Catégorie : Actualités

L’action de l’USM se décline de multiples façons. Retrouvez ici toutes les actualités de l’USM : réunions, rencontres, groupes de travail, contributions, notes, courriers, mails, publications, etc.

  • L’USM échange avec le garde des Sceaux sur les sujets d’actualité

    L’USM échange avec le garde des Sceaux sur les sujets d’actualité

  • L’USM entendue sur les spécificités de la justice ultramarine

    L’USM entendue sur les spécificités de la justice ultramarine

    → Pour visionner notre audition : https://www.youtube.com/watch?v=CCsRFjzjZRM

    → Pour lire le compte-rendu des déplacements de l’USM en outre-mer : lien

    → Sur la situation mahoraise : article de Natacha Aubeneau dans Actu Juridique

  • Journée mondiale de la justice internationale et hommage au juge Falcone

    Journée mondiale de la justice internationale et hommage au juge Falcone

    A Cracovie, Pologne, le 23 mai 2025

    L’USM, représentée par Nathalie Leclerc-Garret, qui avait participé à la Marche des 1000 Robes en Pologne le 11 janvier 2020, a été invitée par la section locale de l’association des juges polonais Iusticia, à participer à la célébration de la Journée mondiale de la justice internationale, le 23 mai 2025, lors d’une conférence sur l’organisation du système judiciaire et la communication entre les tribunaux et les citoyens, organisée par l’École nationale de la magistrature et du ministère public, le Tribunal régional de Cracovie, la Cour d’appel de Cracovie et la section de Cracovie de l’Association des juges polonais Iustitia.

    Cette conférence a réuni des représentants du pouvoir judiciaire de Pologne et de l’étranger et a été l’occasion de riches échanges avec des magistrats polonais. Les participants ont été accueillis par la Vice-Présidente du Tribunal régional de Cracovie, la juge Katarzyna Serafin Tabor. Ensuite, les juges Waldemar Żurek et Izabela Fountoukidis ont pris la parole au nom de l’École.


    Hommage au juge Falcone, assassiné en 1992 :

    Dans une première partie émouvante, notre collègue italien Rosario Di Gioia a rappelé la figure du juge Giovanni Falcone, assassiné le 23 mai 1992 en Sicile, soulignant son courage et sa détermination dans la lutte contre la mafia. Il a mentionné la citation attribuée à Giovanni Falcone : « Celui qui ne craint pas la mort ne meurt qu’une fois » (italien : « Chi ha paura muore ogni giorno. Chi non ha paura muore una volta sola »), tirée en fait de la pièce Jules César de William Shakespeare « Les lâches meurent plusieurs fois avant de mourir ; les vaillants ne goûtent jamais à la mort qu’une fois ».

    Les paroles du juge Borsellino, assassiné le 19 juillet 1992, moins de deux mois après son collègue et ami Falcone, étaient destinées à refléter la devise qui a guidé le juge Falcone dans son travail et sa vie, indépendamment des menaces, de l’intimidation ou de la première tentative d’attentat à la bombe infructueuse contre sa vie. Il a été rappelé que nos collègues ont  travaillé sans relâche pour l’État de droit. L’idée de l’État de droit perdurera tant qu’il y aura des gens qui le mettront en œuvre.

    Table ronde : De l’efficacité des tribunaux et la primauté du droit  

    La juge Sabine Matejka (Autriche), vice-présidente de l’Association européenne des magistrats (EAJ) et de l’Association internationale des magistrats (IAJ), a présenté les modèles de pondération des affaires utilisés en Europe (provisoirement dénommés AIM et CONTENT). Elle a souligné que la charge de travail appropriée des juges et des tribunaux sert l’objectif plus important de renforcer la confiance du public. Elle a également souligné la nécessité d’une charge de travail équilibrée pour les tribunaux et d’une politique des ressources humaines responsable.

    Le juge Pavol Uhrik (Slovaquie) a présenté le concept d’une carte de l’accès à la justice, en discutant de ses implications pratiques pour le fonctionnement du système judiciaire et des défis auxquels le système judiciaire a été confronté dans son pays lors de la mise en œuvre du projet pilote de la CEPEJ.

    Le président de l’Association germano-polonaise des juges, le juge Thomas Guddat, a présenté les méthodes utilisées en Allemagne pour déterminer la charge de travail des tribunaux, y compris le recours à des cabinets de conseil internationaux.

    À son tour, le juge Damir Kontrec de la Cour suprême de Croatie a discuté des normes-cadres de travail des juges, qui servent à accroître l’efficacité et la prévisibilité de la jurisprudence, ainsi que des aspects pratiques du système de pondération des affaires dans le système croate.

    Table ronde : L’audience publique et la communication avec les citoyens et les médias

    Cette 2e table ronde a été ouverte par le juge Bogdan Jędrys qui a souligné la nécessité de restaurer la confiance en la justice par une communication claire à destination des citoyens et une ouverture à leurs besoins.

    La juge honoraire française  Nathalie Leclerc-Garret de la Cour d’appel de Paris a évoqué les projets en matière de communication judiciaire auprès des citoyens et des justiciables français en réponse à la nécessité de reconstruire la confiance du public dans les institutions judiciaires. Lire l’intervention complète en anglais ici.

    Le juge croate Davor Dubravica a souligné l’importance de la perception de la justice par le public et le rôle de l’attaché de presse, en particulier dans le cadre de la communication avec les médias. Il a esquissé des règles pratiques pour la communication.

    Leonardo Modico s’est concentré sur la coopération entre les tribunaux et les médias en tant qu’outil de transparence et de lutte contre la désinformation.

    Le juge Zbigniew Zgud, quant à lui, a décrit les réalités du travail d’un attaché de presse en Pologne, de la gestion de crise à la coopération quotidienne avec les journalistes.

    À la fin de la table ronde, Izabela Fountoukidis a pris la parole, remerciant les tribunaux de Cracovie et l’Association des juges polonais « Iustitia » pour leur contribution à la construction du dialogue social et à la promotion des normes européennes de justice.

    La juge Katarzyna Gajda-Roszczynialska a résumé les débats de ces deux tables rondes en rappelant que les tribunaux libres sont des institutions efficaces, ouvertes aux citoyens, qui respectent la primauté du droit et qui sont à l’abri de toute pression politique. De tels tribunaux sont la réalisation des rêves de personnes comme Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.

    La conférence a été officiellement clôturée par le président de l’Association polonaise des juges « Iustitia », le juge Bartłomiej Przymusiński, qui a souligné l’importance de l’éducation juridique et de l’engagement social dans l’instauration de la confiance dans le système judiciaire. Cette synthèse a été rédigée avec l’aimable autorisation de Madame la Juge Prof Dr Katarzyna Gajda-Roszczynialsk, représentante de l’association de Iusticia à Cracovie.

    Pour aller plus loin, vous pouvez lire nos articles sur la marche des 1000 robes en Pologne :

  • Commission d’avancement, dernier sursaut

    Commission d’avancement, dernier sursaut

    La ténacité de l’USM paie : maintien de la jurisprudence de la commission d’avancement (CAV) favorable aux collègues pour leur inscription anticipée au tableau d’avancement.

    La dernière session de la commission d’avancement 2022/2025 a débuté ses travaux le 23 juin, ceux-ci devant se poursuivre jusqu’au 4 juillet. Il s’agit de la dernière session au cours de laquelle la CAV exercera sa compétence de recrutement, qui lui a été retirée par la loi organique du 20 novembre 2023.

    ➡️ Est à l’ordre du jour notamment l’examen des recrutements des nouveaux « magistrats en service extraordinaire » (MSE) dans l’attente de la nomination du nouveau jury professionnel d’aptitude compétent pour cette nouvelle voie de recrutement selon les articles 40-8 et 40-9 de l’ordonnance de 1958. La CAV va procéder également à l’examen des dernières intégrations sur titre, post stages probatoires. Sur ces sujets, les travaux sont toujours en cours jusqu’à la fin de la session.

    ➡️ La CAV demeure par ailleurs compétente s’agissant du tableau d’avancement (TA) qui doit être établi le 30 juin au plus tard (point abordé en début de session). A cette occasion, les élus USM de la commission d’avancement ont soutenu le maintien de la jurisprudence favorable aux collègues ayant eu une précédente carrière professionnelle.

    ➡️ Cette jurisprudence constante depuis 2019, acquise de haute lutte par les élus USM de la CAV 2016/2019, permet d’être inscrit au TA en prenant en compte la reprise d’ancienneté statutaire, les bonifications outre-mer, congé parental ou service militaire, y ajoutant la reprise au titre du reclassement indiciaire dans la limite de 2 ans.

    ➡️ La DSJ, depuis 2021, n’a pas procédé à des nominations au 1er grade après ces inscriptions au TA selon la jurisprudence CAV, confortée dans son analyse par plusieurs arrêts du Conseil d’Etat rendus ces dernier mois (à lire là et là). L’USM a néanmoins maintenu sa position, permettant aux collègues concernés d’obtenir une ancienneté d’inscription au TA et de pouvoir bénéficier d’une proposition de nomination au 1er grade dès qu’ils atteignent les 5 ans de service effectif (soit sur une transparence antérieure à celle à laquelle ils peuvent prétendre être proposés au 1er grade s’ils ne bénéficient pas de cette inscription anticipée).

    ⚖️ Les élus USM de la CAV sont fiers de vous annoncer que la commission d’avancement a maintenu cette jurisprudence favorable aux collègues, tout au long de son mandat 2022/2025, y compris lors de cette dernière session !

  • Protection de l’enfance: l’USM répond à l’IGJ

    Protection de l’enfance: l’USM répond à l’IGJ

    ➡️ L’USM a transmis à l’inspection générale de la Justice une analyse approfondie en réponse au questionnaire transmis dans le cadre de la mission dédiée à « L’amélioration de la justice civile des mineurs : mieux protéger l’enfance en danger ».

    ➡️ Vous trouverez ici notre note.

    ➡️ L’USM avait déjà revendiqué l’urgence d’une réforme systémique de la protection de l’enfance et fait remonter les observations du terrain lors de son audition du 30 mai 2024 par la commission d’enquête sur les manquements des politiques de protection de l’enfance (lire notre article “Protection de l’enfance, enfin une priorité ?”) et transmis une note aux parlementaires.

    ⚠️ La commission a déposé son rapport le 1er avril 2025, lequel met en exergue une crise d’ampleur à tous les niveaux.

    🔹 Manque criant et chronique de moyens humains et structurels

    🔹 Délais d’exécution des décisions de justice inacceptables

    🔹 Inégalités territoriales majeures

    🔹 Multiplication d’instances et coordination insuffisante entre acteurs

    La déjudiciarisation voulue par la loi de 2007 reste lettre morte : les juges des enfants sont massivement saisis faute de réponse administrative efficace.

    ✔️ Renforcement des moyens humains et financiers pour les services judiciaires et les services éducatifs ️

    ✔️ Pilotage national plus clair et renforcé

    ✔️ Une meilleure coordination entre tous les acteurs, s’accompagnant d’une valorisation des missions de représentation et de concertation des juges des enfants

    ✔️ Des outils numériques partagés pour mieux suivre les parcours des enfants

    ✔️ Déploiement d’offres éducatives diversifiées, adaptées aux réalités du terrain

    ✔️ Meilleure articulation des compétences entre JE / JAF pour éviter les instrumentalisations

    Face à l’ampleur des retards et carences, l’USM réaffirme que la protection de l’enfance doit devenir une priorité nationale, au-delà des cloisonnements institutionnels et des débats sur la décentralisation. Il en va de la santé et de l’équilibre des adultes de demain : la protection de l’enfance constitue le meilleur rempart contre les dérives de la délinquance et de la désinsertion.

  • Mineurs : la loi Attal censurée

    Mineurs : la loi Attal censurée

    Après ses décisions du 15 juin 2025 sur la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (lire notre article ici), le Conseil constitutionnel vient de rendre sa décision (décision n° 2025-886 DC du 19 juin 2025) sur la loi n° 2025-568 du 23 juin 2025 visant à renforcer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents.

    Le Conseil censure les dispositions des articles 4, 5, 6a, 7, 12 et 15 de la loi et déclare conformes à la Constitution le deuxième alinéa de l’article 227-17 du code pénal, le 3° de l’article L. 422-1 du code de la justice pénale des mineurs, le 7° de l’article L. 112-2 du code de la justice pénale des mineurs, le 1° de l’article L. 423-4 du code de la justice pénale des mineurs, dans leur rédaction résultant respectivement des articles 1er, 13 et 14 de la loi déférée.

    Le Conseil censure :

    • L’article 4 prévoyant la comparution immédiate pour les mineurs de 16 ans et plus. Le Conseil réaffirme ici que la rapidité de la justice ne doit jamais primer sur la personnalisation et l’approche éducative dans la justice des mineurs ;
    • L’article 5, qui élargissait le champ des infractions pour lesquelles un mineur dès 13 ans peut être jugé en audience unique devant le tribunal pour enfants, au motif que le champ d’application en devient trop large ;
    • L’article 6 qui devait permettre la détention provisoire jusqu’à un an pour les mineurs de 16 ans dans certaines matières (terrorisme, bande organisée) ;
    • L’article 7, qui visait à mettre à néant l’excuse de minorité en permettant d’écarter par principe l’atténuation de la peine pour les mineurs de plus de 16 ans, notamment en cas de récidive ;
    • L’article 12, ayant pour objet de permettre à un officier de police judiciaire de placer un mineur en rétention jusqu’à 12 heures en cas de soupçons de non-respect d’une mesure éducative, sans nouvelle infraction, texte déclaré inconstitutionnel en l’absence d’intervention d’un magistrat spécialisé et du fait d’un champ d’application trop large, excessif et injustifié au regard des droits de l’enfant.

    Consultée sur la proposition de loi dite Attal, l’USM avait dénoncé une bataille de communication qui occulte la réalité du terrain et mis en garde contre ces atteintes au principe de spécialité du droit des mineurs, qui doivent être jugés selon des règles procédurales spécifiques et adaptées à leur maturité, et par les magistrats qui les suivent. L’USM avait également rappelé son opposition à la suppression de l’excuse de minorité et proposé des pistes d’amélioration législatives tenant notamment aux critères de l’audience unique. Retrouvez nos articles à ce sujet ici ou là : « Réformer la justice des mineurs, stop ou encore » ; « Justice des mineurs, l’impossible répit« .

    Le Conseil constitutionnel rappelle dans cette décision les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République en matière de justice des mineurs. 

    Nul besoin d’une loi, donnons à la justice des mineurs les moyens dont elle a besoin en personnels judiciaires, éducatifs et pénitentiaires ainsi que pour mettre en œuvre les outils législatifs existants.

    L’USM continuera à porter votre voix dans les médias : celle de la majorité des magistrats lesquels, au quotidien, font vivre notre institution malgré des moyens encore insuffisants.

    Retrouvez l’intervention de Ludovic Friat sur France Info à ce sujet : « Loi Attal censurée : « Ce n’est pas vraiment une surprise », réagit l’Union syndicale des magistrats ».

  • Pénurie de magistrats honoraires

    Pénurie de magistrats honoraires

    Déclaration liminaire USM au CSA

    Le 19 juin 2025, en CSA-SJ (CSA des services judiciaires au niveau national), l’USM a tenu à faire une déclaration liminaire visant à dénoncer les difficultés liées à la fin des vacations des magistrats honoraires dès cet été. Cette situation contraint fortement la gestion des emplois du temps des magistrats et augmente encore leur charge de travail. Nous avons alerté le Directeur des services judiciaires sur cette situation et demandé que des solutions soient apportées.

    Parmi les points à l’ordre du jour, celui sur la CLE (circulaire de localisation des emplois) de 2025, dont le projet a été porté très tardivement à la connaissance des organisations syndicales, a été reporté au 8 juillet afin que nous ayons le temps de recueillir les observations de nos adhérents.

    Voici le contenu de la déclaration liminaire de l’USM :

    Monsieur le directeur,

    La charge de travail de nos collègues en juridiction reste un problème majeur. Les magistrats attendent beaucoup du référentiel de la charge de travail mais ils en savent aussi les limites. Ils savent en effet que sans moyens supplémentaires, la reconnaissance de leurs efforts, de leur dévouement, certes important pour eux, risque de ne rester que symbolique. Pour exemple, alors que la justice française est confrontée à un grave problème d’audiencement, nombre de
    magistrats honoraires doivent cesser ces jours-ci leur travail faute de financement suffisant pour leurs vacations.

    Avant-hier nous citions Einstein, aujourd’hui Coubertin, la pénurie de magistrats honoraires va nous faire rencontrer ce fameux mur de l’audiencement, notamment criminel, plus vite, plus fort, plus haut, ensemble…

    Quelle que soit la gestion des chefs de cour, il faut débloquer la situation qui pose deux problèmes majeurs :

    • 1. Un problème de ressources humaines, avec des magistrats contraints de revenir sur leurs congés d’été pour palier le brusque arrêt des vacations des magistrats honoraires en correctionnel ;
    • 2. Un risque de voir remis en liberté des personnes dangereuses faute de pouvoir les juger dans les délais impartis devant les cours criminelles départementales qui, vous le savez, ne peuvent fonctionner sans magistrats honoraires.

    Monsieur le directeur, on jugera aussi la crédibilité de la justice à sa capacité à juger les accusés, c’est-à-dire ceux mis en cause pour les infractions les plus graves, sans qu’ils soient remis en liberté pour le seul motif du manque de moyens. Il y va aussi du sens de nos missions et de la raison pour laquelle nous nous engageons au quotidien.

    Pour mémoire :

  • Narcotrafic : notre combat précurseur et constant

    Narcotrafic : notre combat précurseur et constant

    Le Conseil Constitutionnel, statuant sur trois saisines, a rendu le 12 juin 2025 une importante décision (N° 2025-885 DC) concernant la loi « Sortir la France du piège du narcotrafic » (voir le communiqué de presse ici du Conseil constitutionnel).

    Avant le début des travaux parlementaires, l’USM a été la première organisation syndicale à dénoncer la progression insidieuse des réseaux criminels, à alerter sur les moyens insuffisants alloués à la justice et la police pour y faire face et à proposer des mesures concrètes pour renforcer notre arsenal juridique. Notre détermination n’a jamais faibli et nous avons œuvré sans relâche pour que les magistrats disposent des outils nécessaires pour mener à bien cette lutte essentielle pour la sécurité et la cohésion de notre société.

    Nous avons ainsi porté auprès des pouvoirs publics un message de fermeté et de facilitation du travail des collègues et des enquêteurs : modification du régime des nullités, principe de loyauté dans le débat judiciaire, gestion de la détention provisoire, utilisation de l’IA…

    Nous avons largement soutenu certaines dispositions de la loi améliorant les outils d’investigation, dont le « dossier coffre » (retrouvez ici notre courrier commun avec l’UNSA police) ou le principe d’un régime de détention spécifique dans des quartiers dédiés et critiqué d’autres, limitant l’accès au juge et les pouvoirs d’investigation des magistrats, comme l’obligation de recourir à la visioconférence.

    L’USM prend acte des censures totales et partielles (utilisation algorithmique des URL, recours au « dossier coffre » en ce que les éléments qui en sont issus fonderaient une condamnation mais possibilité d’y recourir pour orienter une enquête, recours exclusif à la visioconférence pour les détenus dans un quartier de lutte contre la criminalité organisée…) ainsi que des réserves (visant à recentrer les dispositifs d’activation à distance d’appareils de communication sur les infractions les plus graves, fouilles intégrales…).

    Le Conseil constitutionnel a rempli son office conformément aux règles de l’Etat de droit. Laissons désormais ces nouvelles dispositions se mettre en place, et la jurisprudence, sous le contrôle de la Cour de cassation et du Conseil d’Etat, jouer son rôle.

    Rappelons néanmoins, comme nous l’avons fait auprès des parlementaires, du ministère de la Justice et des médias, que sans moyens humains et techniques adaptés, les textes législatifs votés demeurent des déclarations d’intention.

    La justice ne remportera pas la lutte contre le crime organisé avec une coquille vide.

    Pour plus d’informations, retrouvez sur notre site internet nos publications relatives à la modernisation de la lutte contre la criminalité organisée :

    → repenser la lutte contre la criminalité organisée (ici) ;

    → 20 ans des JIRS, quels moyens pour lutter contre le crime organisé (ici) ;

    → il faut sauver la police judiciaire (ici) ;

    → crim’org la JIRS de Nancy demande des moyens (ici) ;

    → soutien aux collègues marseillais (ici) ;

    → article sur Actu Juridique proposition de loi contre le narcotrafic, une occasion perdue ? (ici).

  • 6e édition du guide de l’USM

    6e édition du guide de l’USM

    Depuis toujours, l’expertise de l’USM en matière de statut et de droits des magistrats a permis des avancées considérables tant sur le plan statutaire que matériel, et encore récemment au terme de son combat pour une hausse des rémunérations, d’abord indemnitaire et prochainement indiciaire, grâce à la refonte en cours de la grille indiciaire vers un alignement sur celle des juges administratifs. 

    Cette expertise, l’USM la partage avec tous les magistrats, adhérents comme non adhérents, dans son guide « Magistrats : vos droits », un outil précieux conçu, édité et diffusé par l’USM au bénéfice de tous.

    Palliant l’absence d’outil ministériel synthétique sur le statut des magistrats, l’USM a entendu ainsi offrir aux magistrats depuis 2010 un guide pratique sur leur statut et leurs droits. La 6e édition est en cours de distribution dans les juridictions grâce à nos représentants locaux, que nous remercions chaleureusement pour ce travail fastidieux mais utile à tous.

    Un lourd travail de mise à jour du guide, effectué par les membres du bureau national de l’USM et ses chargés de missions, a été nécessaire, surtout après la loi organique du 20 novembre 2023 qui a modifié considérablement notre statut. 

    L’USM, apolitique, s’emploie, en vertu de ses statuts, à assurer l’indépendance de la fonction judiciaire, garantie des droits et libertés du citoyen, à défendre les intérêts moraux et matériels des magistrats de l’ordre judiciaire et des auditeurs de justice et à contribuer au progrès du droit et des institutions judiciaires afin de promouvoir une justice accessible, efficace et humaine.

    Vous trouverez quelques chapitres du nouveau guide dans l’espace public du site ici et l’intégralité en ligne dans l’espace adhérent (ici). Pour y avoir accès, rejoignez-nous en cliquant ici !

  • Critiques des décisions de justice : l’USM en défense des collègues

    Critiques des décisions de justice : l’USM en défense des collègues

    Veille médias

    L’actualité récente a encore une fois permis une critique assez débridée des magistrats. Le garde des Sceaux a ainsi écrit à propos des infractions commises après la victoire du Paris Saint Germain : « une partie des condamnations pour violences (…) ne sont plus à la hauteur de la violence que connaît notre pays ». D’autres responsables politiques ont aussi pointé le « laxisme » de l’institution judiciaire.

    Dans le même temps, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer la décision des juges d’instruction de la JUNALCO de faire extraire Mohamed AMRA pour l’entendre, le juge refusant de se déplacer et préférant rester « confortablement » dans son bureau « au chaud à Paris ».

    Ces attaques en règle contre des magistrats qui luttent chaque jour pour rendre la justice ne sont pas restées sans réponse. Le bureau de l’USM s’est mobilisé et a répondu à plus d’une trentaine de sollicitations dans la presse (TV, radio, écrite).

    Nous avons rappelé que :

    • Il n’appartient pas au garde des Sceaux de critiquer les décisions de justice, il ne peut être un commentateur de décisions juridictionnelles rendues par un tribunal indépendant et impartial.
    • Il appartient aux parlementaires de changer la loi s’ils l’estiment inadaptée à la délinquance, les magistrats l’appliqueront dans le respect de l’Etat de droit.
    • La justice française n’est pas laxiste, elle incarcère dans la moyenne des pays européens et le quantum des peines fermes a substantiellement augmenté ces 5 dernières années et continue de le faire.
    • Notre pays se distingue en revanche par un taux de surpopulation carcérale très important, parmi les plus élevés en Europe.
    • L’Etat ne peut se dire impuissant à extraire un détenu, serait-il très dangereux. Il y va de la crédibilité de la puissance publique et de ceux qui la servent. Lutter contre le crime organisé, c’est aussi permettre à un juge d’instruction d’extraire un mis en cause pour l’entendre.
    • La liberté des magistrats dans la conduite des enquêtes – dont ils répondent – doit être respectée. Les magistrats sont par ailleurs conscients des difficultés relatives aux extractions et responsables.

    Le procureur général près la cour de cassation est également intervenu pour défendre l’institution judiciaire.

    Le premier Président de la cour d’appel de Paris a de son côté publié un communiqué (à lire ici).

    Vous retrouverez ci-dessous certaines de nos interventions dans les médias :

    TV

    BFM TV à 1h05

    BFM TV

    France info – Les informés

    BFM RMC

    BFM RMC Apolline de Malherbe à 23 min 45 s

    M6 – le 12h45 à 3min

    BFM TV à compter de 29 min

    France info TV le 18 20 à 1h20min

    BFM

    Radio

    Sud Radio – Les vraies voix

    France info radio

    Presse écrite

    Le Monde

    La Dépêche

    La nouvelle République

    Ouest France

    Le Nouvel Obs

    20 Minutes

    Vous pouvez compter sur notre détermination la plus totale. Nous ne laisserons pas la magistrature critiquer sous de faux prétextes et lui faire endosser des responsabilités qui ne sont pas les siennes.

  • Réforme de la police nationale : la filière investigation en crise

    Réforme de la police nationale : la filière investigation en crise

    Le bureau de l’USM a été entendu les 7 et 20 mai par l’Assemblée nationale et le Sénat, dans le cadre d’une mission d’information relative au bilan de la réforme de la police nationale.

    Vous trouverez la note remise aux parlementaires en cliquant sur ce lien.

    L’USM a souligné les retours particulièrement négatifs de cette réforme sur la filière investigation, s’agissant notamment de la réorganisation territoriale. La réforme n’a pas répondu aux objectifs portés quant à la sécurité publique et à la crise de la filière investigation.

    Nous avons insisté sur l’inadéquation de l’échelon d’intervention retenu, le département, pour lutter contre la criminalité organisée et plus généralement contre le haut du spectre de la délinquance.

    Nous avons également évoqué les conflits négatifs de compétence et la multiplication des refus de prise en charge des procédures par des services enquêteurs débordés.

    Nous avons enfin appelé à la constitution d’une filière métier de police judiciaire qui permettrait :

    • une connaissance et une maitrise améliorées des techniques d’investigation ;
    • une spécialisation renforcée des enquêteurs ;
    • une meilleure connaissance du terrain et des acteurs.

    Sur question des sénateurs, cherchant des pistes pour renforcer l’attractivité de la filière pénale chargée du crime organisé (enquêteurs et magistrats), l’USM a rappelé porter avec force le changement des textes relatifs à l’open data des décisions judiciaires (lire ici notre article), pour une occultation systématique du nom des magistrats et greffiers, quel que soit le contentieux, et une mise à niveau des outils juridiques pour lutter à armes égales avec la criminalité organisée.

  • Rapport d’activité du CSM

    Rapport d’activité du CSM

    L’USM a été reçue avec les autres organisations syndicales représentatives par le Conseil supérieur de la magistrature le 7 mai pour la présentation de son rapport d’activité 2024 : rapport à télécharger en cliquant ici.

    Nous avons pu échanger sur l’importance de la parole publique du CSM, organe constitutionnel, en ces temps de remise en cause, en France comme au sein de l’Union Européenne, des principes de l’Etat de droit dont l’indépendance de l’autorité judiciaire. Nous avons rappelé avoir apprécié la prise de parole des chefs de juridiction de la Cour de cassation et du CSM à un moment où l’USM s’est parfois sentie isolée pour défendre dans les médias ces valeurs démocratiques, et notamment le nécessaire travail d’individualisation de la peine, dans le cadre des lois démocratiquement votées.

    Le positionnement réellement apartisan de l’USM lui permet de tenir un tel discours didactique de façon crédible.

    Nous en avons également profité pour exprimer très clairement notre incompréhension, ainsi que l’émoi légitime des collègues dont nous portons la parole, concernant un avis non conforme rendu par le CSM sur un poste « contractualisé » dans le cadre d’un dispositif d’accompagnement renforcé, initialement validé par la DSJ et le CSM.

    Le CSM a indiqué que s’il avait bien adhéré au principe des contrats d’accompagnement renforcé proposé par la DSJ, il n’avait jamais été question pour lui de renoncer à la plénitude de son pouvoir d’appréciation dans le cadre de l’examen individuel des propositions. Le CSM estime ainsi qu’il s’agit d’un dispositif de gestion RH ne garantissant aucune automaticité. Il convient pourtant de garder à l’esprit que le système originel des contrats de mobilité avec priorité d’affectation (choix limité à deux cours pouvant être toutes outremer) a été depuis modifié par la pratique de la DSJ ainsi que par la loi organique (article 27-2 de l’ordonnance statutaire).

    La jurisprudence du CSM n’a pas à être contestée autrement que par les voies de droit mais il convient de regretter ses conséquences humaines pour les collègues concernés, et les éventuelles conséquences sur l’attractivité des outremers « difficiles », ainsi que sur la sécurité et la crédibilité de toute forme de contractualisation RH.

    Il semble également que ce sujet puisse rouvrir, à moyen termes, le débat sur la durée des séjours outremer. Sans doute serait-il plus utile d’en parler ouvertement, institutionnellement et contradictoirement que de prendre le risque d’en faire pâtir les collègues qui ont adhéré aux contrats proposés par la DSJ.

    Nous vous joignons la motion votée à l’unanimité des magistrats du tribunal judiciaire de Cayenne le 14 mai 2025, qui témoigne de l’émoi ainsi provoqué :

    https://www.usm.siteweb-dev.com/wp-content/uploads/2025/05/motion-AGE-14-mai-2025.pdf

    Soyez convaincus que l’USM soutient les intérêts de ses adhérents, avec pragmatisme, détermination et par tous les moyens de droit à sa disposition.