ministériel et de données partagées avec les organisations syndicales dans le cadre du dialogue social, il n’y a jamais eu autant de détenus dans les prisons françaises et, entre 2015 et 2023, le quantum ferme prononcé est passé de 8,2 mois à 10,2 mois. Entre 2022 et 2023, l’augmentation des peines fermes prononcées a été de l’ordre de 15 %. La France incarcère dans la moyenne des pays européens avec 110 détenus pour 100 000 habitants contre 117 détenus pour 100 000 habitants en Europe. En 2023, 104 732 peines d’emprisonnement ferme étaient à mettre à exécution, 97 098 l’ont été, soit un taux de couverture de 93 %. Au regard des moyens bien plus faibles que ceux de ses voisins, ces chiffres relèvent presque du miracle et témoignent là encore de l’engagement des personnels judiciaire et pénitentiaire.

    Pourtant, le constat est partagé. Un groupe de travail mis en place par la chancellerie sur la charge de travail des magistrats, et sa traduction en termes de ressources humaines, estime qu’il faudrait approximativement 20 000 magistrats en France contre 9 500 actuellement. Le budget de la justice, 10 milliards d’euros, représente 1,4 % du budget de l’Etat, dont 38 % vont au judiciaire. Il faut partir de ses travaux pour avancer. Les défis sont immenses et il est faux de dire qu’on les relèvera en s’organisant mieux : les ordres de grandeur en cause ne le permettent pas.

    Déni de justice

    Cette réalité, c’est aussi la France qui en souffre. L’attractivité d’un pays se juge également à l’aune de sa capacité judiciaire à traiter rapidement et avec prévisibilité les litiges. Le règne du droit n’est pas qu’affaire de régime politique, il est aussi conditionné par les moyens de la justice. L’Etat de droit lui-même peut être touché lorsque les délais de jugement trop longs confinent au déni de justice. En ouverture de son propos à l’audience de rentrée de la Cour de cassation, son premier président, Christophe Soulard, interpellait les consciences : « Est-il encore besoin de rappeler que la somme que la France consacre à sa justice, rapportée au nombre d’habitants, est nettement inférieure à la médiane des pays européens ? Elle représente la moitié de ce que dépensent l’Allemagne et l’Autriche et le tiers de ce que dépense la Suisse. »

    Comme le Sénat l’a écrit dans son rapport du 7 mai 2024 « Un nécessaire sursaut : sortir du piège du narcotrafic » à propos de la lutte contre le crime organisé, la justice française est aujourd’hui à un point de bascule. Les magistrats alertent depuis des années sur cette situation, ils ne sont pas entendus. La justice, loin d’être réparée, ne rend plus les services que sont en droit d’attendre les Français. Si elle s’effondre, elle ne jouera plus son rôle d’« ultime garante de l’équilibre démocratique », elle ne sera plus ce rempart contre toutes les dérives de la société.

    Donnons dès à présent les moyens humains, matériels et informatiques impératifs pour que puisse être rendue une justice indépendante, humaine, efficace et de qualité plutôt que d’attendre sa disparition pour en regretter le souvenir !

    Signataires : Audrey Bailleul, conseillère à la cour d’appel de Paris ; Aline Bironneau, conseillère référendaire, Cour de cassation ; Chloé Carayannakis, substitute au tribunal judiciaire (TJ) du Puy-en-Velay ; Elsa David, présidente du TJ de Montargis (Loiret) ; Jean-François Forget, brigadier-chef personnel de surveillance pénitentiaire ; Ludovic Friat, premier vice-président adjoint du TJ de Paris et président de L’Union syndicale des magistrats ; Aurélien Martini, vice-procureur du TJ de Melun ; François Molins, procureur général honoraire près la Cour de cassation ; Valéry Morron, procureur de la République du TJ de Mende ; Emmanuel Rodriguez, vice-président chargé des fonctions de l’instruction du TJ de Marseille.

    Collectif

  • Vers une scission siège/parquet en Italie

    Vers une scission siège/parquet en Italie

    A l’occasion de l’audience solennelle de la Cour de cassation le procureur général, Rémy Heitz, appelait de ses vœux, de manière pressante, la réforme constitutionnelle du statut du parquet dans le contexte de la multiplication des régimes dits « illibéraux ».

    Il s’agit, comme pour les magistrats du siège, de rendre conforme (et non simple) l’avis du CSM au ministre en matière de nomination des procureurs et procureurs généraux et de doter la formation disciplinaire du parquet d’un réel pouvoir décisionnaire, plutôt qu’un avis simple au garde des Sceaux. C’est une réforme « a minima » : le garde des Sceaux conservant le pouvoir de présentation au CSM des procureurs et procureurs généraux, et les magistrats étant en minorité au sein du CSM en matière de nominations. Cette réforme, votée en termes identiques en 2016 par les deux assemblées, n’a jamais été renvoyée devant le congrès. Récemment, le garde des Sceaux Gérald Darmanin, s’adressant aux procureurs et procureurs généraux, a indiqué ne pas être opposé à une telle réforme tout en rappelant la situation parlementaire actuelle, peu favorable à une réforme constitutionnelle.

    Chez nos proches cousins italiens la situation est bien plus dégradée et s’oriente vers une scission irréversible du siège et du parquet et, sans doute, à une évolution de son statut au sein de l’appareil d’Etat.

    Un projet de loi constitutionnelle visant à la stricte séparation des carrières entre siège et parquet est actuellement pendant devant les assemblées. Cette réforme succède à une précédente qui limitait déjà grandement les possibilités de passages entre le siège et le ministère public. Elle vise notamment à scinder les CSM siège et CSM parquet et à créer une Haute Cour de discipline, au sein de laquelle les magistrats seraient largement minoritaires, en violation des standards européens.

    Le Conseil Supérieur de la Magistrature italien a émis un avis défavorable quant à une telle réforme. Les collègues transalpins y voient, au-delà d’une simple réforme technique, le moyen de contrôler l’autonomie et l’indépendance du ministère public, dans un mouvement plus large de redéfinition des pouvoirs au sein de l’Etat. La première ministre a indiqué qu’il appartenait à la représentation nationale de changer les lois.

    Les audiences solennelles de rentrée ont été l’occasion pour nos collègues italiens et l’Association nationale des magistrats de protester contre cette réforme, laquelle se garde d’aborder le problème endémique des moyens de l’institution judiciaire. Les collègues se sont présentés aux audiences solennelles avec une cocarde tricolore épinglée sur leur robe et un exemplaire de la Constitution à la main. Ils ont massivement quitté la salle lors de l’intervention des autorités administratives. Ainsi à Naples, principale juridiction italienne, l’exécutif y était représenté par le ministre de la Justice, M. Nordio, ancien magistrat du parquet. Le procureur de Naples a pourtant quitté l’audience indiquant « ne pas voir la nécessité d’y participer » tandis que les avocats, favorables à cette réforme estimant le parquet trop puissant, applaudissaient le ministre.

    Un mouvement de grève des magistrats italiens est prévu le 27 février prochain.

    Et si demain cela se passait en France, « république sœur » de l’Italie, que feriez-vous ?

    Soutiendriez-vous cette réforme estimant que le nécessaire « choc d’autorité », allié au « bon sens », justifient une reprise en main, et pourquoi pas une forme de fonctionnarisation d’un ministère public en charge de décliner strictement une politique publique judiciaire ?

    Soutiendriez-vous cette évolution estimant que le ministère public, même membre à part entière de l’autorité judiciaire en sa qualité de magistrat, a trop de pouvoirs pour gérer la délinquance du quotidien comme la criminalité organisée ?

    Soutiendriez- vous, comme le pense l’Union syndicale des magistrats, qu’un ministère public composé de magistrats, indépendants du pouvoir politique dans leur activité juridictionnelle, ayant la possibilité dans une longue carrière de s’ouvrir aux contraintes et logiques du siège en changeant de fonctions, est à la fois une richesse et une garantie démocratique ?

    Au final, que les magistrats soient représentés par des syndicats ou par des associations strictement professionnelles, le problème reste entier : qui est gêné par l’indépendance de l’autorité judiciaire, troisième pouvoir de la théorie des pouvoirs de Montesquieu ?

    Retrouvez cette tribune de Ludovic Friat, président de l’USM, publiée dans Actu juridique :

    https://www.actu-juridique.fr/professions/magistrats/evolution-du-statut-du-parquet-dinquietantes-nouvelles-transalpines

  • La charge de travail des magistrats

    La charge de travail des magistrats

    En ce début d’année 2025, ne toujours pas savoir si la charge de travail qu’assume chaque magistrat est « normale » ou non, ne toujours pas avoir des outils de quantification fiables de nature à permettre un pilotage efficace des politiques de recrutement des magistrats et d’ajustement de la localisation des postes dans les juridictions… cela semble absurde, et pourtant c’est une réalité !
    Si les travaux (re)lancés par la chancellerie en 2021 ont abouti à l’été 2024 à l’établissement par le groupe de travail de référentiels consensuels, leur pertinence reste néanmoins discutée par l’administration et leur application encore différée. L’USM fait le point sur ce thème dans la newsletter diffusée ce mois.

    L’Union Syndicale des Magistrats est le 1er syndicat de magistrats judiciaires, ayant obtenu près de 63% des suffrages aux dernières élections professionnelles de 2022. Apolitique, elle défend l’indépendance de la justice et les intérêts matériels et moraux des magistrats.  L’USM milite en faveur d’une justice de qualité respectueuse des justiciables.

  • Mineurs délinquants : la proposition de loi Attal

    Mineurs délinquants : la proposition de loi Attal

    Les débats parlementaires relatifs à la proposition de loi (PPL) de Gabriel Attal visant à restaurer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents ont commencé mercredi soir et ont abouti à un vote jeudi, lequel a réintroduit la comparution immédiate des mineurs ainsi que l’inversion du principe de l’atténuation de peine, qui devient une exception pour les plus de 16 ans.

    Nous avons été entendus à l’Assemblée nationale le 19 novembre dernier, et fait part de nos réserves.

    La commission des lois du Sénat, en l’absence d’une partie de ses membres, avait profondément modifié le texte initial de la PPL Attal, donnant plus de souplesse aux magistrats dans le recours à la procédure « d’audience unique », qui déroge à la césure, écartant ainsi la mise en œuvre d’une comparution immédiate dérogatoire. Elle avait également écarté les dispositions visant à restreindre le champ de la minoration de peine (« excuse de minorité »). Les commentateurs politiques s’attendent cependant à ce que la loi soit « durcie » par la majorité sénatoriale à l’occasion de la navette.

    Le garde des Sceaux a fait des annonces ce matin, 14 février 2025, et a notamment proposé :

    • une mesure de couvre-feu judiciaire pour les mineurs délinquants,
    • une sanction lorsqu’une mesure éducative n’est pas respectée,
    • le renforcement de l’usage du bracelet électronique voire son extension aux moins de 16 ans,
    • la création d’une injonction d’assistance éducative pour les parents
    • des assesseurs « jurés populaires » dans les juridictions répressives pour mineurs.

    Si les magistrats ne font pas la loi, ils l’appliquent et parfois, l’interprètent. Leur connaissance des sujets judiciaires, qui peut déboucher sur des évolutions jurisprudentielles ou des demandes d’évolution législative, méritent d’être prise en compte. L’USM, syndicat majoritaire et apolitique, entend donner un avis technique – et non politique – sur les mesures proposées rappelant que la très grande majorité des professionnels de l’enfance en danger et délinquante n’ont pas émis le souhait d’une nouvelle réforme, la dernière – le code de justice pénale des mineurs (CJPM) – remontant à 3 ans (septembre 2021).

    Les outils juridiques adéquats, issus du CJPM, existent et répondent à la plupart des situations dénoncées, mais ils souffrent avant tout du manque de personnels judiciaires, éducatifs et pénitentiaires ainsi que de moyens adaptés pour les mettre efficacement en œuvre et produire, tout à la fois, une justice de qualité dans un temps raisonnable, tout en respectant les nécessaires spécificités de la justice des mineurs.

    A l’analyse, cette proposition de réforme fait opportunément l’impasse sur les conséquences des carences des décideurs et pouvoirs publics en termes de moyens de la justice des mineurs et se garde de s’attaquer aux maux de l’assistance éducative, pour laquelle l’Etat et les collectivités se sont affranchis de leurs obligations de diligence et de moyens. Ainsi, il faut souvent près ou plus d’un an pour mettre en œuvre une mesure d’assistance éducative prononcée par un juge des enfants, la situation du mineur en danger ne pouvant que s’aggraver pendant ce délai, sachant qu’un mineur en danger est, plus que tout autre, susceptible d’être victime de faits parfois graves, ou de devenir à son tour dangereux.

    Intervenir, prendre en charge et juger plus vite au pénal, pour quoi faire ? si la phase post sentencielle ne bénéficie pas d’une meilleure prise en charge que l’actuelle phase de mise à l’épreuve éducative.

    L’USM est présente dans les médias pour faire valoir encore et toujours sa position : notre justice des mineurs à besoins de stabilité juridique et de moyens, de lieux d’accueil, d’éducateurs, d’agents pénitentiaires, de magistrats et de greffiers pour remplir correctement sa mission.

    Ces professionnels impliqués ont besoin du soutien de la représentation nationale et de nos concitoyens pour choisir et individualiser la meilleure réponse pénale mais également mettre en œuvre une assistance éducative efficace, rapide et concrète pour une meilleure prévention du basculement vers la délinquance.

    Toute réforme, qu’elle soit considérée comme « sécuritaire » ou « laxiste », « exigée par l’opinion publique » ou « découlant d’un bon sens », ne peut pas faire l’économie de ces réalités. Notre jeunesse en danger, que celui-ci soit subi par les mineurs ou retourné sous forme de violence contre la société dont ils sont issus, en a besoin.

    Vous retrouverez nos principaux passages ci-dessous :

    Apolline de Malherbe RMC 6h45

    https://rmc.bfmtv.com/replay-emissions/apolline-matin/3-questions-pour-comprendre-vers-un-durcissement-de-la-justice-des-mineurs-12-02_VN-202502120160.html

    France info TV 8h30

    https://www.francetvinfo.fr/societe/justice/justice-face-a-la-hausse-des-mineurs-delinquants-les-outils-existent-et-il-faut-pouvoir-avoir-les-moyens-de-les-mettre-en-uvre-utilement-explique-ludovic-friat_7069967.html

    BFM 12h50

    https://www.bfmtv.com/police-justice/proposition-de-loi-sur-la-justice-des-mineurs-aujourd-hui-nous-n-avons-pas-les-moyens-estime-un-magistrat_VN-202502120464.html

    France info TV 14h50

    https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/franceinfo/le-14h-16h/jt-le-14h-16h-mercredi-12-fevrier-2025_7070499.html (à partir de 1h06min sur la vidéo)

    Nous avons également été interrogés et cités par la presse écrite, notamment ici.

    Relisez également notre dernier article sur ce sujet : Réformer la justice des mineurs : stop ou encore ? – Union Syndicale des Magistrats 

    Et retrouverez nos précédentes communications :

  • Rencontre USM-DACS

    Rencontre USM-DACS

    Le bureau de l’USM a rencontré Mme Valérie Delnaut, directrice de la DACS, lors d’une réunion bilatérale le 5 février 2025. Au cours de cet entretien, nous avons abordé un grand nombre de sujets intéressant la justice civile. 

    Nous avons fait part de nos inquiétudes quant à l’état de la justice civile trop souvent reléguée au second plan par rapport à la justice pénale et de nos craintes face aux annonces faites quant aux futurs effectifs dont la justice civile semble la grande oubliée. 

    Mme la directrice nous a assuré que les engagements en termes d’emplois seront maintenus et que si les effectifs devraient être affectés en priorité à la justice pénale, le garde des Sceaux n’entend pas pour autant sacrifier la justice civile. Elle a ainsi pu indiquer que ces affectations à la justice pénale permettraient aux collègues rendant au quotidien la justice civile de se recentrer pleinement sur le cœur de leur activité. 

    Concernant la mise en œuvre de l’OPPI les week-ends et les jours fériés (nos adhérents pourront lire la synthèse de cette réforme ici), nous lui avons fait part de l’organisation retenue par certaines juridictions de confier ce contentieux aux juges d’instruction de permanence. Mme la directrice nous a assuré qu’il n’avait pas été donné de consignes autres que celles mentionnées dans la circulaire, laquelle conseillait de les confier aux JLD. Quant à l’indemnisation de la permanence en lien avec les OPPI, elle nous a précisé que l’activité actuelle relative à ce contentieux ne justifiait pas, à ce stade, la mise en place d’une permanence dédiée et indemnisée. Nous avons fait remarquer que, d’une part, si l’activité n’est pas significative actuellement, il conviendra d’en rediscuter en cas d’augmentation de cette charge et que, d’autre part, des sujétions supplémentaires sont régulièrement ajoutées aux collègues sans qu’aucune contrepartie notamment financière ne leur soit accordée, ce qui n’est pas acceptable. 

    Sur les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel n°2023-1068 du 17 novembre 2023 remettant en question la compétence mobilière du JEX, Mme la directrice nous a expliqué que la loi de simplification incluant l’article prévoyant le rétablissement de la compétence mobilière du JEX déposée en avril 2024 n’avait pas pu être votée avant la dissolution de l’Assemblée nationale, ni avant la fin de l’année du fait de l’instabilité politique (gestion des affaires courantes, motion de censure).  Nous lui avons fait remarquer les différences d’interprétation sur les conséquences de cette décision actuellement en vigueur dans les différentes juridictions et susceptibles de créer une insécurité juridique. Elle nous a confirmé que la Cour de cassation était actuellement saisie d’une demande d’avis. 

    Au titre des autres sujets, nous avons notamment abordé : 

    • la recodification du livre V du code de procédure civile (modes de règlement amiable du litige intégrés aux principes directeurs du procès civil), qui devrait entrer en vigueur au 1er septembre 2025 et dont certaines des remarques relevées par l’USM ont été prises en compte. La DACS nous a précisé que cette réforme serait applicable aux affaires nouvelles ; 
    • les réformes envisagées (en matière d’arbitrage, de procédures collectives, réforme des nullités en droit des sociétés) ; 
    • le travail à achever sur la réforme de la publicité foncière.

    L’USM, premier syndicat de magistrats judiciaires, apolitique, se tient aux côtés des collègues pour rappeler l’importance de la justice civile.